lundi 11 décembre 2017

Ah que Johnny

La France pleure Johnny.
J'ai entendu ça à la radio l'autre matin. Un jour comme un autre, j'allume la radio dans la salle de bain, les yeux engourdis de sommeil. Toutes les trente secondes, j'entends parler de Johnny. Je change la fréquence, j'entends la voix de Johnny. Je triture le poste, toujours Johnny, encore Johnny. Pourtant, la veille, un grand homme était mort, un homme de lettre, académicien, journaliste, philosophe. En moi, je me dis qu'il n'avait pas eu droit à autant de battage; et qu'aujourd'hui, sa mort passe inaperçue, éclipsée par celle de Johnny. 
Mais vu que la France entière pleure Johnny, il n'y a plus de place pour le reste. Ni pour le chaos qui règne au Yémen, qui a fait encore des dizaines et des dizaines de morts en une journée. Ni pour le Malawi, et cette situation n'évolue pas, la folie des "vampires" est à son comble, les lynchages sont monnaie courante, jusqu'à la mort de ceux qu'on met sur le banc des accusés.
Partout, il y a ceux que la famine et la maladie emportent à chaque instant sur le continent africain, tant les conditions sanitaires sont déplorables. Pas de quoi faire la une de l'info, pas de Johnny dans le lot. Y'en a beaucoup qui auraient aimé pouvoir se faire un rail de coke ou avoir les moyens de s'offrir un bon resto avant. Pas de chance, beaucoup n'avaient pas bien vécu.
Johnny est mort, les journaux en parlent, la télé en parle, la radio en parle, les voisins en parlent, même moi, j'en parle. Oui, c'était Johnny, un interprète hors pair. Pourtant, il y en a eu, des artistes compositeurs, des génies, des Mozart, des Bethoveen, qui sont morts avant lui, mais il n'y avait pas de quoi faire la une. Ils n'étaient pas vraiment connus, et puis, c'était une autre époque. Johnny, c'est autre chose, c'est Johnny.
La mort d'une star, ça fait parler, et ça fait vendre aussi. On ne s'est jamais autant arraché ses albums,  la côté de popularité s'envole, les livres se vendent comme des petits pains. C'est bon pour le buisness, même si lui, n'en profitera pas. Certains diront qu'il a déjà bien profité de la vie.
Hier, j'ai allumé la radio. On parlait encore de Johnny. J'ai alors entendu quelqu'un dire que oui, on ne se l'était jamais autant arraché qu'une fois mort, mais qu'il était dommage qu'on s'intéresse autant à la mort, alors qu'il y a tant d'artistes et d'auteurs qui mériteraient qu'on s'intéresse à eux de leur vivant. Et pour les morts, célébrons Johnny, oui, mais n'oublions pas les Gandhi, Nelson Mandela, Martin Luther King, Mère Thérésa ou encore l'Abbé Pierre, véritables héros des temps modernes. Et tous ces gens qui oeuvrent, chaque jour, pour un monde meilleur.


mardi 5 décembre 2017

Début d'hiver



L'hiver est là! Pour la première fois depuis cinq ans, la neige abonde sur nos massifs, les températures sont négatives, et les prévisions optimistes.
C'en est terminé pour le ski roue, les voitures qui nous frôlent, les conducteurs qui nous insultent, terminés les gravillon, le macadam, place  à la glisse, à la nature, au silence. Bref, au ski, sans roulettes et avec des spatules au bout. Le bonheur pour tout skieur qui se respecte. 
J'en ai même profité pour enfiler le dossard. Après une belle saison estivale, il faut se remettre dedans. Les longues, c'est pas encore tout de suite, mais il faut reprendre goût au dossard. Je suis allé sur Prémanon pour réchauffer le moteur. J'ai fait le plein avant de partir, mais en arrivant, c'était poussif, bridé, j'avais mis du diesel, avec le froid, il y avait du retard à l'allumage. Certains diront que la carrelingue est vieillissante, que nenni, croyez bien, c'est juste une histoire de vitesse, le truc, c'est de trouver comment les passer et ne pas rester en première. Et penser à réinstaller le turbo, sinon, la saison risque d'être bien longue.
En gros, on va essayer de laisser de côté le tracteur et sortir la voiture de course.

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jeudi 23 novembre 2017

L'automne, saison des plaisirs

Si, comme moi, vous chaussez de temps à autre les ski à roulettes, cette fin d'automne et pleine de faits d'hiver. En attendant la neige, pour sûr, c'est moins monotone.
Arrêtons-là avec les jeux de mots faciles, et place à l'action. Ce que j'aime, avec le ski roue de novembre, c'est toute cette incertitude qui entoure les sorties.
Les plaques de verglas à la sortie d'un virage, bien cachés, bien à l'ombre. Les feuilles amassées sur la route, dans une enfilade, humides à souhaits. Les sorties des tracteurs, emportant dans leur sillon quantité de terre qui se disperse gentiment sur l'asphalte et transforme la voie en véritable champ de mine. Les inversions de température, en arrivant dans les fonds de vallée, qui nous font claquer des dents, vu qu'au départ, il y avait le soleil, qu'il faisait bon, et que d'un coup d'un seul, on passe de +10 degrés à -10. Les journées d'un coup trop courtes, mais on ne s'en rend compte que lorsque le soleil tombe, qu'on n'y voit plus rien et qu'il nous reste encore dix bornes à parcourir. Dans le noir, à se faire kloxonner par toutes les voitures.
Moi qui aime bien l'aventure, pas de doute, j'aime l'automne ?...




jeudi 16 novembre 2017

Attention, neige !

Ah, la neige...
En avril, on en a raz-le-bol, et pourtant, il y en a plein sur les montagnes. Les beaux jours arrivent, et si les jambes frétillent, c'est pour sortir le vélo, aller gambader dans les forêts en croisant les doigts pour que la neige ait fondu.
Le printemps passe, puis l'été. Vient l'automne, les premières matinées fraîches, et voilà que les jambes frétillent à nouveau. Les (skis à) roulettes, on en arrive à saturation, on scrute les webcams en espérant une légère chute, à peine de quoi saupoudrer les montagnes.
Pour skier, direction le tunnel, à guichet fermé. On tourne en rond, jusqu'à en avoir le vertige. Le premier jour, on se dit que c'est mieux que rien, le dernier, que c'est bien long et qu'on ne nous y reprendra plus.
Puis le snowfarming, en fonds de vallées. On tourne toujours en rond, à défaut d'être à ciel couvert (nostalgie du tunnel ?), on respire à ciel ouvert.

Novembre, enfin, mois de toutes les promesses (et de tous les désespoirs), la perspective de chausser les skis sur de la neige, de la vraie, celle tombée du ciel et pas des canons, alors qu'on attend qu'une chose, pouvoir donner l'assaut, être le premier à fouler les pistes, et skier jusqu'à n'en plus pouvoir.

En ce milieu novembre, il a donc neigé! Qu'on se le dise (pour se rassurer), elle va rester. Une chose est sûre, il y en a pour tous les goûts ;o)

Première sortie "au pied", beau temps belle neige herbe


La Clusaz, entre canon, snowfarming et neige naturelle. 2km, on tourne un peu en rond...

Et conditions optimales à Flaine, qui, comme chaque année...


...remporte la palme de l'enneigement au mois de novembre. 8km de ski


Et pour moi, la reprise signifie aussi le mode "Robinson", comme le diraient les copains du team. Sieste comme on peut entre deux séances


mardi 7 novembre 2017

La neige de culture, ou snowfarming, quel spectacle !

Dans certains coins du globe, dès le mois d'octobre, si vous êtes suffisamment patients et curieux, vous aurez peut-être la chance d'assister à un spectacle improbable. 
Vous connaissiez le maïs, le blé, l'avoine, la tomate, la courge et consort, désormais, une nouvelle culture fait fueur, celle de l'or blanc.
Le gros du travail s'effectue en fin d'hiver. Armés d'une pelle (grosse de préférence), les connaisseurs font un tas de neige, le recouvrent d'une épaisse couche de sciure de bois. Ils le laissent reposer plusieurs mois, pas besoin de terrain fertile, qu'il soit argileux, calcaire, sableux, siliceux, siliceux, bitumeux, tout est bon pour ce genre de culture.
Courant d'automne, lorsque la température flirte avec le négatif, la sciure est ôtée, découvrant alors le tas de neige qui n'a quasiment pas bougé (seulement 30% de perte). La neige est ensuite étalée par une machine, sur une largeur de 3 mètres et une longueur de plus d'un kilomètre. 

C'est là que, si vous êtes suffisamment calme et attentif, vous découvriez un divertissment peu commun. 
Pas de biche, de cerf ou de sanglier, bien plus singulier, vous pourrez apercevoir des humains s'approcher sans méfiance, vêtus de gants, lunettes et de planches glissantes. L'hexibition peut durer des heures, les humains sont plutôt tenaces et tournent en rond sans relâche sur la bande de neige. N'hésitez pas à taper dans vos mains, ils ne sont pas craintifs, et au lieu de les faire fuir, vous les exciterez et ils tourneront davantage jusqu'à ce que la fatigue les arrête.

Le snowfarming, ou neige de culture, est, sans aucun doute, un procédé lucratif et ludique et permet de profiter d'un spectacle unique, à consommer sans modération sept jours sur sept.


lundi 30 octobre 2017

Incroyable nouvelle, le Mont Blanc détrôné !

La semaine dernière, je suis parti en vacances avec la petite famille. Dans le sud de la France, pas loin du Mont Ventoux. Comme à notre habitude, nous avions prévu des sorties vadrouille, cette fois-ci avec les vélos et la carriole.


Après une première mise en jambe dans les Dentelle de Montmirail, la deuxième virée devait être un peu plus longue, sur les hauteurs de Buis les Baronnies.
J’ai enclenché la montre pour l’itinéraire, et nous avons entamé une longue montée qui nous a menés jusqu’à un magnifique col. Quatre heure trente de vélo plus tard (je ne compte pas la pause midi), de retour au point de départ, j’ai arrêté le chrono, et là, stupeur.
Au regard des données collectées, j’ai plusieurs grandes nouvelles, qui viennent réformer de nombreuses certitudes concernant notre bonne vieille France.

Le point culminant de l’hexagone n’est pas le Mont-Blanc, mais il se situe dans la Drôme. Il mesure très exactement 5502 mètres et, croyez le ou non, n’est pas enneigé toute l’année.
Preuve à l'appui:



Sinon, question sport, j’ai gravi en VTC –sur lequel était accrochée une carriole accueillant deux enfants en bas âge ainsi que de la nourriture et de l’eau, le tout ayant une charge estimée à quarante-cinq kilos– un total de 8660 mètres de dénivelé positif, soit l’équivalent de l’Everest.

Certains détracteurs affirmeront qu’on ne peut se fier à l’informatique, mais quand je sais que c’est justement l’informatique qui gère aujourd’hui nos satellites, nos radars, qui produit tous nos calculs les plus complexes, qui lance nos fusées sur orbite, ce même informatique qui va bientôt gérer nos voitures du futur sans conducteur, qui permet de faire des opérations chirurgicales à distance, j’en passe et des meilleurs, alors très honnêtement, je ne peux que lui faire confiance.

J’ai donc gravi (et redescendu) l’équivalent de l’Everest (sans forcer, hein) en à peine quatre heure trente.
Ce qui fait tout simplement de moi un surhomme (mais ça,  vous n’en avez jamais douté).



mercredi 18 octobre 2017

La Chronique de François (bis)

La belle plume de François, ou l'art de savoir manier les mots:


Lundi 25 septembre, petit encart "L'homme" dans les pages Sports Haute-Savoie du Dauphiné Libéré:
un titre: "Benoît passe la quatrième"
une photo des leaders de la course
quelques lignes, qui nous apprennent que Benoît a gagné la veille sa ... 4ème Grimpée du Pays Rochois
Mardi 26 septembre, petit encart "La bête" dans les pages Sports Haute-Savoie du Dauphiné Libéré
un titre: "Benoît passe la quatrième"
Euh en plein mois d'octobre ce poisson d'avril manque singulièrement de fraîcheur et n'emballe personne, il mérite à peine d'être ... emballé dans du papier ...journal, comme un "fish and chips" d'arrière-port.
Il n'empêche, mardi 26 septembre, c'est bien notre quotidien préféré qui passe la deuxième, avec un article toujours dans les pages Sports Haute-Savoie:
un titre: "Benoît passe la quatrième" !
une photo, la même que la veille en plus grand !
un texte plus long, qui nous apprend qu'à la Grimpée du Pays Rochois, Benoît vole d'une victoire à l'autre dans un temps toujours plus court !
On savait que Benoît était un vrai coureur tout-terrain, alors il peut bien être équipé de deux boîtes de vitesses, une courte une longue sans doute, et avoir ainsi deux quatrièmes à passer !
Le Dauphiné Libéré ne croit d'ailleurs pas si bien écrire, car c'est en fait la quatrième victoire de Benoît ... en 4 prises de dossards d'affilée: du 100% ! Les 3 précédentes étaient: 
la Grimpée de la Sambuy le 27 août
les Foulées Maglanchardes le 10 septembre
la Montée Chedde les Ayeres le 17 septembre, où il succède à ... son frère : une histoire de gros poissons, bien loin d'un poisson d'avril cette fois. Du 100%, 100% Chauvet bien sûr !

A la Sambuy il avait été tout simplement impérial. Et forcément on craignait que la situation ...empire: car à Magland, il était de retour d'un stage avec son Team à Saint-François-de-Sales et on l'imaginait plombé par un volume d'heures d'entraînement indigeste, ainsi que par une suralimentation au turbot dans son ... beau jus, à la tome des Bauges, à la tomme de Savoie, à la polenta aux diots au vin blanc - un peu lourd, non ? -, au farçon savoyard, que sais-je encore, car le travail en extension des abdominaux semblait avoir été au menu de chaque repas ! Mais en "état de grasse", ou sublimé par le fol espoir de gagner son poids en délicieuse saucisse locale, il avait écrasé la concurrence : le deuxième à deux minutes, le troisième à trois minutes, le quatrième à quatre minutes...
Décidément, quand Benoît décide de débrancher le cerveau et de le mettre dans les chaussures, il monte comme s'il avait un servo-moteur dans les chaussures, et on a l'impression que les autres concurrents boitent à vitesse lente...