mercredi 26 décembre 2012

Père... Noël ?!


Depuis quelques semaines, la rumeur enflait. Au départ, les racontars sont sortis de la bouche des enfants. Quelques paroles banales échangées dans les cours de récré. Les mômes en rigolaient, rapprochant l’histoire à celle du petit chaperon rouge. « Loup y’es-tu, m’entends-tu, que fais-tu ?... ». Le gamin avait surpris une conversation. Il avait tendu l’oreille, mais savait que les mômes aimaient les histoires, qu’on y parle de Boucle d’Or ou de l’Ogre. Parce que les mômes aimaient qu’elles soient belles ou qu’elles fassent peur.
D’ordinaire, les racontars, le gamin n’y prêtait guère attention. Et puis un jour, en allant chercher le courrier, un feuillet malicieusement placé entre deux factures a attiré son regard. C’est à ce moment-là qu’il a senti une boule se nicher dans son ventre. Elle a grandi au fil des jours. Il en dormait mal la nuit, le sommeil agité par de nombreux cauchemars. Le corps trempé de sueur, grelottant, le gamin restait parfois de nombreuses heures éveillé à repasser en boucle ces nombreuses images inquiétantes. Il a commencé à perdre l’appétit. Autour de lui, les gens le trouvaient terne, effacé.  A de nombreuses reprises, on lui a demandé ce qui n’allait pas. Mais impossible de se confier, sachant que toutes les personnes autour de lui, ses amis, sa famille prenaient la rumeur avec légèreté. Il avait l’impression d’être seul au monde. C’est comme si le monde entier se fichait éperdument d’un fait aussi sérieux. Depuis une semaine, il n’est pas sorti de chez lui. Il a blindé sa porte, calfeutré ses fenêtres, il s’est barricadé dans sa maison. Il a dévalisé un supermarché pour constituer une bonne réserve de provisions. Il a piqué la carabine de son grand-père.
Depuis ce matin, 24 décembre, il est installé sur son fauteuil, tremblant, agrippé à sa carabine. En face de la cheminée. Il paraît qu’il va arriver par là. Oui, la nuit du 24 décembre, il paraît qu’un vagabond va rentrer dans les maisons. Pourtant, le conduit de cheminée, il n’est pas très grand. On pourrait à peine y faire passer un ballon de foot. Sauf que tout le monde raconte que l’intrus, même s’il est gros, a plus d’un tour dans son sac.
Le gamin réajuste son plaid sur les genoux, serre le canon de l’arme contre lui. Les jointures de ses doigts blanchissent, ses jambes tremblent un peu. Le regard fixé sur les braises, la bouche pincée, il se dit qu’il ne le laissera pas filer. Et que s’il croise son chemin, le sale gars va passer un sale quart d’heure…

mardi 18 décembre 2012

le chiffre 4


Le chiffre 4, je me demande s’il a une symbolique particulière ? Quatre, c’est deux plus deux. Un nombre paire, simple au premier abord. Pas difficile à retenir, vu qu’il est en tête de liste dans l’apprentissage des nombres, mais qui manque peut-être un peu d’arrondi. Oui, tiens, faudrait peut-être penser à lui arrondir les angles, entre le 3 et le 5, il fait un peu tâche. Un peu dur aussi dans les diphtongues. Quatre, il râpe la gorge, quand on le prononce. Oui, essayez de le prononcer. Vous verrez, les autres sont plus doux sur la langue.
Et en général, quatre, on dit que c’est la place du c..
La boîte (comprenez le podium), elle était encore juste devant. A quelques poussées de spatules. Une seconde. Et le haut de la boîte, à deux secondes. Mais comme je suis homme de proverbe, et que je l’avais déjà trustée deux fois ce début de saison, vu que jamais deux sans trois, je ne voulais en aucun cas faire mentir notre bonne vieille littérature française. C’est ça, c’est tout moi, je suis un gars honnête, et vu que j’essaie de me faire passer de temps en temps pour un homme de lettres, je ne pouvais pas passez à côté.
Et puis, il y avait aussi la gourmandise. J’ai toujours été friand de sucreries, de bonbons. Déjà, dans ma jeunesse, je dévalisais la boulangerie du coin avec des vieilles pièces de 10 Francs cachées par mes parents dans un tube de comprimés vitamine C. Je passe la déculottée quand mes parents ont découvert le tube vide. Bref, la place de 4, on dit aussi que c’est celle de la médaille en chocolat. Eh bien détrompez-vous, faut pas croire les racontars. Rien. Que nenni. Même pas en rêve. La médaille en chocolat, je n’en ai pas vu la couleur.
J’ai donc fait 4. Pour rien. Ah oui, ce que j’oublie de préciser, c’est que le vainqueur, il a tout gagné, championnats du Monde et Jeux Olympiques. Que le deuxième, il est Champion du Monde en titre. Et que le troisième, il a déjà gagné une Coupe du Monde.
Et moi, dans tout ça, j’ai fini 4ème.

samedi 8 décembre 2012

Un week-end de course

Hier, je m'en suis allé en Suisse.
J'ai abandonné ma belle au chalet dormant. 
J'ai bravé les routes enneigées de la Yaute.
J'ai conduit par moins dix dans une voiture qui n'avait pas le chauffage.
J'ai croisé le yéti, au col des Montets (enfin, cette bosse blanche, j'imagine que c'était lui, enseveli sous quatre mètres de neige).
Je suis arrivé dans ce pays où les gens ont un accent bizarre, parlent au ralenti, et disent septante, huitante et nonante.
Non content de parler au ralenti, ils conduisent aussi au ralenti, alors j'ai mis deux fois plus de temps pour arriver à destination (à moins que ce ne soit à cause de cette neige qui n'a pas cessé de tomber).
Et enfin, j'ai chu dans une demeure pour les jeunes, qualifiée "d'auberge de jeunesse", alors qu'on ne cesse de me rappeler que je suis un vétéran.
Et tout ça pour quoi ? Pour une course de ski de fond. Encore une.
Il y a quelque chose qui ne va pas, dans cette histoire. 
Oui, ça doit être moi.

PS: Et j'ai couru ce matin. Et parce que le vieux est parti trop vite, il a calé par la suite. (ça, c'était pour la rime. Mais pendant un tour, j'ai quand même cru au podium!)