mercredi 26 décembre 2012

Père... Noël ?!


Depuis quelques semaines, la rumeur enflait. Au départ, les racontars sont sortis de la bouche des enfants. Quelques paroles banales échangées dans les cours de récré. Les mômes en rigolaient, rapprochant l’histoire à celle du petit chaperon rouge. « Loup y’es-tu, m’entends-tu, que fais-tu ?... ». Le gamin avait surpris une conversation. Il avait tendu l’oreille, mais savait que les mômes aimaient les histoires, qu’on y parle de Boucle d’Or ou de l’Ogre. Parce que les mômes aimaient qu’elles soient belles ou qu’elles fassent peur.
D’ordinaire, les racontars, le gamin n’y prêtait guère attention. Et puis un jour, en allant chercher le courrier, un feuillet malicieusement placé entre deux factures a attiré son regard. C’est à ce moment-là qu’il a senti une boule se nicher dans son ventre. Elle a grandi au fil des jours. Il en dormait mal la nuit, le sommeil agité par de nombreux cauchemars. Le corps trempé de sueur, grelottant, le gamin restait parfois de nombreuses heures éveillé à repasser en boucle ces nombreuses images inquiétantes. Il a commencé à perdre l’appétit. Autour de lui, les gens le trouvaient terne, effacé.  A de nombreuses reprises, on lui a demandé ce qui n’allait pas. Mais impossible de se confier, sachant que toutes les personnes autour de lui, ses amis, sa famille prenaient la rumeur avec légèreté. Il avait l’impression d’être seul au monde. C’est comme si le monde entier se fichait éperdument d’un fait aussi sérieux. Depuis une semaine, il n’est pas sorti de chez lui. Il a blindé sa porte, calfeutré ses fenêtres, il s’est barricadé dans sa maison. Il a dévalisé un supermarché pour constituer une bonne réserve de provisions. Il a piqué la carabine de son grand-père.
Depuis ce matin, 24 décembre, il est installé sur son fauteuil, tremblant, agrippé à sa carabine. En face de la cheminée. Il paraît qu’il va arriver par là. Oui, la nuit du 24 décembre, il paraît qu’un vagabond va rentrer dans les maisons. Pourtant, le conduit de cheminée, il n’est pas très grand. On pourrait à peine y faire passer un ballon de foot. Sauf que tout le monde raconte que l’intrus, même s’il est gros, a plus d’un tour dans son sac.
Le gamin réajuste son plaid sur les genoux, serre le canon de l’arme contre lui. Les jointures de ses doigts blanchissent, ses jambes tremblent un peu. Le regard fixé sur les braises, la bouche pincée, il se dit qu’il ne le laissera pas filer. Et que s’il croise son chemin, le sale gars va passer un sale quart d’heure…

mardi 18 décembre 2012

le chiffre 4


Le chiffre 4, je me demande s’il a une symbolique particulière ? Quatre, c’est deux plus deux. Un nombre paire, simple au premier abord. Pas difficile à retenir, vu qu’il est en tête de liste dans l’apprentissage des nombres, mais qui manque peut-être un peu d’arrondi. Oui, tiens, faudrait peut-être penser à lui arrondir les angles, entre le 3 et le 5, il fait un peu tâche. Un peu dur aussi dans les diphtongues. Quatre, il râpe la gorge, quand on le prononce. Oui, essayez de le prononcer. Vous verrez, les autres sont plus doux sur la langue.
Et en général, quatre, on dit que c’est la place du c..
La boîte (comprenez le podium), elle était encore juste devant. A quelques poussées de spatules. Une seconde. Et le haut de la boîte, à deux secondes. Mais comme je suis homme de proverbe, et que je l’avais déjà trustée deux fois ce début de saison, vu que jamais deux sans trois, je ne voulais en aucun cas faire mentir notre bonne vieille littérature française. C’est ça, c’est tout moi, je suis un gars honnête, et vu que j’essaie de me faire passer de temps en temps pour un homme de lettres, je ne pouvais pas passez à côté.
Et puis, il y avait aussi la gourmandise. J’ai toujours été friand de sucreries, de bonbons. Déjà, dans ma jeunesse, je dévalisais la boulangerie du coin avec des vieilles pièces de 10 Francs cachées par mes parents dans un tube de comprimés vitamine C. Je passe la déculottée quand mes parents ont découvert le tube vide. Bref, la place de 4, on dit aussi que c’est celle de la médaille en chocolat. Eh bien détrompez-vous, faut pas croire les racontars. Rien. Que nenni. Même pas en rêve. La médaille en chocolat, je n’en ai pas vu la couleur.
J’ai donc fait 4. Pour rien. Ah oui, ce que j’oublie de préciser, c’est que le vainqueur, il a tout gagné, championnats du Monde et Jeux Olympiques. Que le deuxième, il est Champion du Monde en titre. Et que le troisième, il a déjà gagné une Coupe du Monde.
Et moi, dans tout ça, j’ai fini 4ème.

samedi 8 décembre 2012

Un week-end de course

Hier, je m'en suis allé en Suisse.
J'ai abandonné ma belle au chalet dormant. 
J'ai bravé les routes enneigées de la Yaute.
J'ai conduit par moins dix dans une voiture qui n'avait pas le chauffage.
J'ai croisé le yéti, au col des Montets (enfin, cette bosse blanche, j'imagine que c'était lui, enseveli sous quatre mètres de neige).
Je suis arrivé dans ce pays où les gens ont un accent bizarre, parlent au ralenti, et disent septante, huitante et nonante.
Non content de parler au ralenti, ils conduisent aussi au ralenti, alors j'ai mis deux fois plus de temps pour arriver à destination (à moins que ce ne soit à cause de cette neige qui n'a pas cessé de tomber).
Et enfin, j'ai chu dans une demeure pour les jeunes, qualifiée "d'auberge de jeunesse", alors qu'on ne cesse de me rappeler que je suis un vétéran.
Et tout ça pour quoi ? Pour une course de ski de fond. Encore une.
Il y a quelque chose qui ne va pas, dans cette histoire. 
Oui, ça doit être moi.

PS: Et j'ai couru ce matin. Et parce que le vieux est parti trop vite, il a calé par la suite. (ça, c'était pour la rime. Mais pendant un tour, j'ai quand même cru au podium!)


jeudi 29 novembre 2012

Une course à skis

Aujourd'hui, il y avait une course de ski de fond.
De quoi ?!
De ski. Vous savez, le ski, c'est deux planches que vous mettez aux pieds, qui vous permettent de glisser sur la neige. Et la neige, c'est ce machin blanc qui tombe du ciel et qui vous transforme les doigts en bouts de bois lorsque vous la prenez entre les mains.
Si je vous parle de ski, vous allez forcément imaginer les grandes stations, l'attente confortable dans les remontées mécaniques, le chocolat chaud à la mi journée, bref, un moment paisible et pas très fatigant. Oubliez tout ça, moi, je vous parle de ski de fond, de montées, de descentes, du coeur qui dépasse les 180 pulsations à la minute, de la bave qui coule sur le menton, des jambes dures comme du béton au sommet des bosses. Oui, je vous parle de sport.
Aujourd'hui, il y avait donc une course de ski de fond. La course, au départ, elle devait avoir lieu dans le Jura. Mais, faute de neige, elle est dû être déplacée dans une station lointaine des Hautes Alpes. En France, le ski de fond n'étant pas forcément un sport qui déplace les foules et les médias (contrairement à la Norvège), je vous laisse imaginer les spectateurs présents pour nous encourager le long de cette piste de repli. Imaginez un match de foot avec des joueurs en grève : pas grand monde dans les tribunes. Mais je divague, bien entendu. On n'a jamais vu des joueurs de foot en grève.
Alors voilà, aujourd'hui, j'ai enfilé un dossard, histoire de voir si, malgré mon âge certain (cette année, j'ai l'heureuse surprise de voir "master", synonyme de "vétéran", assimilable tout simplement à "vieux" à côté de ma catégorie d'âge) j'arrivais encore à titiller les petits jeunes.
Je termine 4ème. Derrière trois gamins. 4ème, c'est pas trop mal, mais heureusement que j'avais mes deux cannes pour m'aider à garder l'équilibre, sinon, je sais pas comment j'aurais terminé la course.
A quatre pattes, probablement.

vendredi 16 novembre 2012

Moment de poésie


Dans ses pas incertains,
Il reconnut la mesure,
Irrégulière, Heurtée,
Esquissée dans un soupir vieillissant.
La plainte semblait noyée
Par le passage des saisons,
Par des silences fourmillants,
Trop nombreux pour être effacés.

Elle était là,
Face à lui.
Elle se tenait droite,
Tremblante,
Innocente.
Et face aux querelles du temps,
Enfouie sous un conditionnel aux grincements latents,
Elle laissa un choix mûrir,
Jusqu’à le laisser s’évader.
Négligeant les remords,
Parce qu’il fallait voir au présent,
Parce qu’il fallait conjuguer l’avenir,
Parce qu’il fallait recommencer à rêver.

Pour atténuer ses tremblements,
Il prit la main dans la sienne,
Délicatement,
Silencieusement.

Les doutes s’estompèrent,
Et aux incertitudes des années,
D’une vie aux mille regrets,
Rien ne saura lui enlever
Le courage d’avoir osé.


samedi 3 novembre 2012

L'analyse Freudienne (Pause philosophie, 2ème édition)

Hier, j'ai fait un rêve étrange. J'allais faire mes courses au supermarché, et j'ai senti quelque chose bouger dans ma bouche. Une molaire se déchaussait, je pouvais la faire bouger avec ma langue. L'impression était assez désagréable, d'autant plus que, sur le moment, rien ne laissait penser que j'étais en train de rêver, et au réveil, ce fut un soulagement de constater que toutes mes dents étaient solidement fixées. Ce n'est pas la première fois que je fais ce genre de rêves.J'imagine que c'était dû à la peur de vieillir.
-T'es complètement à côté de la plaque, m'a fait l'une de mes frangines. 
-Ah bon? Tu t'y connais en rêves, toi ?
-Tiens, regarde là-dedans, m'a-t-elle fait en me tendant un petit bouquin.
J'ai regardé l'ouvrage, un exemplaire sur l'analyse Freudienne des songes.
J'ai rougi en regardant le bouquin. En fait, l'ami Freud faisait une analyse érotique sur chacun de nos rêves.
Et en gros, dans mon cas, le rêve renvoyait à ma période pubère, et à un certain appétit de... euh... comment dire... enfin bref, vous comprenez très bien.

J'ai alors repensé à toutes ces dents de lait que j'avais perdues dans mon enfance, et que j'avais confiées innocemment à la petite souris.
J'ai refermé l'ouvrage, dubitatif, et je me suis dit que Freud avait pas mal de trucs à revoir si jamais il décidait de refaire un bouquin...


L'est nul, ce Freud, quand même...



PS: Vu le succès de ma première pause philo, qui est bien entendu dans les archives, j'ai décidé que dorénavant, il y aurait des éditions régulières pour rendre hommage au maître (Van Damme).

lundi 29 octobre 2012

Une dédicace? Ah bon?

Samedi dernier, on m'a proposé d'aller faire une dédicace. Il paraît que c'est le genre de choses que font les artistes célèbres.
Avant d'accepter, je suis me suis tout d'abord renseigné sur ce qu'était réellement une dédicace (cf message précédent sur l'étymologie de la dédicace, ou à lire ICI). J'ai pesé le pour et le contre. Il y avait beaucoup de contre : je ne me considérais pas vraiment comme artiste, et concernant la célébrité, on repassera. Ensuite, j'allais devoir rester assis deux ou trois heures (pour un sportif, il faut admettre que ce n'est pas évident, et enfin ce samedi coïncidait avec mon seul jour de repos depuis des lustres. Personnellement, ces jours de repos, je les utilisais pour faire le ménage. Et sachant que mon dernier remontait à octobre 2011, ben... je me suis dit que finalement, accepter cette dédicace serait une belle idée. J'ai donc remis mon balai et mon attrape poussière à l'année prochaine et m'en suis allé gaiement à cette dédicace.
Ma nuit avait été douce et rêveuse, avec toujours cette même image, celle d'une foule inattendue attendant impatiemment ma petite griffe sur l'une des pages du livre.

Sur le trajet, J'ai eu un doute. Je me suis demandé si la journée était réellement bien choisie: il pleuvait des cordes, le brouillard s'était levé, et la température avait chuté de 20° par rapport à la veille.
Mais j'avais pris ma décision, et plus possible de faire marche arrière. Je suis arrivé sur les lieux, je me suis installé, j'ai sorti mes bouquins, mes stylos, et habillé de mon plus beau costume (enfin, le seul que j'avais dans mes étagères), j'étais prêt.

 Oui, j'étais prêt. Mais j'ai attendu. Longtemps. Trèèèèèèssssss longtemps...



Presque trop longtemps...

A la fermeture du magasin, une main est venue tapoter mon épaule. C'était le personnel d'entretien.
-M'sieur, faudrait peut-être penser à partir, on va fermer... m'a dit le gars.
-Ah???
Je me suis étiré, j'ai regardé autour de moi. Tout était vide. Alors j'ai baillé, j'ai remballé mes affaires et je suis reparti. 
En arrivant chez moi, je me suis regardé dans la glace. J'avais encore la trace de ma main contre ma joue.
Finalement, la journée n'avait pas été perdue. J'avais fichtrement bien dormi, et je m'étais fait... une auto-dédicace!


vendredi 26 octobre 2012

On m'aurait menti ?...

Ce matin (ndlr: comprenez hier, ou la semaine dernière, ou encore le mois dernier. Dans la grotte où j'habite, perdue dans la montagne, les médias mettent toujours du temps à arriver), en ouvrant le journal j'ai été frappé par le scandale du jour:
Le grand cycliste, Lance Armstrong, aurait recouru à des substances illicites durant ses années de compétition. Je suis tombé des nues. Le grand Lance, multiple vainqueur du Tour de France...
En épluchant toutes les pages du journal, j'ai alors découvert -oh, stupeur-, que le cyclisme n'était malheureusement pas le seul sport touché par certains scandales médiatiques, tous liés à des résultats incroyables...



Un terme revenait sans cesse appuyer chacune de ces affaires : le DOPAGE!
Mais le plus incroyable, dans tout ça, c'est que ces pauvres malheureux (enfin, pas vraiment pauvres, sur leur compte en banque il y avait des tas de chiffres) n'étaient pour rien dans ce qu'il leur arrivait. Oui, à croire que la justice choisissait ces boucs émissaires sans raison aucune.



Donc, je voulais pousser mon petit coup de gueule, Monsieur le président de la justice. Les sportifs sont totalement innocents. Ce n'est tout de même pas de leur faute si ces hommes, fatigués par leur labeur du jour, ont faim et mangent l'équivalent de 5 ou 6 boeufs (3000kg de viande) en un repas.
Ce n'est pas non plus de leur faute si leurs grand-mères laissent traîner tous les médicaments dans la maison, qu'ils tombent dessus et les mangent par mégarde en croyant trouver un bonbon.
Et ce n'est pas non plus de leur faute si le moustique qui les pique a, sur la trompe, les restes d'un précédent petit déjeuner plutôt douteux.
Alors s'il vous plaît, soyez indulgent, Monsieur le président de la justice. Et sachez que tous ces sportifs, qui sont avant tout des êtres humains, ne disent que la vérité et rien que la vérité.
Vous avez déjà vu quelqu'un mentir, vous ?
Merci pour votre indulgence et votre compréhension.

mardi 23 octobre 2012

Dédicace Librairie Chapitre Annemasse

Petit cours de français:
Dédicace: Du latin Dédicassus. Etudions plus attentivement l’étymologie de ce nom. On peut le décomposer en trois parties :
-préfixe "Dé", singulier de dés, objet cubique à six faces, où chacune des faces est gravée d'un ou plusieurs points, représentant les nombres de 1 à 6.
-Radical "Di" qui vient du verbe dire normalement conjugué à la troisième personne du singulier, au présent de l'indicatif "Dit".
-Suffixe: "Cace", On pourrait penser que "Cace" n'est autre qu'une mauvaise écriture du verbe casser, toujours conjugué à la troisième personne du présent de l'indicatif "Casse". Ce n'est pas le cas. Initialement, nos ancêtres avaient choisi comme écriture "case", de diction [KaZ], mais le passage du temps et la mauvaise orthographe des jeunes générations ont altéré le mot. Mais si l'on se penche bien sur le sens de "case", on trouvera dans un dictionnaire:
Case (sens 1): habitation des pays du Sud; Case (sens 2) compartiment (ex: case d'un échiquier).

Ainsi, le mot dédicace est un mot hasardeux (le jeu de dés étant un jeu de hasard), dépendant d'une personne (la 3ème du singulier) hasardeuse (présente parfois à l'insu de son plein gré), qui, franchissant le seuil d'une case (comprenez ici librairie), fait emploi du verbe dire.

En gros, pour dire:
"Une p'tite dédicace, s'vous plaît M'sieur..."

Tout ça pour dire que je suis en dédicace à la librairie Chapitre à Annemasse, ce samedi à partir de 14h avec tous mes bouquins. Et vu que j'ai un sacré stock à écouler, je ne peux que vous dire:
Venez nombreux!!!





mercredi 17 octobre 2012

Une course, vous avez dit une course ??? (La Persjussienne)

-Vous avez fini combien ? me demande le journaliste.
-Euh... previème.
Je baragouine un truc incompréhensible espérant qu'il comprenne premier, deuxième, voire encore troisième.

Là, cette fois-ci, j'aurais bien voulu dire qu'effectivement, il y avait un tracteur sur la route. Qu'à cause de lui, je suis arrivé en retard, que j'ai même loupé le départ.
J'aurais voulu dire aussi que mon réveil n'a pas sonné. Que ces désagréments de l'électronique moderne m'ont mis dans le jus, que du coup, j'ai pris mon repas à la dernière minute, et qu'il m'est resté sur l'estomac toute la course. Qu'il faudra que je porte plainte auprès des fabricants chinois qui font vraiment du travail de mauvaise qualité, et qu'il y en a marre de cette société de consommation avec objets à usage unique.
Ou sinon, que j'ai été malade toute la nuit, que j'ai laissé mon repas de la veille quelque part dans les canalisations de l'immeuble.
Ou que je n'avais rien mangé depuis une semaine.
Que j'avais fait une sortie de 15 heures en course à pied la veille.
Que ma copine ne m'avait pas laissé dormir de TOUTE la nuit.
Que je me suis cassé une jambe.
Que j'ai couru à cloche pied.
Ou même sur les mains, tiens !
Bref, j'aurais bien aimé trouvé tous les prétextes pour éviter de dire qu'en fait, j'ai pas été très bon et que les autres ont été bien meilleurs.
J'ai juste fini neuvième, mais ce n'est pas grave, car j'ai gagné un reblochon et qu'il était très bon.
(et j'ai la rime facile...)


vendredi 12 octobre 2012

Euh, vous avez vu mes clés ?...


Il y a mauvais temps et mauvais temps. C’est un peu comme le sketch des Inconnus, entre le bon chasseur et le mauvais chasseur.
La pluie, c’est tout comme. Il y a la pluie qui fait des gouttes, qui tombe du ciel et qui mouille. Et puis il y a l’autre. Celle qui fait des gouttes, qui tombe du ciel, et qui mouille. Sauf que la deuxième, si vous avez le malheur de vous prendre une goutte, vous avez de grandes chances de finir noyé.
Dehors, c’est un peu ce qu’il passait. On ne pouvait pas appeler ça de la pluie. C’était tout simplement le déluge. La fin du monde. D’ici peu, on n’allait pas tarder à voir un descendant de Noé passer avec sa ribambelle d’animaux dans les rues des villes. Ce n’était qu’une question d’heures.
Je restais campé derrière ma fenêtre, attendant de voir la sortie du messie. Et soudain, le miracle est arrivé. Bah non, pas Noé.
Il s’est juste arrêté de pleuvoir.
Là, en face de moi, une trouée dans le ciel. Elle n’était pas énorme, mais juste ce qu’il fallait pour comprendre qu’il y aurait une petite accalmie. C’était une certitude. Par contre, s’il y avait une incertitude, celle-ci était de taille : la durée de l’accalmie. Au nez, je misais sur trois heures. J’aurais presque été prêt à prendre un pari, si autour de moi il y avait eu quelqu’un avec qui parier.
Il fallait que je profite de l’aubaine. Depuis une semaine, je n’avais pas pu mettre un pied au-dehors. J’avais besoin d’un peu d’air, de paysage, d’espace, de liberté. N’y tenant plus, je suis allé dénicher une paire de chaussures, j’ai enfilé à la va-vite une tenue de sportif, et je suis sorti.
Au moment de partir, je me suis rendu compte que j’avais oublié de fermer la porte à clef. Je me suis empressé de retourner à l’intérieur chercher mes clés. Normalement, je les pose sur le crochet, juste à gauche de la porte d’entrée. Sauf qu’elles n’y étaient pas. Peut-être parce que le « normalement », c’était plutôt une fois de temps en temps.
Des « normalement », j’en avais plein. Il y avait les classiques : la table de la cuisine, la table basse, la plaque du four, les bords de l’évier. Et puis les insolites : les toilettes, l’intérieur du four, le frigo, parfois même, la poubelle.
Je les ai tous fait, sans succès. Toujours aucun signe de mes foutues clés. J’ai essayé de les siffler, m’attendant presque à les voir arriver au galop, toutes guillerettes qu’elles étaient.
Rien.
Un coup d’œil à ma montre, j’avais déjà perdu vingt bonnes minutes. Dehors, la percée était toujours d’actualité, on apercevait même un rayon de soleil.
J’ai retourné les placards alimentaires. Fouillé dans le lave-vaisselle –ah non, je n’avais pas de lave-vaisselle–, vidé le bac à légumes, inspecté le receveur des toilettes. On ne sait jamais, il paraît qu’il y en a qui font tomber leur téléphone portable dedans.
Toujours rien. Et le temps, lui, défilait toujours.
Alors aux grands maux, les grands remèdes. J’ai défait mon lit, retourné ma chambre, vidé le contenu de mes étagères, mis la cave à nu, trié dans mon courrier. J’ai tout fait, tout.
Un coup d’œil à ma montre, j’étais dans mes recherches infructueuses depuis déjà trois heures. Un coup d’œil à mon appartement, c’était Tchernobyl. Tout était sens dessus dessous, il y avait des assiettes cassées, une étagère branlante, une fenêtre fissurée. De rage, j’ai donné un coup de pied par terre.
« Cling ».
Pardon ?
Lentement, très lentement, j’ai palpé la poche de mon short.
J’ai sorti une clé et une pièce de un centime.
Ce n’était pas une clé, mais LA clé.
Je me suis alors précipité dans le couloir, j’ai fermé la porte, et je suis sorti. A ce moment-là, il ne pleuvait pas. Pas encore. J’ai juste eu le temps de lever la tête au ciel, et je me suis pris des trombes d’eau.
J’ai fait un pas en arrière, j’étais déjà trempé de la tête aux pieds. Je suis retourné chez moi, j’ai ouvert la porte en grand, j’ai vu tout le bazar qu’il y avait en face de moi.
J’ai attendu, ne sachant pas trop ce qu’il valait mieux : finir noyé dehors ou étouffé par le capharnaüm qui régnait dedans.
J’ai repensé à mon pari, celui des trois heures. Je me suis mis à rire. Les nerfs qui lâchaient. Je suis rentré en claquant la porte derrière moi. Le choc de l’impact a fait tomber une lampe qui s’est brisée au sol.
Quelle journée de…
Et je reste poli.


lundi 8 octobre 2012

2ème tirage "Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?"

Rupture de stock !
Euh, enfin non, pas tout à fait. Mais presque. Ils traînent peut-être encore tous sur les étals des libraires, cherchant une main qui s'égare. En tout cas, chez moi, il ne reste plus qu'un carton sur les dix du début. Il fallait que je les vende à tout prix rapidement, vu que je manquais un peu de place.
J'ai donc recommandé un stock de 1000 exemplaires, tout beaux tout neufs.
Sauf que 1000 exemplaires, ça fait 20 cartons.
Comment ça, moi, je me plaignais du manque de place ?...

Mais je ne peux plus faire marche arrière, la commande est lancée chez l'imprimeur. Par contre, je tiens à rappeler qu'il me reste une cinquantaine de bouquins du premier tirage qui seront finalement une édition collector, donc il faut vous précipiter pour me commander les quelques restants ! D'autant plus qu'en me les commandant directement, vous aurez le droit à une dédicace, et c'est pas rien. J'en connais qui, en mettant un bout de signature sur un tableau, vendaient leur toile à plusieurs centaines de milliers d'€uros. Donc moi, je serais vous, je n'hésiterais pas une seule seconde. Pas tous les jours qu'on a de l'or entre les doigts...

vendredi 5 octobre 2012

Pause musicale - Mad World

Une petite vidéo musicale, histoire de varier les plaisirs. Et désolé pour le son, ce n'est pas enregistré en studio...

video

Et la musique, c'est Mad World, de Gary Jules, une reprise des Tears for fears


lundi 1 octobre 2012

Grimpée du Pays Rochois

Bon, je mentirais en affirmant qu'hier matin, je me suis levé avec l'envie folle de courir. Ben non, pensez bien, même si j'avais regardé cent fois la météo la veille, qui annonçait un temps clément, vous imaginez bien que ç'aurait été trop beau pour être vrai.
Ciel maussade, neuf degrés au thermomètre, la voiture récalcitrante, un tracteur sur la moitié du trajet, je me suis rendu compte au moment de payer les inscriptions que j'avais oublié mon portefeuille. Le départ de la Grimpée du Pays Rochois étant fixé à 10h30, j'avais émergé à 9 heures bien tassées. Avec la demi-heure de voiture, je pouvais difficilement me permettre plus. J'avais oublié les aléas des aléas de ma vie.
Mais pour finir, à 10h25, j'étais beau comme un sou neuf, toujours dans ma tenue SCOTT, prêt à en découdre avec le chrono. Et accessoirement, avec les nombreux concurrents autour de moi, tous plus affûtés les uns que les autres.
Cinq minutes plus tard, j'étais dans le vif du sujet. Dix kilomètres d'une montée presque interminable, pour finir exténué, sous la pluie, le froid et le vent, tout juste habillé d'un short ultra light et d'un débardeur pas plus épais qu'une ficelle de corde à linge.
Il y a certaines courses qu'on apprécie plus que d'autres. Des moments où l'on enfile le dossard avec plus de plaisir, avec plus d'envie. Certains lieux qui sont propices à la bonne humeur, à se lever du pied droit, à prendre la voiture sourire aux lèvres, même le dimanche. Où le résultat importe peu, car, comme le dirait notre ami Coubertin, "l'important, c'est de participer".
Il n'y a pas cinquante raisons à ça,. En tout cas, moi, je n'en vois qu'une seule : comme je le disais plus haut, je me suis levé à 9 heures. Et lorsqu'on enfile le dossard, ce n'est pas tous les dimanches qu'on peut (presque) faire la grasse mat'.
Ah oui, et puis j'ai fini 3ème.
Quand même.


jeudi 27 septembre 2012

Petite pensée du jour

"Le quotidien de l'Homme est fait d'excès, parfois au détriment de sa vie. Seule la littérature n'est pas néfaste, on peut dévorer les pages d'un livre sans y laisser la santé."

Benoît Chauvet

lundi 24 septembre 2012

Les secrets de la célébrité

Comme précisé dans un écrit précédent, je suis allé voir une expo de Peter Saul lors des journées du patrimoine. Peter Saul, c'est un artiste, un vrai de vrai, ce genre de personnes qui doit vendre des toiles à des millions.
La peinture, j'en ai toujours entendu grandes éloges, bien qu'elle soit un mystère pour moi. Un ami, un jour, s'est extasié devant la photo d'un tableau. Il y avait trois tâches de peinture et une signature dessous.
-Et combien ça coûte, ce machin-là ? j'ai demandé.
-Le prix d'un immeuble...
Je me suis étouffé, j'ai mis dix bonnes minutes à m'en remettre. J'ai alors compris que l'art c'est l'art et ça ne s'explique pas.

Peter Saul, lui, il fait des trucs dans ce genre:



Lors de notre visite, en observant toutes les personnes autour de moi s'extasier de l'oeuvre, j'en ai déduit que je ne devais pas être suffisamment intelligent pour comprendre les subtilités. Ce n'est pas faute d'y avoir mis toute ma bonne volonté. J'ai essayé de le regarder dans tous les sens, de me mettre de face, de côté, la tête à l'envers, mais le résultat était toujours aussi évident, j'avais l'impression d'être un ignare.
Pourtant, ce gars-là ne semble pas être un mauvais bougre, à l'aide de son pinceau, il dépeint les aberrations de notre société moderne, de la mondialisation, du capitalisme et de tout le reste. Il y avait les toiles de la Joconde, aux rimes délicieuses
Mona Lisa vomit de la Pizza


Mona Lizza vomit des macaronis



Et après deux heures de visite, on est repartis de l'endroit. J'avais toujours cette formidable impression d'être le plus merveilleux crétin du monde. J'ai compris que c'est parce que je n'avais pas suffisamment de recul et d'objectivité dans mes considérations. Il faut parfois laisser mûrir ses pensées. Car aujourd'hui, lorsqu'on me demande ce que j'ai retenu de ma journée, je peux répondre sans hésiter :
Il y avait des tas de pommiers dans le parc et que sincèrement, les pommes étaient délicieuses !

Pour conclure, vu que moi aussi je suis un artiste (à ma façon)...

Mona Lisa fait...



Et si vous en restez sans voix, dites-vous que c'est normal, l'art fait aussi cet effet-là...

jeudi 20 septembre 2012

Une matinée comme une autre

Dimanche, pour la plupart des gens, c'est le jour du repos, le jour du seigneur, le jour où l'on flâne sous l'oreiller, où l'on prend un peu plus de temps pour savourer les choses, comme l'odeur du pain frais qu'on est tranquillement allé chercher chez le boulanger à 10h du matin, celle de la confiture de framboise qu'on étale sur la mie encore chaude de la dernière fournée.
Et puis le dimanche, pour certains fadas, c'est le jour pour enfiler le dossard et se sortir les tripes. Donc exit le truc du petit déj romantique, de la grasse matinée et tout le reste.

La semaine dernière, n'étant pas vraiment dans mon assiette, je ne savais pas trop si j'allais prendre le départ d'une course en fin de week-end. J'ai donc attendu le dernier moment, samedi soir, pour réaliser que cette envie de dossard était trop forte et que j'étais prêt physiquement. Je suis allé naviguer sur plusieurs sites internet à la recherche d'une compétition, passé quelques coups de fil, essuyé deux ou trois échecs moqueurs parce que les inscriptions étaient closes depuis longue date. Et finalement, j'ai trouvé mon bonheur : une course en terrain vallonné à une trentaine de bornes de chez moi. Le site internet stipulait la possibilité d'inscription sur place.
Il était déjà vingt trois heures bien tassées quand j'ai commencé à préparer mon sac.
La préparation, c'est très important de s'y atteler la veille pour ne rien oublier. 

Et je fais pas de pub, hein! C'est juste ce qu'il y a marqué sur les habits (NB les chaussettes, elles sont made in Finlande!)

Le sac terminé, j'ai pu tranquillement aller rejoindre mon lit douillet pour un sommeil réparateur. Minuit sonnait déjà ses douze coups quand j'ai fermé les yeux.
J'ai bien entendu très mal dormi, par hantise du réveil qui ne sonne pas, tout en refaisant cent fois dans ma tête une course qui n'avait pas encore eu lieu.
Je me suis réveillé dix fois, regardé si le réveil marchait bien, combien de temps il me restait encore à dormir. A six heures du matin, j'avais les yeux grand ouverts, me demandant si j'allais réussir à me rendormir. Et quand le réveil a enfin sonné, je venais juste de replonger. C'est toujours comme ça que les choses se passent.
J'ai préparé ma bouillie d'avant compétition, un mélange de poudre diluée avec de l'eau, au goût assez douteux.


Rien à voir avec ce bon pain frais nappé de confiture qu'on rêve habituellement de prendre un dimanche matin... Mais comme tout sportif, il y avait des sacrifices à faire, et le résultat passait aussi par certaines contraintes.
Le semblant de petit déjeuner ingurgité, j'ai jeté mon sac dans le coffre de la voiture pour m'en aller doucement mais sûrement au lieu de rendez-vous de la course.


Durant toute la durée du trajet, je n'ai cessé de faire la course dans ma tête, visionnant ma course, le départ, la cadence, le sermonnant quant au rythme qu'il faudrait que je prenne. Ne pas forcément suivre la tête de course mais aller à mon allure. Je me voyais prendre les ravitaillements, j'entendais déjà les acclamations des spectateurs en furie, j'imaginais les mêmes déesses que celles du Tour de France, en train de me mettre un cercle de laurier autour du cou. En gros, j'étais en train de prolonger les rêves de ma nuit.
Et puis...
Je suis arrivé. Le bled était désert. Je me suis retrouvé comme un c..
Rien. Personne. Néant. Nada. Pas un chat. Pas un même un minuscule, ridicule petit chat. J'ai fait trois fois le tour de l'église, de la mairie, et puis j'ai croisé un gars qui sortait de sa maison. Je me suis approché, hésitant.
-Euh, vous ne savez pas s'il y a une course organisée dans les parages aujourd'hui, ai-je demandé.
Là, il s'est mis à rire.
-Une course ?! Mais vous auriez dû vous renseigner, mon p'tit gars. Elle a été annulée, l'organisation a mis la clé sous la porte.
Je ne savais pas si je devais être dépité ou en colère, contre l'organisation ou contre moi même. Je suis retourné dans ma voiture, j'ai claqué la porte de rage, pesté, et je suis reparti, bredouille. J'avais perdu une demi-journée. On pourra très bien dire qu'on apprend de ses erreurs, alors je vais garder pour moi le fait que ce genre d'évènements, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive.
On va dire que c'est mon goût de l'aventure...



lundi 17 septembre 2012

Un jour (dans mes rêves), je serai riche et célèbre

-Je sais pas quoi faire.
-T'as qu'à bouquiner, m'a fait Isa.
Isa, elle avait toujours des bonnes idées. Alors j'ai pris une BD, avec pas trop de bulles quand même, parce que les bulles, il faut les lire et c'est compliqué. Dix minutes plus tard, j'avais terminé ma lecture.
-Je sais pas quoi faire...
-T'as qu'à faire à manger.
J'ai préparé un plat de pâtes et on a mangé.
-Je sais pas quoi faire.
-Oh, tu m'ennuies, à la fin !
J'en suis tombé des nues. Là, de sa bouche, elle venait enfin de l'avouer : je savais faire deux choses à la fois : je l'ennuyais et m'ennuyais moi-même. Ce fut ma première satisfaction de la journée. Mais ça ne résolvait pas le problème. Alors, comme une femme a réponse à tout, elle a brandi un prospectus. Ce week-end avaient lieu les journées du patrimoine et elle m'a proposé d'aller y faire un tour.
On s'en est donc gaiement allé dans un petit bled de Haute-Savoie voir une expo d'un artiste américain, apparemment bien connu pour ses toiles contemporaines. En arrivant, le décor était planté : un joli château entouré de verdure d'où l'on pourrait s'attendre à rencontrer les chevaliers vus il y a quelques semaines en arrière à Vienne.
On a commencé la visite. Dans le parc, les types avaient eu la curieuse idée de mettre des livres dans les arbres à la place des oiseaux, et voilà qu'Isa expliquait :
-Waouh, un magicien est passé par là !
Plus loin, elle me racontait, devant un tronc d'arbre biscornu, que le roi et la reine du château gisaient, pétrifiés.
Vu que je suis un pragmatique et que j'ai les pieds sur terre, tout ça, je n'y comprenais pas grand chose. J'ai néanmoins commencé à prendre peur, me demandant si elle n'avait pas pris un coup de chaud lors de notre tour à vélo pour venir jusqu'ici.
Nos pas nous ont conduits ensuite jusqu'à l'entrée du château. Le type du nom de Peter Saul exposait ses oeuvres. La dame de l'accueil nous a donné un feuillet, et on s'est avancé...
Et là, stupeur !

L'art, je n'y connais pas grand chose. Petit, je m'amusais bien avec quelques pinceaux. Grand, j'essaie tant bien que mal de me faire une place dans la littérature, mais quand je vois ça :



Avec comme légende :

(Mona Lisa vomit de la pizza)

J'en reste coi. Et je me dis que si de mon côté, je ne deviens pas riche et célèbre avec mes écrits, c'est que décidément, comme le dirait mon personnage de la dernière BD (Parce qu'être super Héros...), 
Y'A PAS DE JUSTICE!!!

PS: Il y avait aussi d'autres tableaux avec des jolis rimes comme "Mona Lisa vomit des macaronis"
Finalement, je sais pas si Jean Claude Van Damme ne va pas bientôt être détrôné...


mercredi 12 septembre 2012

Parce qu'être Super Héros n'est pas donné à tout le monde...

Gamin, j'étais un peu comme tous les autres mômes de mon âge...







Malheureusement pour moi, mes parents me ramenaient trop souvent à la réalité




Au départ, j’effectuais les corvées la mort dans l’âme





Et puis, lentement, mes rêveries m’évadaient de ce monde cruel, et j’en oubliais la galère du moment




Et trop absorbé par mes rêves, souvent, c’était le drame


Mais j’avais un don. Si je me plongeais autant dans ces livres de super héros, c’était pour réaliser que je n’étais pas seul sur cette Terre. Oui, je faisais moi-même partie de cette caste très confinée des hommes peu communs. Plus rapide que Lucky Luke, plus agile que Zorro, j’étais…

SuperMenteur, l’homme qui mentait plus vite que son ombre.
Malheureusement, j'ai rapidement compris que mes parents, même sans Super Pouvoirs, étaient capables de choses extraordinaires. Et ils me filaient généralement une Super Calotte.



                            La vie est dure... (et mes fesses aussi)

lundi 10 septembre 2012

Les Foulées Maglanchardes



Il y a des fois, il faudrait réviser ses classiques. La Fontaine (celui des fables, hein, pas le bac en pierre qui recueille l'eau de la source), parmi ses nombreuses morales, en avait une que tout le monde connaît:
"Rien ne sert de courir, il faut partir à point". En gros, ce qu'il voulait dire par là, c'est qu'il faut savoir être patient et ne pas se précipiter dans les choses qu'on accomplit.
C'est donc à des années lumières de ces bonnes paroles que j'ai pris le départ des Foulées Maglanchardes, ma première véritable course à pied de l'année. Après trois jolis résultats aux Kilomètres verticaux (dont l'effort se rapproche davantage de la marche que de la course), j'allais devoir courir pour de vrai.
Mais à peine le départ donné, j'étais déjà en train de sprinter pour essayer de suivre le rythme imposé par les premiers. Péchant par excès de confiance, sûr de mon état de forme du moment, j'ai voulu suivre. Je dis "voulu", parce que j'ai pas suivi bien longtemps. Ça allait vite. Trop vite, beaucoup trop vite. Après deux ou trois kilomètres, la soupape de sécurité s'est mise à chauffer très fort, j'ai raccourci ma foulée et le reste de la course a été assez laborieux.
Jean Christophe Dupont a filé tranquillement vers la victoire, me reléguant à près de 3mn.

Pourtant, j'aurais dû comprendre. Au départ, il y avait un gars, un coureur de fond qui domine assez nettement son sujet sur les courses à plat. Le gars en question était accompagné par son lièvre (par lièvre, comprenez un autre coureur qui mène le rythme pour aider son champion). C'est là que ça aurait dû faire tilt!
Le truc de La Fontaine. Le Lièvre et la Tortue!
Mais je ne m'étais malheureusement pas assez renseigné au départ. Je ne l'ai su qu'à l'arrivée, que le gars était venu avec un lièvre. Sinon, pensez bien, tous les voyants se seraient mis au rouge, j'aurais mis de côté le sportif pour me mettre en mode littéraire, rebranchant par la même occasion mes quelques neurones. C'est soit l'un soit l'autre, moi, j'ai toujours eu du mal à faire deux choses à la fois. Je laisse ce pouvoir aux femmes.

PS: et pour info, le pire, dans toute cette histoire, c'est que le champion et son lièvre, ils ont mis le clignotant dès le premier raidillon.

jeudi 6 septembre 2012

Le Koh-Lanta Bauges survivor

L'idée a germé toute seule. Ce n'est pas faute de trop avoir regardé la télé, vu que dans ma grotte, il n'y a pas de télé. (NB: pour mieux comprendre l'emploi du terme grotte, foncez acheter le super livre "Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?", écrit par un petit écrivain dont j'ai entendu beaucoup de bien...)

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours eu la tête emplie d'aventures, de chasses au trésor, de parcours du combattant, et puis aussi de cabanes.
C'est donc courant août que nous sommes allés dans les profondeurs des Bauges jouer les aventuriers modernes. Juste armés de notre... euh... couteau. Le couteau, c'était le grand maximum. L'équipée était composée de six intrépides guerriers (trois filles et trois gars).
Pour être sûrs de de ne compter sur rien ni personne, on a laissé la voiture assez loin de l'endroit stratégique pour fabriquer la cabane. Oui, il y avait au moins deux cents mètres entre le véhicule et nous.
Au bas mot.
Inutile de préciser que le soir, les sacs de couchage se sont mystérieusement échappés de la voiture pour nous envelopper. A notre insu, bien sûr. Mais passons.
On a mis en place les équipes. Le hasard voulut qu'il y ait d'un côté les hommes, et de l'autre, les femmes.
-On fait les cabanes ? a demandé l'une des femmes.
On a tiré à pile ou face. Ironie du sort, les hommes ont évité la corvée bouffe.
-Macho !...
Dans notre tête, la cabane ressemblait à un château fort. Un palace sur deux étages, entouré de pieux aiguisés pour nous protéger des ours et des loups, cuisine équipée, cabinet de toilettes et salle de bain distincts. Dans chacune de nos têtes, le rendu ressemblerait à peu de choses près à ça:


On a passé l'après-midi à construire un chef d'oeuvre. Et le rendu final n'était pas bien loin de ce à quoi nous nous attendions :





Oui, je sais, c'était du luxe. Il y avait même le tapis de mousse au sol pour nous éviter le mal de dos. Isolation parfaite.
Pour la nourriture, on avait tout imaginé : les cèpes, les fruits sauvages, les poissons de cinquante centimètres pêchés dans la rivière d'à côté. On n'a pas été déçu. La récolte avait été bonne : cinq framboises, trois prunes et quatre pissenlits. Un véritable festin. D'autant plus qu'il y avait un plat surprise.
On s'est tout d'abord attelé au partage des plats. Très honnêtement, après ma demi prune, j'avais déjà l'impression d'avoir l'estomac plein. J'avais néanmoins gardé de la place pour le dessert-surprise. Tout le monde l'attendait avec impatience, celui-là. On a mis la surprise dans la casserole. La casserole, sur le feu. Et on a attendu que ça cuise. 
Au bout de quelques secondes, on entendait les "pop" "pop" "pop".
Oui, on avait bien trouvé ce à quoi vous pensez.
C'était pas du maïs. Juste des sauterelles. Le "pop", c'était simplement les pauvres bêtes qui essayaient de s'échapper et se cognaient contre le couvercle de la casserole.
On avait tellement faim qu'on en a pas laissé une patte.
Le lendemain matin, on avait les yeux pochés, les cervicales en compote, le visage bouffé par les moustiques, et toujours rien à se mettre sous la dent. Le pire, c'est qu'il nous restait encore un jour à tenir.
Les troupes se sont motivées. Au fond de nous, chacun savait qu'il allait tenir. Alors on a tenu. Au moins cinq minutes de plus.
La sixième, on était dans la voiture. L'instant d'après, attablés à la terrasse d'un café, avec un gros sachet de viennoiseries, de la tome et du saucisson, on a compris qu'on n'était pas près de jouer dans Koh-Lanta.

lundi 3 septembre 2012

Pause philosophie

"La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure" (Saint Augustin)
"Il faut vivre comme on pense, sans quoi on finira par penser comme on a vécu" (Paul Bourget)
"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu" (Chamfort)

Tout le monde connait au moins une citation. Il y a les classiques, les vieilles, les contemporaines, les jolies, les moins jolies, les connues, celles qui passent inaperçues.

Et puis, il y a les citations de Jean Claude Van Damme, alias JCVD.
JCVD, c'était mon idole, quand j'étais jeune. Il faisait des films de karaté, il était super fort, et qu'est-ce qu'il jouait bien. Son texte dans les films, en gros, c'était:
-Ahhhhhhhhh.
Et là, il assénait un coup de poing sur un tas de brique et il cassait tout. 
Le scénario de ses films était d'une subtilité et d'une intrigue exceptionnelles. Bien souvent, avant la fin du film, mon héros était à l'agonie, aux portes de la mort, le visage et le corps en sang. J'en avais presque les larmes aux yeux, tant sa souffrance était intenable. 
-Non, s'il te plait, ne meurs pas. Relève toi, bats toi, me disais-je en moi.
Comme s'il percevait mes prières, d'un coup d'un seul, JCVD se relevait pour mettre une déculottée phénoménale aux méchants. 
Des scénarios d'un réalisme haletant, surtout lorsque JCVD se retrouvait seul face à cinquante méchants. Il leur mettait bien entendu une super calotte à tous en une fraction de seconde. C'était mon superhéros préféré.
Où est-ce que je veux en venir, sachant que nous sommes ici dans un blog à vocation littéraire ?... Eh bien voilà, quand on parle de JCVD, on évoque souvent le côté sportif, on parle de l'acteur, mais on oublie que JCVD était avant tout un homme, mais pas n'importe quel homme. C'était... un Philosophe.

Parmi ses citations les plus célèbres, il y a celle-ci, que j'aime bien :

" Je suis fascine par l'air. Si on enlevait l'air du ciel, tous les oiseaux tomberaient par terre....Et les avions aussi.... En meme temps l'air tu peux pas le toucher...ca existe et ca existe pas...Ca nourrit l'homme sans qu'il ait faim...It's magic...L'air c'est beau en meme temps tu peux pas le voir, c'est doux et tu peux pas le toucher.....L'air c'est un peu comme mon cerveau... "

Et puis aussi celle-là:
« Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S'il y a 4 personnes autour de toi et qu'elles te semblent normales, c'est pas bon. »

Moi, très honnêtement, quand je lis ça, j'en reste pantois. Socrate et Platon peuvent allez se rhabiller.

C'est pourquoi aujourd'hui, je publie la mienne:

"Lisez, riez, c'est bon pour la santé"

Mais je sais que je suis encore bien loin d'égaler le maître...




vendredi 31 août 2012

Chevalier : ça, c'est du sport !

Le week-end dernier, on est allés faire un saut au festival médiéval de Vienne. Je venais tout juste de faire une séance de musculation, les muscles étaient encore gonflés par l'effort. Soulever de la fonte à longueur de journée, ça me connaissait.
Costaud, le Jean Pierre. Tout du naturel, pas d'amphétamine, hein, Jean Pierre. (Cf sketch de Dany Boon http://www.youtube.com/watch?v=U80fwIfPC4M)

C'est donc empli de cette fierté du sportif qui a tout fait-tout vu-tout vécu que je m'en suis allé dans ce fameux festival, arpentant les ruelles décorées pour l'occasion.



Sur la place centrale, il y avait un petit groupe de saltimbanques qui jouaient à la guerre, déguisés en habits d'époque. Casques, boucliers, cottes de mailles, tout y était. Les gars ont bien joué le jeu, le combat a duré une trentaine de minutes avant de déclarer un camp vainqueur. Ensuite, la petite troupe, épuisée, est venue se rafraîchir autour d'une coupe d'eau.
En moi, je me suis dit qu'ils semblaient bien fatigués pour pas grand chose. Un petit coup d'oeil aux veines gonflées de mes biceps m'a conforté dans l'idée que c'était vraiment des chiffes molles.
Ils ont ensuite retiré leur attirail. En grand curieux, je me suis approché. Il y avait une sorte de bonnet en cottes de mailles. La cotte de mailles, c'est un truc dans ce genre, des petits maillons en forme d'anneaux accrochés les uns aux autres.


-Vous voulez essayer ? m'a alors dit l'un des gars.
Le gars en question était petit, rondouillard, pour ne pas dire gras du bide, et lui, les salles de sport, il ne devait pas trop connaître.
J'ai tout d'abord fait mon timide. Et vu qu'il a insisté, j'ai commencé à prendre le machin qui gisait par terre. Avec l'index. Mine de rien, j'ai quand même été surpris par le poids du bonnet qui devait faire trois ou quatre kilos, au bas mot..
J'ai alors jeté un coup d'oeil à tout ce qui traînait autour. J'ai continué ma séance d'essai en enfilant :

Les gants



La cotte de mailles



Le cuissard



La cuirasse


Le casque...





A la fin du déguisement, je ressemblais en gros à ce chevalier. Sauf que je faisais beaucoup moins le fiérot. J'avais une trentaine de kilos sur le dos. Et lorsque le gars m'a collé en plus l'épée d'Excalibur et un bouclier de deux mètres carrés, j'ai cru que j'allais m'écrouler.
-Et... vous faites ça souvent ? ai-je demandé au petit gars bedonnant.
-Oh, quatre ou cinq fois dans la semaine. Vous voulez faire un combat ?
Le type était dix fois plus rapide que moi. J'avais à peine le temps de décoller l'épée du sol que déjà, il m'avait asséné de nombreux coups. A la fin, je n'arrivais même plus à me relever tout seul quand je tombais par terre, anéanti par le poids de mon attirail.
Le combat était terminé.
-C'est pas le tout, a fait mon adversaire en tapotant son ventre rond, mais on crève de soif, avec cette chaleur
Il est parti boire une bière avec le reste de la troupe. Je l'ai regardé s'éloigner, dépité. En rentrant, je me suis observé devant la glace. C'était bien la peine de jouer  au sportif. Je pouvais aller me rhabiller, avec mes séances de muscu.
J'ai repensé à toutes ces boissons énergétiques, ces légumes verts, bio, les régimes diet, à cette vie de moine que je menais depuis tant d'années. Parce que le secret de la réussite, c'était probablement cette belle brioche et non pas les abdos dessinés comme des tablettes de chocolat. Alors j'ai bazardé tous mes idéaux à la poubelle, ressorti des vieux placards les dînettes et les poupées Barbie de ma soeur et j'ai compris que le sport, il valait mieux que je le regarde de loin, avachi dans un canapé avec une bonne bière à la main.

NB: l'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
PS: Et les gars, ils avaient réellement 30kg sur le dos, alors qu'il faisait 30° à l'ombre!