mercredi 11 avril 2018

Des étoiles aux Saisies

Les étoiles, j'en ai vu pas mal, un peu partout au bord de la piste. 
Pourtant, au départ, j'en avais plein les yeux, à espérer une belle perf sur cette dernière course de l'année, qui plus est championnat de France de longue distance.
Et effictivement, j'en ai eu plein les yeux, mais ce n'étaient pas celles de la victoire, mais plutôt celles de la fatigue. Beaucoup d'enchaînement cette saison, entre les courses et les déplacements, les 24 heures des Mosses la semaine dernière, c'était trop pour moi. Rapidement en difficulté, je bascule en haut de la Palette à la 5ème place, et ensuite, un groupe revient sur moi, la neige est lente et je suis en mode ski nautique, j'essaie de ne pas lâcher, sinon, je coule.
Un regain d'énergie dans le deuxième tour, mais la dernière grande montée aux trois quarts de la course, alors que le groupe revient sur la 3ème place, me sera fatale. Je termine 9ème. 
Par contre, il faut noter quelque chose d'exceptionnel, pour la première fois depuis le début de saison, les conditions de ski la veille de course étaient identiques à celles du jour J. Oui, c'est assez exceptionnel, depuis novembre et nos première courses, nous avons toujours eu des changements de temps improbables, véritables casse-têtes pour Steph, Bubu et Sylvain, nos fidèles hommes de l'ombre.


mardi 3 avril 2018

Les 24 heures des Mosses, la victoire du Team et l'envers du décor

Ce week-end était plutôt atypique. J'ai couru samedi. Dimanche aussi. Ah, j'oubliais, pour l'échauffement, j'ai aussi couru vendredi. Si, si, je vous assure...
Retour sur trois jours riches en fatigue émotion.
Vendredi, c'était l'une des étapes des Championnats de France. Un 15km classique mass start au programme, troqué à la dernière minute contre un 10km mass start, autant dire qu'il fallait être rapide au démarrage pour espérer jouer devant. Réconcilié avec le classique malgré le peu de pratique cette année, je termine 11ème à une vingtaine de secondes du podium, pas de doute, 5km de plus ne m'auraient pas dérangé... 

Le lendemain, direction les Mosses en Suisse pour la grosse fête du ski par équipe. 24 heures de ski, mais surtout 24 heures de gavage (nourriture), même si le temps ne se prêtait pas à faire du gras. Didier, Roy de l'organisation, nous avait concocté un joli programme de course. Départ à midi sous un temps plutôt Clément (Mailler de me contredira pas), la météo nous a joué des tours, et même si les Moutons se sont mis à l'abri tant les bourrasques étaient nombreuses, il en fallait bien plus pour démotiver Stéphane, notre mentor. 
Après de nombreux tours en début de course, Nico, las de tourner en rond, nous a quitté pour remplir son devoir d'équipe sur le relais des Comité, à Prémanon. C'est Adrien qui a pris le relais, mais le bougre, avec la fatigue et le gel, était plutôt Mou. La nuit tombée, pendant que les Chipmunks faisaient la fiesta sur la piste de danse, Alwin tournait comme un beau diable, skiant de bonne grâce, plutôt Candide sur les skis, face aux Champs blanchis par les Belles étoiles au rythme des Ans. 
Mais bon, plutôt être Chauve que d'entendre ça (et sourd aussi), pas de place à la poésie dans le ski, fallait tourner, tourner et encore tourner. Et avec 518km au compteur, toute l'équipe a -enfin- vu le bout de la nuit.*

Allez, oublions les jeux de mots douteux, revenons sur ces 24 heures:
Pour courir, il faut avant tout savoir skier manger. Manger avant, manger entre chaque tour, manger avant d'essayer de dormir, manger au réveil, manger après un tour, manger, manger, manger. Que des bonnes choses: chips, saucisson, chocolat, cachuètes...
Il y en a qui vous diront qu'il faut boire aussi. Nous, c'était Coca. Light. Pour d'autres, demandez à celui d'une autre équipe qui, au bout de 6 heures, est tombé après avoir fait 2 mètres, s'est relevé, a fait 2 nouveaux mètres et est tombé de nouveau, et s'est vu finalement retirer son dossard. Pas sûr qu'il avait de la limonade dans sa gourde. Boire ou skier, il faut choisir...
Nous aussi, on s'est octroyé un petit plaisir, un bon vin chaud pour fêter notre victoire, il devait bien rester encore 0,0001° d'alcool dans le brevage chauffé.





(* Pour ceux qui ne connaissent pas l'équipe et qui ne comprennent rien à mes fantastiques jeux de mots, l'équipe était composée de :
Adrien Mougel
Thomas Chambellant
Stephane Mouton
Alwin Thetaz
Candide Pralong
Clément Mailler
Nicolas Berthet
Didier Roy
Benoît Chauvet)

vendredi 23 mars 2018

Vous voulez savoir si j'ai gagné aux Glières ?

Dans le coin, c'est la question que tout le monde se pose. Après 8 podiums et 6 deuxièmes places, ai-je enfin gagné le Marathon des Glières?
Eh bien...
Non!
J'avais la grande forme, j'ai mené, j'ai secoué, et puis au final... j'ai craqué. Plus de son plus d'image sur les 10 dernières minutes de course, là, je me demande si ça commence pas à être dans la tête ??!!!
Je me fais même chiper la 2ème place sur les derniers mètres.
Va falloir revenir l'année prochaine.
Eh si...

En attendant, v'là une nouvelle vidéo. Au moins, je m'éclate à en faire ;o)



mardi 13 mars 2018

Bientôt le Marathon des Glières !

Eh oui, moins d'une semaine avant le Marathon des Glières. Je suis l'homme des deuxièmes places là-haut. Est-ce que l'histoire finira par me donner une victoire?
Suspense...
En attendant, une petite vidéo de ma petite production. Y'a qu'à cliquer.


lundi 12 mars 2018

L'engadine

L'Engadine a quelque chose de particulier.
Peut-être cette grande vallée plate, abritant d'immenses lacs gelés. Les skieurs arrivant en raz-de-marée, plus de 14 000 à passer le portillon de départ. 
Dès le coup de fusil, les compétiteurs s'élancent, des lignes se forment, se désagrègent au rythme des vagues. La tension est à son comble, les batons cassent comme du verre, les chutes sont nombreuses, chacun veut se placer en tête de peloton sans jamais vouloir mener, profiter de l'aspiration de celui qui le précède et garder à tout prix sa place. Si un vient à doubler, ils seront quinze à profiter d'un trou de souris.
La première montée égrenne la meute, qui se reforme en une cinquantaine de coureurs dès le retour du plat, long, interminable. A affronter bien souvent les rafales de vent. A attendre les derniers kilomètres pour s'exprimer. 
Il faut alors de nouveau éviter les chutes, les bris de bâton. 
Et bien souvent, personne ne réussit à s'extraire, il faut s'en remettre à la chance, à un petit coup de rein, à un coup de pouce du destin qu'il faut aussi savoir provoquer.
Mettre sa dernière cartouche au moment propice, et croiser les doigts jusqu'à l'arche d'arrivée.
Parfois, ça passe. Et ça ne tient à rien.
A quelques fractions de secondes. 
C'est l'Engadine.
Il m'aura manqué à peine 6 secondes cette année encore. 
6 secondes de trop, mais je suis joueur, je retenterai ma chance. Encore et encore.


lundi 5 mars 2018

5 secondes de trop en Russie sur la Demino

Des secondes de trop, toujours. Cette fois-ci, il y en a eu 5. Un sprint final assez mou, je termine 13ème de cette nouvelle étape de la Worldloppet, en Russie. 
5 secondes, ce n'est pas grand chose quand on y pense. Surtout sur 2 heures de course. Mais c'est toujours trop, quand on sait que le podium n'a que trois marches.

Par contre, vu qu'il y a toujours quelque chose de drôle à raconter dans mes aventures, voilà un peu comment s'est déroulé notre voyage jusqu'en Russie...

Le jour du départ, le réveil sonne à 6h pour un rendez-vous avez les collègues du Team à 6h45, sur le chemin de l'aéroport. Malgré la neige, j'étais dans les temps, mais pas les collègues, l'autoroute étant bloquée, avec tous les camions supris par la neige et les touristes (haut-savoyards?!) qui n'avaient pas les pneus adaptés. 
Du coup, je file en direction de l'aéroport pour être sûr d'avoir l'avion. Sur les petites routes blanches, bien équipé, ça roulait du tonnerre. Arrivé sur la nationale, un peu moins. 10km/h, les voitures les unes derrière les autres.
Bon, je fais 3km puis je prends en direction de l'autoroute, je passe la barrière de péage, je reçois un message du coach qui me dit que l'aéroport est fermé et qu'il est inutile de se presser. Je les attends plus loin, un petit bled en sortie d'autoroute, Archamps.
Je retourne en direction de l'incontournable Macumba, à 5mn de là, ex plus grosse boîte de nuit du coin, parce que les collègues me disent qu'ils arriveront par la nationale, puis je retourne à Archamps parce qu'ils sont finalement sur l'autoroute. 
Je reviens au Macumba parce qu'ils n'ont pas pris la bonne sortie, en espérant que cette fois-ci, ce sera la bonne.
En moi, je souris en me disant que j'aurais presque eu le temps d'enfiler ma tenue de danse pour aller faire deux trois pas de rock'n roll. 
Après une heure d'attente, je retrouve mon beau monde et on file à l'aéroport, sauf que tout est bouché sur l'autoroute et on arrive -enfin- à 10h (au lieu des 7h prévues).

C'est un bazar monstre. On fait la queue comme tout le monde pour replanifier un vol. Après 5h d'attente, on nous remet sur un vol Russe qui a été retardé, avec arrivée prévue à 21h à Moscou (mieux que les 2h25 du matin qu'on nous avait reprogrammé initialement!). Un peu de retard (30mn), on atterrit sur un autre aéroport de Moscou. Malheureusement, dans l'histoire, on a annulé le premier bus qu'on devait prendre, encore 2h d'attente à Moscou pour avoir un autre bus.
Ensuite, 5h de route dans un "champ de patates", sur les routes russes pleines de trous, à croiser les doigts pour que le bus ne se désintègre pas avec toutes ces vibrations. 
Mais comme toujours, on est retombé sur nos pattes, on a fini par arriver.
A 5h du matin (heure locale), sans avoir fermé l'oeil et après 22h de voyage.

Ensuite, la course dès le lendemain.

Puis le retour. Réveil à 5h, de nouveau. En France, il est trois heures. 
Dans ces moments, on se dit qu'on fait vraiment un sport de dingues !