vendredi 14 juin 2019

Je n'arrête pas le progrès

Pour continuer sur ma lancée du changement, entrepris l'année dernière et notamment en préparation de ma dernière course à pied de la saison (article à lire ICI), je me suis essayé la semaine dernière à une course à pied sur plat. Oh, pas un gros truc, à peine plus de 7km au dénivelé quasiment inexistant.
Un peu avant le départ, j'ai compris que je ne serais pas dans mon élément. Les gens me regardaient bizarrement, j'étais le visage pâle au milieu des coureurs de fond, typés marocains, ethyopiens et consors, rois de la discipline.
Une carrosserie parfaite pour ce type d'événement, deux belles baguettes en guise de jambes, pas trop de mie, le truc qui croustille et qui se déplace facilement. Moi, c'était plutôt le gros pain de campagne, le truc bien épais avec plein de mie, et puis fourré aussi au jambon, fromage avec du beurre. Et de la mayonnaise tant qu'à faire.
Il y avait trois tours à faire. Dans le premier, je me suis dit que ça allait, j'allais pouvoir rivaliser. Dans le second, j'ai commencé à décrocher. Et dans le troisième, la messe était dite, j'ai commencé à dégouliner, grassement. Rajoutez à ça un bon cagnard, vous aurez le même rendu en pressant bien fort votre sandwich jambon fromage beurre, avec la mayonnaise qui sort de tous les côtés. Fidèle à mon habitude, j'ai fait trembler la terre à chaque foulée.
Voilà, j'ai fait ma course, je l'ai terminée (d'un côté, 7km, ce n'était pas non plus la mer à boire).
Une fois passée l'arrivée, un type est venu me voir, tout sourire.
-La prochaine fois, tu penseras aux bénévoles, tu n'imagines pas tout le boulot qu'il y aura à faire pour reboucher les trous dans le sol après ton passage...
Pour la petite histoire, j'ai fini au Mac Do (je sais, je sais, je me passe de vos commentaires) d'à côté pour refaire mon stock de gras en vue de l'hiver.
On n'est jamais trop prudent.


lundi 20 mai 2019

Reprise en douceur

Mai, c'est le mois des retrouvailles. Avec les baskets, les skis roues ou le vélo, pas de doute, le choix est trèèssss vaste.
Il y a une dizaine de jours, j'avais évaguement épluché le calendrier des courses à pied. Le dossard me démangeant toujours, j'avais vu un kilomètre vertical, au Môle. Mais la voix de la raison tournant en boucle dans ma petite tête, je savais qu'il n'était pas très sage d'y aller, d'autant plus que je n'avais que cinq petites séances d'une heure à pied, autant dire une misère pour se permettre d'enfiler un dossard. 
A dix-sept heures le samedi, les mains dans le crépi (oui, le printemps, c'est aussi le temps du bricolage, et vu la météo clémente, j'en profite), voyant une éclaircie dans le ciel orageux, j'ai subitement changé d'avis. Tant pis pour la raison, j'ai enfilé un short, des baskets et j'ai filé au départ de la course.
La bonne nouvelle, c'est qu'en plus des 1000 mètres de grimpée, il y avait la descente qui allait avec. Passé la ligne d'arrivée, ça allait encore. C'est le lendemain que j'ai compris ma douleur. Comme chacun sait, le sport se pratique de manière progressive, sans quoi les dégâts sont considérables. Les quadriceps (muscles des cuisses) en feu, j'ai marché avec deux poteaux de bois en guise de jambes pendant quatre jours. La démarche du pirate. 
Le cinquième, voyant que ça allait mieux, j'ai accepté une séance de course à pied sur piste, avec le club de ski de Megève. Le lendemain, c'était au tour des mollets. 
J'ai marché en crabe pendant trois jours.
La douleur passée, préférant laisser mes jambes au repos, je me suis focalisé sur le haut du corps. Deux heures de poussée en ski roue.
Bien entendu, le lendemain, je n'arrivais plus à me baisser pour enfiler une paire de chaussettes.


jeudi 9 mai 2019

Vacances ?!!!

Mi avril, c'était pause vacances en famille. Alors non, pour ce qui est des vacances, oubliez les plages paradisiaques de l'île Maurice, la java à Majorque, un trek au Népal. Non, quand on a deux petits en bas âge, les vacances, c'est juste quitter la maison, trouver un camping avec piscine, toboggans, château gonflable et jeux divers. 
Après une saison bien remplie, des horaires bien ficelés, j'avais hâte de décompresser, faire des grasses matinées, passer quelques jours en toute quiétude, dans la joie et la bonne humeur.
Le Quand c'est qu'on arrive ?, on y a eu le droit au bout de cinq minutes. Manque de bol, on avait à peu près quatre heures de route pour arriver à destination. 

(Péage entrée d'autoroute)

(Aire à proximité de Chambéry pour la pause pipi)



(Traversée de la Chartreuse)

(Départ depuis 1 heure)

(10h30)








VOS GUEU...  
-Oui, mes amours, on est presque arrivés.
Bon, voilà, au bout de quelques heures, les oreilles en choux-fleur, on a fini par arriver. Entre temps, on avait fait une pause dans un parc d'aventures, avec jeux de piste et tout et tout. 
Les petits n'avaient qu'une idée en tête: la piscine. 
-On va se baigner?
-Pas tout de suite, il faut aller dans le bungalow.
-Et là, on va se baigner?
-Il faut d'abord décharger la voiture.
Le temps de trouver les maillots de bain, les bouées, de se changer, la piscine était fermée. 
Les petits ont été admirablement sages et compréhensifs.

A vingt-heures, ils ont fini par s'endormir. Fallait voir le bon côté, fatigués comme ils étaient, on était partis pour dormir jusqu'à 10h.
Manque de bol, au printemps, les journée s'allongent. A sept heures du matin, deux loustics débarquent dans la chambre.
-On est prêts pour aller à la piscine!
La tête enfarinée, on a fait manger ce petit monde. A neuf heures, il s'est mis à tomber des trombes d'eau.
La séance baignade, pour papa et maman, c'était cryothérapie. Les petits, ça n'avait pas l'air de les déranger.
On s'est demandé si il n'y avait pas eu un échange à la maternité...
Et vu qu'il a continué à pleuvoir l'après midi, après trois heures à mettre le bungalow à sac, ils sont allés jouer dehors. Ils ont eu la bonne idée de chercher tous les escargots et les vers de terre du camping, les ramenant sagement avec eux. Sur la tête, les épaules, les pieds, partout sauf dans leurs mains.
Le reste de la semaine à été fidèle à son début.
Reposant.
Ensuite, les petits devaient aller passer le reste des vacances avec leurs grands-parents.



Nous, on est rentrés. Seuls. 
Et on a enfin pris une semaine de vacances, à la maison.

mardi 9 avril 2019

Encore une 4ème place aux Championnats de France (et une 2ème aux Glières)

Il y a deux ans, je terminais 4ème aux Championnats de France de longue distance aux Saisies. A sept secondes de la gagne, et au sprint pour la troisième place.
Deux années ont passé. Et vu que, comme vous le savez, je me bonifie avec l'âge, j'imaginais, cette fois-ci, monter sur la plus haute marche. Au minimum le podium.
Une course pas évidente, pas le physique espéré, mais je crois que par contre, j'avais la tête des grands jours. J'ai fait la métamorphose du morpion, celui qui lâche rien. Une chute collective au 20ème kilomètres a malheureusement fait deux échappées, que je ne reverrai jamais. Un groupe de trois s'est formé ensuite pour la 3ème place, et je ne peux pas dire que cette fois-ci, j'ai contribué au travail d'équipe. Le corps en délicatesse, c'est la tête qui, heureusement, a pris le dessus. Jusqu'au sprint final, où j'échoue d'un rien pour le podium. Eh oui, je termine à nouveau 4ème, au pied de cette belle boîte.



Et pour la petite histoire, la veille, je suis allé faire une course aux Glières*, et j'ai terminé au sprint... 2ème! Bon, devant, c'était notre leader français Momo, mais quand même.

Pas de doute, j'ai fait coup double ce week-end!

*Cette course est un mémorial pour Tanguy Vulliet, un jeune que j'appréciais beaucoup et qui a chuté d'une corniche cet hiver. Beaucoup d'émotions sur cette journée aux Glières.

lundi 1 avril 2019

A contre-courant, et puis une victoire (enfin?!) aux Glières

Depuis deux semaines, je me suis remis au classique*. Parce que le classique, c'est fantastique, que depuis des années, je prône le classique, style essentiel pour parfaire sa technique de fondu de fondeur. J'ai même donné récemment un petit cours à des amis, leur parlant du fameux tranfert du poids du corps, de faire accrocher le fart, puis laisser glisser. J'ai tout mis en oeuvre pour leur faire aimer le classique, et me convaincre également qu'effectivement, l'alternatif, c'est le Kiffe! D'autant plus que vendredi dernier, il y avait le Championnat de France de 10km classique.
Toute la semaine, je me suis préparé mentalement à mettre une bonne couche de tube** qui colle aux mains autant qu'aux skis. J'ai fait des intensités, de la vitesse, des intervalles en classique, délaissant le skating, mon style de prédilection. 
Je suis monté à Méribel le matin, avec ma paire de skis. Et arrivé sur le site, il y a un collègue qui me dit "ça peut être pas mal, la poussée aujourd'hui, non?".
Une simple suggestion. Je ne sais pas si vous avez vu le film "Inception", mais pour moi, ça a fait le même effet. Du "pourquoi pas", c'est devenu "Bah tiens, mais c'est bien sûr, je vais partir en poussée". Je me suis dit que j'allais faire un coup. Un coup de poker, un coup d'esbroufe. Le carré d'As.


Mon côté aventurier, Indiana Jones a pris la décision. Exit le classique.
A quinze minute du départ, voyant la vitesse à laquelle la piste s'est dégradée, je me suis dit que j'étais plutôt Indiana Dingue que Jones, la poussée, c'était mission suicide. Sachant que dès lors, je n'avais pas d'autre alternative, j'ai évité de gamberger, je suis parti, bille ne tête, et j'ai vite compris ma douleur. 
J'ai fait mon galérien. 10km, à priori, c'est rapide comme course, mais je peux vous assurer que chaque montée me paraissait interminable, et moi, j'en riais (jaune), c'était nerveux. Je pense que ceux qui m'ont vu monter ont bien rigolé aussi, j'étais obligé de faire du canard, en prenant soin de ne pas faire glisser mon ski, sinon, c'était disqualification assurée (d'un autre côté, ça m'aurait évité de me retrouver dans les profondeurs du classsement).

Heureusement, pour me remettre de mes émotions, je suis allé le lendemain au Derby des Mouilles, une course au profil descendant organisée au Plateau des Glières. L'ironie du sort aurait voulu que je fasse 2ème, que je me prenne une belle gamelle, un sapin, une avalanche, un bouquetin, que je me fasse manger par un loup, tout sauf la victoire. 
Eh bien figurez vous que rien, j'ai réussi à gagner!

*Le classique, ou alternatif, est une des deux techniques du ski de fond. Il se pratique dans les rails, avec des skis à écaille ou avec un fart d'accroche.
**Tube: fart pour faire accrocher le ski sur la neige, permettant d'effectuer les montées dans les rails

Petite vidéo faite par Titouan Reydet, parti avec la Gopro sur la tête.

mardi 26 mars 2019

Les enfants

Devenir parent, c'est fantastique. Bien sûr, c'est du boulot, mais on a tellement de moments agréables à partager. Ce qui est chouette aussi, c'est l'apprentissage du langage. 
Surtout le matin, quand ils sont de bonne humeur. Mais des fois, on hésite à inviter des amis. Ou alors il faut bien les trier...




Enfin voilà, bientôt, on aura les associations gays contre nous, SOS anti racisme et puis aussi la brigade des moeurs... 

lundi 18 mars 2019

P*#!!% de 2ème place aux Glières

2ème.
2ème. 2ème. 2ème. 2ème. 2ème...
Quand je me suis couché, la veille au soir, je ne voyais que ça. Dans la nuit, j'en ai fait des cauchemars. Un chiffre 2, énorme, gigantesque, avançant vers moi avec ses grandes dents, de la bave à la commissure des lèvres, les yeux injectés de sang. Un 2 brûlant, diabolique, mauvais, perfide. Un 2 sans coeur, démoniaque, suppôt de Satan. 
Je me suis réveillé en tremblant, en hurlant. Pour me calmer et me remettre les idées au clair, Isa m'a mis deux baffes, et vu l'état de mes deux joues juste après, j'ai plus osé fermer l'oeil de la nuit.
Le matin, quand j'ai mis mes skis de chauffe au pied, que j'ai constaté qu'il y en avait deux, je me suis mis à trembler. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il faisait bien froid, ironie du sort, le thermomètre affichait un deux. Un 2. 1 deux. (12°). Et le malaise a empiré, lorsque j'ai testé mes 2 paires de skis course, et lorsque le commentateur nous a annoncé au micro qu'on ferait 2 tours.
Pendant la course, je n'ai fait qu'y penser. On faisait 42 kilomètres. Pas 41 ni 43. 42, soit 4 (multiple de 2, un deux que l'on peut soit multiplier soit additionner, donc 2 combinaisons possibles) et un 2 accolé. 
J'ai bien essayé de lever la tête pendant l'effort, regarder ailleurs pour chasser cette sensation étouffante qui faisait vaciller mes 2 jambes, mais partout autour, les spectateurs levaient leurs 2 bras pour nous encourager.
Tant et si bien, qu'après nous être retrouvés à 2 coureurs devant, la course était pliée, et même si j'ai bien animé la course, croyant pouvoir terminer seul, je crois qu'inconsciememnt mon cerveau m'a remis dans le (droit?!) chemin, il n'y avait pas d'autre issue possible. Au sprint, je termine 2ème. 
Décidément, le marathon des Glières et moi, je crois que ça fait 2...