jeudi 6 septembre 2012

Le Koh-Lanta Bauges survivor

L'idée a germé toute seule. Ce n'est pas faute de trop avoir regardé la télé, vu que dans ma grotte, il n'y a pas de télé. (NB: pour mieux comprendre l'emploi du terme grotte, foncez acheter le super livre "Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?", écrit par un petit écrivain dont j'ai entendu beaucoup de bien...)

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours eu la tête emplie d'aventures, de chasses au trésor, de parcours du combattant, et puis aussi de cabanes.
C'est donc courant août que nous sommes allés dans les profondeurs des Bauges jouer les aventuriers modernes. Juste armés de notre... euh... couteau. Le couteau, c'était le grand maximum. L'équipée était composée de six intrépides guerriers (trois filles et trois gars).
Pour être sûrs de de ne compter sur rien ni personne, on a laissé la voiture assez loin de l'endroit stratégique pour fabriquer la cabane. Oui, il y avait au moins deux cents mètres entre le véhicule et nous.
Au bas mot.
Inutile de préciser que le soir, les sacs de couchage se sont mystérieusement échappés de la voiture pour nous envelopper. A notre insu, bien sûr. Mais passons.
On a mis en place les équipes. Le hasard voulut qu'il y ait d'un côté les hommes, et de l'autre, les femmes.
-On fait les cabanes ? a demandé l'une des femmes.
On a tiré à pile ou face. Ironie du sort, les hommes ont évité la corvée bouffe.
-Macho !...
Dans notre tête, la cabane ressemblait à un château fort. Un palace sur deux étages, entouré de pieux aiguisés pour nous protéger des ours et des loups, cuisine équipée, cabinet de toilettes et salle de bain distincts. Dans chacune de nos têtes, le rendu ressemblerait à peu de choses près à ça:


On a passé l'après-midi à construire un chef d'oeuvre. Et le rendu final n'était pas bien loin de ce à quoi nous nous attendions :





Oui, je sais, c'était du luxe. Il y avait même le tapis de mousse au sol pour nous éviter le mal de dos. Isolation parfaite.
Pour la nourriture, on avait tout imaginé : les cèpes, les fruits sauvages, les poissons de cinquante centimètres pêchés dans la rivière d'à côté. On n'a pas été déçu. La récolte avait été bonne : cinq framboises, trois prunes et quatre pissenlits. Un véritable festin. D'autant plus qu'il y avait un plat surprise.
On s'est tout d'abord attelé au partage des plats. Très honnêtement, après ma demi prune, j'avais déjà l'impression d'avoir l'estomac plein. J'avais néanmoins gardé de la place pour le dessert-surprise. Tout le monde l'attendait avec impatience, celui-là. On a mis la surprise dans la casserole. La casserole, sur le feu. Et on a attendu que ça cuise. 
Au bout de quelques secondes, on entendait les "pop" "pop" "pop".
Oui, on avait bien trouvé ce à quoi vous pensez.
C'était pas du maïs. Juste des sauterelles. Le "pop", c'était simplement les pauvres bêtes qui essayaient de s'échapper et se cognaient contre le couvercle de la casserole.
On avait tellement faim qu'on en a pas laissé une patte.
Le lendemain matin, on avait les yeux pochés, les cervicales en compote, le visage bouffé par les moustiques, et toujours rien à se mettre sous la dent. Le pire, c'est qu'il nous restait encore un jour à tenir.
Les troupes se sont motivées. Au fond de nous, chacun savait qu'il allait tenir. Alors on a tenu. Au moins cinq minutes de plus.
La sixième, on était dans la voiture. L'instant d'après, attablés à la terrasse d'un café, avec un gros sachet de viennoiseries, de la tome et du saucisson, on a compris qu'on n'était pas près de jouer dans Koh-Lanta.

1 commentaire:

  1. Et dire qu'il y en a qui payent pour faire un stage de "survie", beau clin d'oeil à des expériences qui restent dans le domaine du "rêve d'enfant" pour beaucoup .

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