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lundi 6 septembre 2021

Retour sur ma CCC (2ème partie)

(Suite de la 1ère partie)

35ème à Champex.
La montre indique 6 heures de course. Je suis au kilomètre 54, il m'en reste 45 à parcourir. J'ai fait plus de la moitié en kilomètre, je sais qu'en terme de temps, je ne suis pas au bout de mes peines. Sauf si le corps veut bien se remettre en route, mais ça me semble peu probable. Cédric et Valentin sont là, on rigole, Valentin me dit "t'abandonne pas, hein?", je lui dit que non, si je suis encore là, c'est pour aller au bout, histoire de voir ce qu'est une galère, une vraie.
Je prends mon temps au ravito, qui sait, peut-être vais-je trouver un second souffle, même si le premier, je le cherche encore. Depuis le début de la journée, j'ai un air qui tourne en boucle dans ma tête. "Il y aura les jours avec et les jours sans". Les paroles m'aident à faire passer la galère.

Je repars avec un Mexicain qui, au bout du lac, prend à gauche alors que le chemin part à droite. Il est une centaine de mètre devant, je lui hurle dessus, "wrong way!". Il met du temps à comprendre, je braille encore un coup en lui montrant le sentier à droite, il comprend enfin. Plus loin, dans la descente, il me remercie, me passe au petit trot. J'ai du mal à courir dans les descentes. Je crois que ça va être long.
J'essaie de penser à ce que signifient les sigles CCC.
Cuit, cuit et recuit.
(une bonne) Claque. (dans les) Choux. (Je suis) Cramé. (je suis vraiment trop) Con (d'être là).
Il y a un mot qui va bien je trouve: CALVAIRE.
Mais bon, ça ne m'empêche pas de continuer.
Il y aura les jours avec et les jours sans...
C'est bon, Claudio, j'ai compris. Pour une fois, ferme là! Ou alors donne moi un jour avec.
Je m'en sors à peu près dans les montées, doublant quelques concurrents qui me redoublent dans les descentes.

36ème à Trient. Je n'ai pas perdu grand chose en place, quelques spectateurs me disent qu'il faut que je savoure, mais je ne savoure rien du tout. Je souris, sourire, c'est un peu tout ce qui me reste. Je grapille sans le vouloir deux places dans la montée des Tseppes, lorsque la pente est plus raide. Je me moque bien de la place, ce qui m'effraie, c'et plutôt les kilomètres. 
Puis vient le plat et la descente sur Vallorcine. Ce qui devait arriver arriva, les jambes grippent complètement, j'ai désormais deux poteaux à la place des cuisses. Je n'ai plus qu'à tendre les bras au ciel, et qu'on me passe un câble dans les mains pour ressembler à une ligne de haute tension. D'ailleurs, je crois qu'en plus de mon corps, mon cerveau est en train de griller, sinon, je ne vois pas pourquoi je m'infligerais une telle galère.

54ème en repartant de Vallorcine.
Je suis descendu piteusement jusqu'au village, essayant même la marche arrière. Au ravito, j'ai demandé à Cédric combien de bornes il me restait: 20. Ne pouvant plus courir, j'ai estimé le temps pour arriver jusqu'à Chamonix: plus de quatre heures.
-T'es pas sérieux?! m'a-t-il dit.
-Tu parie quoi? j'ai fait.
-Pari tenu.
En chemin, je rencontre Yan, un ami du club de Megève, on papote un peu, ça fait passer le temps. Plus loin, au col des Montets, je croise mes parents et mes nièces, nouvelles pause, ils me disent qu'ils vont m'attendre à Chamonix, je leur répond qu'il va falloir être (très) patient.
Un peu plus haut, je sors les habits de nuit, moi qui étais persuadé de terminer de jour. Eh oui, il va falloir que j'allume la lampe frontale. Le mois précédent, j'étais exactement sur ce chemin, en sens inverse, à l'occasion du 90km du Mont-Blanc. C'était l'époque où j'arrivais encore à courir!!!
Le temps passe, je prends les minutes les unes après les autres, et vu que je n'arrive plus à lever les pieds, je prends également les cailloux les uns après les autres, je crois que je vais encore perdre trois ou quatre orteils dans l'histoire.
Arrivé en haut de la Flégère, je vois Chamonix en contrebas. Une descente avalée en 30mn par les meilleurs coureurs. Pour ma part, il me faudra pratiquement 2 heures pour y arriver.

J'ai donc franchi l'arrivée. Il a fallu que je range mon égo de côté. A vrai dire, je ne sais pas ce que j'ai voulu me prouver. Je ne voulais pas abandonner, je trouvais cette option trop facile, mais autant il est facile de terminer une course de ski lorsqu'on est dans un jour "sans", autant en trail, c'est un chemin de croix.
Pour être honnête, je ne sais pas si c'était la bonne option. Oui et non. Je pourrais me dire que c'est une sorte d'apprentissage de la douleur, qui me permettra de me surpasser dans d'autres moments difficiles, grapiller quelques secondes pour aller chercher un podium ou une victoire dans un autre grand événement. D'un autre côté, c'est créer de la fatigue inutile, risquer les blessures alors que, justement, d'autres événements sont prévus dans le calendrier. L'avenir me le dira.
Bien sûr, je reviendrai, avec la "grande" course, les 170km de l'UTMB dans un coin de la tête. Même si ce n'est pas exactement le genre de course à l'ambiance simple et chaleureuse que j'affectionne, l'atmosphère, grâce au public, y est incroyable, et pour tout coureur à pied, c'est un moment à vivre.







mardi 31 août 2021

Retour sur ma CCC (1ère partie)

Par quoi commencer ?
Par ces longues journées de préparation, afin d'être au top pour la course ? Par cette histoire de téléphone avec obligation de télécharger une application particulière sous peine d'être disqualifié ? Par cette envie soudaine de tout changer dans mon alimentation (régime dissocié) pour pouvoir être au top le jour J ?

La CCC, c'était pour moi l'occasion de mettre un pied dans l'univers de l'UTMB. Même si le plateau était extrêmement relevé, je savais qu'un top 5 était possible. Comme il est désormais coutume sur les Ultra Trails, j'avais fait la liste de tout le matériel obligatoire, et à part la galère du téléphone portable, tout était prêt. Concernant le téléphone, j'avais passé un temps fou à essayer de télécharger la fameuse application sur mon téléphone, sans succès. Je n'étais pas assez dans l'ère du temps, mon téléphone étant trop vieux, impossible d'installer quoi que ce soit. Mais au moment de récupérer mon dossard, on m'annonce que finalement, l'application n'était pas indispensable. Tout ça pour ça.
Depuis quelques nuits, j'avais le sommeil agité. Pourtant, des courses, j'en avais une quantité dans la besace. On dit toujours qu'il y a le bon stress et le mauvais stress. Celui d'avant course, je le connaissais, pourtant. Pensé-je.
Le matin, en rejoignant Courmayeur, la pression est montée tranquillement. Le monde, les coureurs, les spectateurs, les médias... c'était tout bonnement incroyable. même dans ma carrière de skieur, je n'avais jamais vécu cela. J'avais hâte d'entendre le décompte du départ. Les trente secondes. Puis le quinze. Le coup de sifflet.
La course était lancée. 101, comme les Dalmatiens. 101 kilomètres autour du Mont-Blanc, quelques cols à gravir, de belles vues, de l'émotion, une belle journée, j'espérais vivre toutes ces choses avec légèreté. Pourtant, dès les premiers mètres, j'ai senti qu'il y avait un hic. Un problème de synchronisation entre la tête et le corps.

Je bascule en 14ème position au sommet de la première montée, et dès la relance, mes jambes me paraissent trop grosses, trop lourdes, trop pataudes. J'essaie de me calmer, de faire une descente tranquille, en me persuadant que la course sera longue, que je dois être dans la gestion. Quelques concurrents me dépassent, je mange, je m'hydrate, je me ménage. Les minutes passent, les kilomètres également, et il ne m'en faut pas beaucoup pour comprendre que la journée sera longue. Sur le sentier vallonné qui rejoint le refuge Bonatti, j'ai une première vision de l'abandon. 20km au compteur, je suis 19 ou 20ème, un peu plus de deux heures de course, à ce moment, je n'imagine pas l'enfer qui va suivre. 

Pourtant, tout les ingrédients sont réunis pour la journée parfaite: un ciel dégagé, une température assez fraîche pour un mois d'août, des vues imprenables sur les massifs alentours. Je sais que sur un Ultra Trail, le corps peut être surprenant, et qu'il ne faut pas se fier aux sensations du départ. Au fil des heures, la forme peut venir, je me dis que les sensations médiocres sont dues au régime dissocié, et que bientôt, j'entrerai dans le vif du sujet. Même si je pense à l'abandon, je ne veux pas mettre le clignotant, d'autant plus que Valentin et Cédric m'attendent au premier ravitaillement.

Dans la longue descente qui m'amène vers la Fouly, je me perds une première fois. Pas grand-chose, un petit détour d'une minute, mais assez révélateur de mon manque de vigilance. Je suis ailleurs, j'essaie de convaincre mon corps que tout va bien aller.

24ème à la Fouly. 
Vienent ensuite les 10km de plat descendant avant la remontée sur Champex-Lac. Je ne connais pas, il paraît que c'est joli là-haut. Joli de quoi ? Encore faut-il pouvoir apprécier. J'ai mal aux genoux, mes cuisses tétanisent, je n'en peux plus. Ma tête déraille, je ne veux plus entendre parler de Trail. De courses. De dossards. Je suis au fond du trou, je me perds une nouvelle fois, tant pis, tant mieux, j'avoue qu'en ce moment, je me fous de tout, j'aimerais être partout sauf ici, je me dis que ma carrière de Traileur n'aura pas duré, qu'elle aura pris fin sur un sentier autour du Mont-Blanc... 
(...suite sous peu)

On échange de place? Prendre des photos, c'est un bon job aussi




mardi 17 août 2021

Trail des Hauts Forts (suite)

...J'ai cherché un endroit douillet pour poser ma tente, déballé mon sac pour préparer mes affaires de course, me demandant ce qui m'avait pris de prendre une telle décision. Heureusement, j'avais un peu de rab dans mes ravitaillements, j'avais également emporté, au cas-où, un sac léger avec deux flasques (sachant que sur les formats courts, je prends uniquement un porte-gourde) et aussi une paire de bâtons. Bien m'en a pris. Sauf que je me suis rendu compte en étalant toutes mes affaires qu'il me manquait un élément essentiel, que j'avais malheureusement glissé dans mon sac de randonnée: les chaussettes! Eh oui, je n'avais aucune paire à me mettre aux pieds. Sauf qu'il y avait ma petite étoile qui passait par là, figurez-vous que le lot souvenir offert à chaque participant était... une paire de chaussettes. C'était un jour à jouer au loto.

A dix heures, j'ai éteint la lampe, à onze heures, je l'ai rallumée pour être sûr de n'avoir rien oublié, à minuit, j'ai regardé si j'avais bien changé l'heure de réveil, à une heure, j'ai essayé de compter les moutons, remettant sans arrêt en question mon choix: n'avais-je pas présumé de mes forces en m'inscrivant sur cette longue distance, avec toute la fatigue accumulée des dernières semaines d'entraînement ? Finalement, à deux heures, Morphée a eu raison de moi, j'ai enfin pu fermer les yeux. Trois heures plus tard, la sonnerie du réveil m'a sorti de ma torpeur, j'ai enfilé ma tenue de course, pressé d'en découdre. En mettant mes chaussettes, j'ai une nouvelle fois béni l'organisation d'avoir intégré ce lot souvenir.

Le départ a été donné au moment de l'Angélus, j'étais parti pour une sortie de près de 6 heures, avec 4000 mètres de dénivelé positif. Mes premiers pas ont été prudents, aux alentours de la vingtième place. Je n'ai pas voulu présumer de mes forces, je savais pertinemment qu'une cadence trop rapide transformerait cette bambée en bon traquenard. En haut de la première bosse, j'étais septième. J'ai grapillé deux places dans la descente (oui, vous avez bien lu, dans la descente!). Une autre un peu plus tard, si bien qu'à mi-course, j'avais le podium en ligne de mire. J'ai doublé un concurrent au début de la montée du Col du Fornet. Un type aux épaules bien carrées, qui me semblait en perdition. Je croyais le podium était assuré. Eh bien que nenni. Le concurrent, c'était un coureur de Spartan. Un guerrier, à qui il ne manquait que l'armure. En gros, tout le reste du parcours, j'ai senti son souffle derrière mes baskets. Il n'a pas lâché mes semelles, ni dans les montées, encore moins dans les descentes. Heureusement pour moi, j'ai réussi à faire des descentes honorables (comme quoi, à force de travailler ses points faibles, on progresse!), et même si la dernière montée a été très difficile, j'ai réussi à garder ma place jusqu'à l'arrivée, franchissant la ligne peu avant midi. Je n'avais plus une once d'essence dans le moteur.

Une heure plus tard, c'était le déluge, les éclairs se sont mis à zébrer les montagnes, le ciel nous tombait sur la tête. J'étais au chaud dans un bus, la panse bien pleine, me disant que les éléments s'étaient mis en place comme il le fallait pour que cette journée ne se transforme pas en grosse galère. Côté galère, je ne savais pas que j'allais en vivre une (petite) dès le lendemain à l'occasion de notre itinérance avec les enfants, du côté des sentiers du Mont-Blanc.

Je tire mon chapeau à l'organisation, fantastique. Outre le pack ravito, le lot souvenir, tous les concurrents ont eu le droit à un bon d'achat "repas" à l'arrivée, à faire valoir dans les commerces d'Avoriaz, et même si la course a été arrêtée pour certains à cause des orages soudains, je crois que tout le monde était ravi de mettre le dossard sur ce trail des Hauts Forts.





jeudi 12 août 2021

3ème au Trail des Hauts Forts (1ère partie)

L'invitation datait de plusieurs semaines, pourtant, cinq jours avant l'épreuve, je n'étais toujours pas inscrit. J'hésitais encore sur la longueur à parcourir, j'avais le choix entre le 23, le 40 et le 51km. Je regrettais qu'il n'y ait pas eu un 13km, sans quoi j'aurais opté sans hésiter pour ce format plus court. De toute façon, je m'étais dit que j'irais en mode tranquille, d'autant plus que l'épreuve clôturait un gros bloc volume avec des semaines oscillant entre 30 et 35 heures d'entraînement. Pour la fraîcheur, je repasserais, en témoigne mon dossard improvisé au Kilomètre Vertical de Manigod la semaine précédente, avec 3mn de plus que mes meilleurs passages (soit dit en passant, quel bonheur de pouvoir cracher ses poumons en toute simplicité, sans Pass sanitaire car moins de 50 personnes, un grand mérite à David et à Manigod pour avoir organisé l'épreuve, toujours aussi conviviale).

Alors voilà, j'en étais à "est-ce que, est-ce que pas", optant finalement pour le 23km. De toute façon, j'avais donné mon engagement moral, je ne pouvais plus y couper. Dans la foulée, je devais aller vadrouiller avec les petits, une itinérance de quatre jours quelque part en Haute-Savoie, le lieu restant à définir. Selon la météo, selon la fatigue, selon leur envie, et puis la mienne. D'un côté, j'ai préparé mon sac pour la course, de l'autre, le sac pour la vadrouille. Les culottes des petits dans l'un, short et caleçon dans l'autre, baskets de randonnée dans l'un, celles de course dans l'autre, Cr'oc and Go, Odevie et Fenioux en ravito dans l'un, réchaud, gaz et sac de couchage dans le second... Bref, fallait être bien lucide pour ne pas s'emmêler les pinceaux. Lorsque j'ai tout bouclé pour le départ, j'étais à peu près sûr de n'avoir rien oublié. J'ai quitté le domicile la veille au soir avec mon sac de course, relativement serein. J'ai fait le trajet avec Cédric qui, en plus de la casquette chocolatier et Cr'oc & Go, est fervent amateur de dossards et prenait le départ du 40km. Chemin faisant, nous avons papoté entraînement, compétition, récup, CCC (mon gros objectif de cette fin de mois d'août, raison pour laquelle j'ai enchaîné les heures ces dernières semaines), et au fil de la discussion, j'ai commencé à remettre en question le format de course, j'avais la tête embrouillée, comme quoi, trop parler n'arrange pas le fouillis perpétuel dans ma tête. 

Au moment de prendre mon dossard, à 20 heures le vendredi soir pour un départ le lendemain à 8h30, j'ai demandé si, à tout hasard, il était possible de basculer sur le 51km. On m'a répondu oui, j'ai dit ok. On m'a tendu le dossard, j'ai tendu le bras pour le récupérer. On m'a informé que le départ était à 6 heures, j'ai pensé à ma grasse matinée avortée, j'ai tenté un "euh, finalement, je sais pas si..." mais la personne avait tourné le dos, tirant la grille de fer au passage pour fermer boutique, et j'ai compris qu'il était trop tard pour faire marche arrière...




lundi 5 juillet 2021

5ème au 90km du Mont-Blanc

Qu'on soit d'accord, ce qui m'intéressait en prenant le départ de cette course, c'était d'être logé à Chamonix, d'avoir une chambre tranquille, sans femme ni enfants, de pouvoir me reposer, faire la grasse matinée. Les vacances avant l'heure. Oui, en me parlant de cette fameuse course, on m'avait vendu du rêve. Ce que j'ignorais, au moment de valider mon dossard cet hiver, c'est que le départ de la course serait à 4 heures du matin. Qui dit départ à 4h, dit lever à 2h30, qui dit lever à 2h30, dit petite nuit, à la fois par peur du réveil qui ne sonne pas et toute l'émulation de l'avant course. Donc autant vous dire que pour la soirée reposante, je pouvais toujours me brosser. Fatigué pour fatigué, je me suis demandé si je n'avais pas meilleur temps d'aller en boîte de nuit et enchaîner dans la foulée avec le dossard, mais la sagesse l'a emporté, j'ai fait les choses comme il le fallait, un plat de pâtes, un p'tit dodo et à 4 heures du matin, frais comme un gardon (enfin, question fraîcheur, j'ai quelques doutes quand même), j'étais sur la ligne du départ de cette nouvelle épopée. Bien sûr, vous me direz que l'époque des biberons en pleine nuit pour les enfants n'était pas si lointaine, mais à la grande différence de ma jeune paternité, je n'allais pas retrouver mon lit ensuite, mais un gros morceau de Trail sur les cailloux du Mont-Blanc.

Question forme, ça allait mieux que les dernières semaines. L'impression d'être sur une pente ascendante, sans toutefois être sur un pic de forme. Je vous passe les détails du départ -la nuit noire, le monde sur la ligne, l'excitation du départ, le cardio qui s'emballe et PAN! le coup de fusil qui résonne et tous les coureurs lancés- qui, vous en conviendrez, ne changent guère d'une course à l'autre, il est temps de se plonger dans le vif du sujet: LA COURSE.

Après une première heure et demie relativement tranquille sur les pentes du Brévent, nous voilà sur le point culminent du parcours (2500 mètres). Je suis dans le groupe de tête, entouré d'une douzaine de coureurs. En face, la vue sur le Mont-Blanc est spectaculaire, je prends le temps d'apprécier: connaissant mon penchant pour la descente qui se profile devant moi, vous comprendrez que je ne suis pas pressé de basculer. 

Pourtant, il a bien fallu y aller, et au premier ravitaillement, j'accusais déjà 2mn de retard sur le premier. Valentin, mon fidèle ravitailleur (qui est par ailleurs monté bivouaquer à la Flégère pour l'occasion) change mes gourdes, et me voilà reparti pour l'aventure. Je réussis à revenir sur le peloton de devant au niveau de la Tête aux Vents, découvre dans la descente de Vallorcine que certains coureurs sont capables de pisser en courant (si si, je vous assure, en descente en plus, comme quoi, chaque seconde est vitale, le tout, s'est de ne pas s'arroser au passage 😁, mais je ne m'y risquerais pas), et peu après le ravitaillement du Buet (km 30, 3h30 de course), je prends la tête de ce petit monde et je prends surtout un premier coup de moins bien. Je lâche quelques mètres dans la montée, plusieurs minutes dans la descente (4' pour être précis), je me dis que la course risque d'être longue, et c'est à ce moment là que je prends ma plus grande résolution: je fais MA course sans me soucier des autres. Une grande première pour moi. Bien que je perde systématiquement du temps dans les descentes, je remonte quelques places, je trotte quand je peux, comme je peux, et à ce jeu, je finis par rentrer dans le top 5 en fin de course. 

Le passage entre Montenvers et Plan de l'Aiguille est juste magique, arrosé de nombreux cours d'eau. Bien que les guibolles soient dures comme deux bouts de bois, dans un trail, on peut encore s'émerveiller du panorama, même si je ne rêvais que d'une chose à ce moment: en terminer le plus rapidement possible. Fait incroyable, je parviens à doubler un coureur dans la dernière descente (comme quoi, tout arrive. Mais je ne vais pas me pavaner, je crois qu'il était juste plus rôti que moi).

Une belle 5ème place qui me satisfait pleinement, j'étais un peu juste pour jouer le podium, mais j'ai encore beaucoup appris et même si j'ai perdu trois ongles d'orteils au passage, j'ai hâte d'être sur la prochaine. D'autant plus qu'avec ce top 5, j'ai gagné un super lot qui me motive pour continuer sur ma lancée: une... gourde. Décidément, je ne choisi pas les bons sports pour devenir riche 😂

Et côté récup, le lendemain, c'était préparation des saucisses frites pour l'APE du village. Bon, j'avoue, j'ai pas tenu jusqu'à 4 heures du matin comme certains.

Encore un grand merci à Valentin et Corentin, mes ravitailleurs de choc!


Photo de Robin Schmitt, mais faut pas se fier à mon sourire, je galère!



lundi 7 juin 2021

manque d'E(ne)rgy au Trail du Ventoux

Il y a deux mois, ma fille a fait un joli portrait de son papa. Nez, yeux, bouche, oreilles, rien ne manquait. Elle m'avait fait également un joli sourire.
Sur le coup, je n'ai pas bien compris pourquoi elle avait mis deux traits au feutre noir de chaque côté de la tête.
-Bah, parce que tu n'as pas de cheveux en haut! s'est-elle alors exclamée.
Merci ma fille, merci de me rappeler ma calvitie.

Ce week-end avait lieu l'Ergy Trail du Ventoux. Vous connaissez forcément le Ventoux, surnommé également le Mont Chauve par les habitants du coin. J'y ai vu comme une coïncidence, me disant que lui et moi serions peut-être faits pour nous entendre.
Depuis deux semaines et mon dernier trail, ce n'était pas la grande forme, mais le gros du coup de fatigue semblait être passé et je me suis dit que ce Mont Chauve serait peut-être un signe, lui qui l'est déjà (chauve) et moi en passe de l'être, sans compter le fait qu'entre Chauve et Chauvet, une seule lettre nous sépare. Un double signe, donc.

Le réveil a sonné à quatre heures trente du matin, j'ai mis tout mon bardas dans la voiture et hormis quelques chevreuils et lapins, je n'ai pas croisé grand monde sur les routes. Je logeais à une petite heure, promettant aux enfants de leur faire un coucou lorsque je serais au sommet de la montagne.

A six heures trente, la course élite s'élançait. Je suis resté en fin de peloton. Incertain sur mon état de forme, je me suis dit qu'il valait mieux jouer la prudence et en garder sous le pied pour la deuxième partie de la course, celle qui me donnait déjà des sueurs froides avant même de l'affronter: la descente! Pour moi, c'était évident, si je ne grillais pas mes cartouches à la montée, la descente serait une partie de rigolade.

Au passage au sommet, le podium n'était pas loin, j'avais également un bon lièvre dans la descente, et aux trois quart de la course, je me disais que l'affaire allait être pliée correctement.
La mécanique s'est alors déréglée, et la fin n'a pas été un long fleuve tranquille. Misant sur mon passif de fondeur, j'ai tenté la position de recherche de vitesse. Pieds parallèles, tête et fesses relevées pour une position aérodynamique, mais je n'avançais pas d'un caramel. J'ai essayé la godille, là non plus, ce n'était pas concluant. Frotter un bout de plastique sur mes semelles de chaussures, mais question fartage, j'avais connu mieux. 
J'ai vécu un grand moment de solitude sur les quinze derniers kilomètres, prenant exactement 12 minutes par la tête de course ainsi que par le coureur avec qui j'étais en début de descente, qui s'en est allé tranquillement vers la 4ème place.

Au final, je termine 10ème, je n'ose même pas imaginer combien de minutes je perds dans l'ensemble des descentes. Une chose est sûre, c'est qu'entre le Mont Chauve et moi, malgré une seule lettre de différence, un monde nous sépare.

J'ai bien essayé de prendre le téléski pour aller plus vite,
mais il me manquait la neige...


mercredi 26 mai 2021

Premier dossard de l'année

Enfin ! 
Depuis le temps que je l'attendais, ce premier dossard. Sept mois. Une éternité. Inscrit à la dernière minute par l'organisation du Torgon Trail (grand merci au passage, toutes mes félicitations pour cette organisation au top malgré les conditions extrêmes), je suis allé me dérouiller les cuisses du côté de nos amis Suisses (en espérant ne pas prendre une trop grosse dérouillée au passage).
30km, 1900 mètres de D+, avec un point culminant à 2000 mètres, lorsque j'ai pris la voiture de bon matin, je me suis dit que ça allait être un peu folklo, avec le froid et les précipitations du moment. La limite pluie/neige était bien basse, et après vingt minutes de courses, nous avions déjà les pieds dans la neige.
A mi course, nous étions trois en tête, mais cette première moitié au profil montant était plutôt à mon avantage. C'était faire abstraction de mon pécher mignon : la descente. Dès les premières portions, j'ai commencé à perdre du terrain. A deux heures de course, j'étais troisième et j'accusais trois minutes de retard sur la tête. Trois belles gamelles et quarante minutes de descente plus tard, boueux de la tête au pied (j'ai même perdu un masque attaché à mon poignet, à quatre pattes dans la boue, pieds et bras enfoncés jusqu'aux genoux et coudes ), j'ai franchi la ligne d'arrivée en 6ème position, j'avais pris 5 minutes de plus par les premiers.
Je ne vais pas faire la fine bouche, pour une première sortie, ça reste correct, mais il va falloir lâcher un peu plus les chevaux dans la pente si je veux parvenir à jouer devant la prochaine fois.

Si vous voulez faire un saut à Torgon, c'est un coin super sympa juste de l'autre côté de la frontière, une petite station/village nichée à 1200 mètres d'altitude, un coin sauvage et verdoyant. Une découverte pour ma part, avec de beaux espaces de randonnée avec vues imprenables sur les Alpes.

Prochain dossard dans 2 semaines avec l'Ergy Trail du Ventoux, une course que je n'avais pas prévue dans mon programme. Je crois que j'ai envie de rattraper ce manque de dossards hivernaux par de belles courses dans la région...