mercredi 18 octobre 2017

La Chronique de François (bis)

La belle plume de François, ou l'art de savoir manier les mots:


Lundi 25 septembre, petit encart "L'homme" dans les pages Sports Haute-Savoie du Dauphiné Libéré:
un titre: "Benoît passe la quatrième"
une photo des leaders de la course
quelques lignes, qui nous apprennent que Benoît a gagné la veille sa ... 4ème Grimpée du Pays Rochois
Mardi 26 septembre, petit encart "La bête" dans les pages Sports Haute-Savoie du Dauphiné Libéré
un titre: "Benoît passe la quatrième"
Euh en plein mois d'octobre ce poisson d'avril manque singulièrement de fraîcheur et n'emballe personne, il mérite à peine d'être ... emballé dans du papier ...journal, comme un "fish and chips" d'arrière-port.
Il n'empêche, mardi 26 septembre, c'est bien notre quotidien préféré qui passe la deuxième, avec un article toujours dans les pages Sports Haute-Savoie:
un titre: "Benoît passe la quatrième" !
une photo, la même que la veille en plus grand !
un texte plus long, qui nous apprend qu'à la Grimpée du Pays Rochois, Benoît vole d'une victoire à l'autre dans un temps toujours plus court !
On savait que Benoît était un vrai coureur tout-terrain, alors il peut bien être équipé de deux boîtes de vitesses, une courte une longue sans doute, et avoir ainsi deux quatrièmes à passer !
Le Dauphiné Libéré ne croit d'ailleurs pas si bien écrire, car c'est en fait la quatrième victoire de Benoît ... en 4 prises de dossards d'affilée: du 100% ! Les 3 précédentes étaient: 
la Grimpée de la Sambuy le 27 août
les Foulées Maglanchardes le 10 septembre
la Montée Chedde les Ayeres le 17 septembre, où il succède à ... son frère : une histoire de gros poissons, bien loin d'un poisson d'avril cette fois. Du 100%, 100% Chauvet bien sûr !

A la Sambuy il avait été tout simplement impérial. Et forcément on craignait que la situation ...empire: car à Magland, il était de retour d'un stage avec son Team à Saint-François-de-Sales et on l'imaginait plombé par un volume d'heures d'entraînement indigeste, ainsi que par une suralimentation au turbot dans son ... beau jus, à la tome des Bauges, à la tomme de Savoie, à la polenta aux diots au vin blanc - un peu lourd, non ? -, au farçon savoyard, que sais-je encore, car le travail en extension des abdominaux semblait avoir été au menu de chaque repas ! Mais en "état de grasse", ou sublimé par le fol espoir de gagner son poids en délicieuse saucisse locale, il avait écrasé la concurrence : le deuxième à deux minutes, le troisième à trois minutes, le quatrième à quatre minutes...
Décidément, quand Benoît décide de débrancher le cerveau et de le mettre dans les chaussures, il monte comme s'il avait un servo-moteur dans les chaussures, et on a l'impression que les autres concurrents boitent à vitesse lente...


vendredi 13 octobre 2017

Cure des gravillons, merci messieurs des chaussées

A force d'emprunter les routes, je commence à en connaître les différents types de revêtements par coeur.
Du haut de mes skis roues à gomme dure, aux jantes pleines, je classe le bitume en plusieurs catégories selon les vibrations dans mes pieds, mes jambes, mon dos voire même jusque dans ma tête lorsqu'il est vraiment dans un état catastrophique.
Au sommet de l'échelle, il y a ce goudron impeccable, l'enrobé fraîchement posé, un parquet, comme je l'appelle souvent, et parmi tous les pratiquants de notre sport ingrat, je n'en connais pas un seul qui ne prenne pas son pied dessus.
Il y a celui qui a vieilli, avec quelques fissures, quelques trous par-ci par-là. On s'en contente.
Et puis, il y a les graviers...
Comme vous le savez, je ne suis qu'un simple sportif, et je ne pige pas tout dans les différentes stratégies. Chaque année, certaines routes du coin sont remises en état. Enfin, quand je dis "remises en état", c'est un bien grand mot. On leur met un peu d'enduit, plusieurs mètres cubes de gravillons, pendant des semaines, c'est patinoire pour n'importe quel véhicule, on attend que la pluie et les passages balaient les gravillons sur les côtés, et deux mois plus tard, la route est à peu près dans le même état qu'avant travaux. Entre temps, je ne compte pas les sorties de route des voitures, les glissages des cyclistes et autres engins à roulettes.
Quand on me dit qu'il faut compter 7€ pour le mètre carré de rafistolage, alors qu'un bon goudron coûte 30€ (mais on est tranquille pendant 10ans), je me dis que c'est une question de budget, qu'il est difficile de se projeter sur plusieurs années, et que quand on a un budget, il faut l'utiliser. Mais bon, passons. 
Parfois, nos petites voiries de province ont la chance d'être remises à neuf (si si, ça arrive quand même), avec ce fameux "parquet" dont tout le monde rêve.
C'est arrivé pas loin de chez moi. Sauf que deux semaines plus tard, je vois des gars arriver avec leur gros camion, passer une couche de colle, mettre une bonne dose de gravillons par dessus. Et la route est encore plus pourrie qu'elle ne l'était auparavant.
Alors oui, je ne suis qu'un pauvre et simple sportif, je ne comprends pas tout, soit, mais je ne demande qu'une chose: qu'on m'explique !!!
Alors s'il vous plaît, messieurs des chaussées, ayez pitié de moi, éclairez un peu ma lanterne.


Finalement, c'est peut-être l'occasion de créer une nouvelle discipline, le ski sur graviers



lundi 9 octobre 2017

Glamour, le ski-tunnel...

Comme chaque automne depuis maintenant plusieurs années, je suis allé chausser les skis dans le ski-tunnel d'Oberhof, avec les collègues du Team.
J'avais bien entendu pris toute ma panoplie de crème solaire. Entre l'automne pluvieux dans ce genre d'endroit et les longues scéances de ski à tourner comme un lapin, pensez bien que niveau vitamine D, ça a été phénoménal. Au total, zéro heure de soleil dans la semaine. Et ce ne sont pas les néons du tunnel qui m'auront fait bronzer.

Je l'ai probablement déjà dit dans un précédent article, sachant que l'aller-retour dans le tunnel fait un peu moins de sept minutes (on peut donc compter deux tours pour l'aller-retour), que les séances du matin font plus de trois heures, et qu'en prime, on se permet de faire une ou deux séances l'aprèm (pour éviter la pluie dehors), je vous laisse imaginer le nombre de tours dans la galerie. Oui, ça donne le vertige.

Pourtant, quand on arrive, c'est magique. Le fait de pouvoir chausser les skis, le froid, la neige, l'ambiance hivernale, tout ça, quoi. Sauf qu'au bout d'une demi-heure, on commence à connaître le chemin par coeur, puis on se met à regarder sa montre à chaque tour, en sachant pertinemment qu'à chaque passage par la case départ, le temps n'est pas passé plus vite, qu'on en reprend pour un tour et qu'on ne touche pas 20 000 euros comme au monopoly. 
Alors on se concentre, on réfléchit, on pense à autre chose. On se dit que comme beaucoup, on a le nez qui coule, on regarde les autres cracher dans la neige, se pincer le nez et se moucher, comme tout le monde le fait dans l'effort, on calcule le nombre de zigotos présents dans l'immense frigo, ouvert 365 jours par an, on imagine le nombre de crachats qu'il a pu y avoir sur cette belle neige plus très blanche, et ensuite, lorsqu'on fait des intensités en groupe, qu'on se retrouve derrière les autres sportifs, que la neige gicle dans tous les sens et que forcément, on en prend plein la tête, plein la bouche aussi, on évite alors tout simplement de trop réfléchir à ce qu'on avale. Et on croise les doigts pour que nos anticorps soient au top de leur forme.

Je sais, je vous comprends, vous aussi, ça vous fait rêver.

Encore que...




jeudi 5 octobre 2017

La Verticale du Grand Serre

Dimanche, j'ai enfilé mon (avant? avant avant?) dernier dossard de l'été, à la Verticale du Grand Serre. Bénéficiant d'une invitation (merci aux organisateurs), j'ai voulu aller voir à quoi ressemblait le fameux kilomètre vertical le plus raide au monde.
Le gros avantage, c'est qu'il y avait du brouillard juste au-dessus du départ, sinon, je pense qu'il y en a pas mal qui auraient pris peur. Et puis, dans l'effort, on oublie aussi (un peu) la douleur, la pente et tout le reste.  Parce qu'il y a la vue au sommet, qui est à couper le souffle. Ah moins que ce ne soit l'effort qui fasse perdre un poumon ou deux (pour le souffle, je précise). Enfin bref, ce n'est qu'au moment de descendre qu'il y a cette petite voix dans la tête qui nous dit "je ne suis quand même pas monté là-dedans?!". Ce Kilomètre vertical, il fait 1km8, avec des pentes à près de 70%. En gros, quand vous levez les jambes pour monter, vous prenez des coups de genoux dans le nez.
Pour ce qui est du résultat, j'en ai un peu bavé (Eh oui, il n'y a que dans mes rêves que je gagne à tous les coups), je termine à la 7ème place, mais je me dis qu'en prenant des baskets plus grandes l'année prochaine, je ferai moins de pas, je me fatiguerai donc moins et j'arriverai plus vite là-haut.
Ou l'autre solution, perdre trois-quatre kilos superflus, ça marche aussi, mais pour quelqu'un qui aime bien manger comme tout bon fondeur qui se respecte, (Cf mon compte rendu sur l'alimentation du sportif fondeur ICI), c'est mission impossible.
Ah, et puis je me demandais si je n'allais pas créer à mon tour un Kilomètre vertical. J'ai trouvé un bon terrain de jeu...


jeudi 28 septembre 2017

Tour des Dents Blanches, Dents du Midi, Mont Ruan et Buet

Comme à peu près chaque année, j'ai embarqué Isa dans une magnifique galère randonnée, cette fois-ci dans nos jolies contrées alpines.

Sacs-à-dos pleins à craquer, tente, sacs de couchage, popote, le plaisir de la rando en mode bivouac. Comme à notre bonne habitude, nous sommes partis un peu tardivement, le soleil avait déjà franchi son zénith, la montre affichait 12h30, et nous avions prévu quatre étapes, ne sachant pas exactement quel serait le dénivelé ni la distance, sachant qu'il nous manquait une portion de carte côté Suisse.

Montée depuis Samoens
La voiture garée peu après Samoëns, le départ était donné. Sept heures plus tard, le col de Bossetan dans la poche, et surtout le Pas de la Bide avec son passage très étroit (obligé pour ma part d'enlever le sac pour réussir à passer dans la faille) nous étions à galérer du côté Suisse pour essayer de trouver un endroit plat où planter la tente. Plat, mais surtout un peu à l'abri des regards. C'est bon, je vous vois venir, quand je dis « à l'abri des regards », ce n'est pas pour le dodo crapuleux, mais parce que les suisses n'aiment pas trop qu'on bivouaque chez eux.

Le Pas de la Bide

Bivouac du 1er jour
Mont Ruan
Vue depuis le col d'Emaney, la Chaîne du Mont Blanc en arrière plan


Le lendemain, notre chemin nous menait, via le pas de l'Encel, au col de Susanfe à près de 2500mètres d'altitude, avec des superbes vues sur les Dents du Midi à notre gauche et sur les glaciers et Mont Ruan à notre droite. Une longue descente jusqu'au lac de Salanfe avec pause casse-croûte, nous avons ensuite gravi les deux cols d'Emaney et de Barberine, avant de redescendre sur le barrage d'Emosson, dans toute cette partie sans carte. Heureusement, les nombreux panneaux nous ont permis de ne pas perdre notre route. Peu avant le lac d'Emosson, nous avons trouvé le terrain propice à accueillir notre nuit.

bivouac au-dessus d'Emosson

Le lac d'Emosson
Notre troisième jour de route, nous l'avons attaqué par une longue traversée de Tunnel. Près de 10mn dans une grande obscurité, à ne pas voir où on mettait les pieds, en croisant les doigts pour que la route n'ait pas de nid de poule.
Puis la longue descente jusqu'à Vallorcine, trouvant dans le village une supérette pour acheter un peu de pain frais et du chocolat, et reprendre des forces avant de longer le Vallon de Bérard pour basculer au niveau du Col de Salenton, soit environ 1300 mètres de dénivelé pour notre seul col de la journée. Le Buet trônait à moins de deux heures de marche, mais nous n'avions pas le temps nécessaire pour gravir le « Mont Blanc des Dames ». Nous avons ensuite pris une variante au-dessus du GR, et trouvé un petit coin de paradis pour planter notre tente, au-dessous de la Tête de Moëde, à moins d'un kilomètre du col d'Anterne.

Vue depuis Salenton, La Chaîne des Fiz au loin

Petite surprise du soir

Bivouac face au Mont Blanc

Passé le col, la dernière matinée de marche a été en profil descendant, avec quasiment 2000 mètres de négatif, pour redescendre jusqu'à Samoëns. Isa empruntant le GR 5, et moi une variante empruntant le Petit Col d'Anterne, itinéraire empruntant un chemin carrossable sur la fin et donc beaucoup moins sympa sur les derniers kilomètres.

Lac d'Anterne avec Les Fiz derrière

Le Buet depuis le Petit Col d'Anterne

Descente sur Samoens

Et tout, une randonnée d'environ 6000 mètres de dénivelé positif, 80 à 90 km, autonomie complète (sauf ravitaillement en eau et achat de pain à Vallorcine, histoire de manger frais le dernier matin), des décors splendides et surtout, très peu de monde croisé pour cette randonnée bien plus méconnue que le Tour du Mont Blanc, mais tout aussi jolie. 



On a bien rigolé en voyant ce panneau, ils ont de l'humour, nos voisins suisses:
"Moutons hyper forts en self-défense, pour la sécurité de votre chien, tenez-le en laisse"










lundi 25 septembre 2017

4ème victoire à la Grimpée du Pays Rochois

A force, certains vont finir par croire que c'est une habitude, que la course fut facile, que c'était gagné d'avance. Que nenni.
Dès que le dossard est accroché sur le T-shirt, c'est qu'on est là pour transpirer, pour faire fûmer le cardio et le goudron, pour avoir mal aux pattes.
Pour en baver, quoi!
D'autant qu'il y avait toujours au départ Yanis Lecompte et Jean-Christophe Dupont, et qu'à trois, nous formions le podium de la grimpée des trois précédentes éditions. Dans l'ordre ou le désordre. 
C'est à peu près à mi-course que j'ai pu fausser compagnie à un Yanis accrocheur, Jean-Christophe, blessé sur le début de saison, étant parti à son rythme. 
J'avais en tête la barre des 49 minutes, et malgré un petit coup de moins bien sur la dernière portion du parcours, je réussis à la franchir pour... deux petites secondes. 48mn58, soit plus de trente secondes de mieux que mon précédent record d'il y a deux ans.
C'est bizarre parfois, le sport, on va plus vite en vieillissant. L'âge d'or de la trentaine ? Si c'est le cas, il me reste encore quelques années pour être au top alors, c'est le moment de se fixer des objetcifs: passer sous la barre de 48mn l'année prochaine!


lundi 18 septembre 2017

Les mystères du corps, et victoire à Chedde les Ayères

Il y a une semaine, je terminais ma course avec une grosse contracture au mollet. A tel point que le soir, j'étais incapable de marcher normalement.
J'ai donc badigeonné la bête d'argile, pris un jour de repos, recommencé gentiment l'entraînement le mardi. Mercredi, ça allait mieux. Etant donné que j'avais prévu une grosse sortie à pied le jeudi avec un ami, j'ai testé les baskets, ça tirait un peu, j'ai mis du baume du tigre et le jeudi matin, hop, sortie longue.
Au départ, il faisait 18 degrés, on avait prévu 8 heures de course à pied, au bout d'une heure, il tombait des seaux d'eau, mais la motivation était là. Au bout de deux heures, la température a chuté, la bise s'est levée, on s'est dit qu'on serait peut-être mieux en fond de vallée. Au bout de trois, les dents claquaient, on a évoqué la possibilité de raccourcir notre sortie d'une heure.
Au bout de quatre, on a vu les sommets blanchis par la neige, il faisait 2 degrés, et une nouvelle heure de moins ne serait pas de trop.
Au bout de cinq, le mollet a commencé à tirer, mais j'ai réussi à rentrer, tant bien que mal. Au bout de six heures. Trempé jusqu'aux os, grelottant, complètement claqué.
J'ai poursuivi l'entraînement en ski roue le reste de la semaine, les quadriceps eux-aussi bien endoloris par la sortie. Mais pas de nez qui coule, pas de mal de tête, pas la moindre crève à l'horizon.
Dimanche, j'enfilais le dossard sur Chedde Les Ayères, course de montagne au-dessus de Passy.
Et là, rien, pas une douleur, pas le moindre tiraillement, rien, nada, que tchi, que dalle.
Même que j'avais bien la frite aussi.
Même que j'ai gagné.

Le corps, c'est quelque chose de fabuleux. 
Il ne faut pas chercher à comprendre, il n'y a rien de logique.
Un peu comme les femmes, quoi !
(Oui, je sais, elle était facile, celle-là, des fois, je suis vraiment pas drôle).

Allez, à bientôt pour de nouvelles aventures.