lundi 30 décembre 2013

Marathon Font d'Urle

Veni, vidi, et j'ai fini complètement cuit.
C'était la dernière longue de 2013. Un 42km plein de suspens, surtout à cause de la neige qui ne savait pas trop quoi faire. Elle a joué avec nos nerfs jusqu'au bout avec ses :
"Je tombe, je tombe pas, je tombe pas, je tombe..." 
Et elle a fini par tomber. Plutôt deux fois qu'une, pour le plus grand bonheur des organisateurs. Et notre bonheur à nous, par la même occasion.
Une épreuve magnifique, un marathon comme il y en a peu, avec la panoplie d'ingrédients qu'il faut pour faire une belle course. Il n'y avait pas que le soleil, le ciel bleu et la neige fraîche, il y avait aussi ce parcours magnifique et varié, faux-plats, grosses montées, descentes techniques, bref, le panard pour le skieur. Pour ceux qui n'étaient pas là, je dirais tout simplement "Dommage", mais vous pourrez vous rattraper l'année prochaine!
J'en profite pour féliciter les organisateurs et les bénévoles, en espérant que l'épreuve sera désormais au calendrier national des longues distances (marathon ski tour).
Niveau course, j'ai joué un peu solo, histoire de voir comment étaient les sensations. Elles n'étaient pas si mal jusqu'à cinq kilomètres du but, les dernières minutes se résumant à un joli calvaire suite à une belle hypoglycémie. J'ai probablement un peu négligé l'alimentation et les sucres lents avant la course, préférant les sucres rapides. C'est pas de ma faute, c'était Noël, et qui dit Noël dit forcément chocolats et bonbons à tours de bras.
J'en profite d'ailleurs pour vous souhaiter à tous de bonnes fêtes (avec retard, désolé). J'avais pour l'occasion écrit une petite histoire lors de Noël, mais mon comité de lecture unique ne l'a pas trouvée sensationnelle, elle n'a donc pas eu l'approbation du Jury. J'hésite quand même à vous la mettre en ligne, que vous ayez au moins (une fois dans votre vie) l'occasion de lire quelque chose de médiocre venant de moi.
Oui, parce qu'on est bien d'accord que tout le reste vous laisse sans voix...

Merci à Guillaume Peyronnet pour l'invitation à ce marathon



dimanche 22 décembre 2013

Esprit-Nordique

On a tous connu les chaussettes blanches à bandes, vendues 2 euros les quinze paires, et encore, en promo. Mais si, vous savez, ces fabuleuses chaussettes en coton, qui ne tenaient pas le premier lavage, qui durcissaient rapidement comme des crêpes, pendaient aux mollets parce qu'elles perdaient toute élasticité. Faisaient des ampoules aux orteils, aux jointures, aux talons, sous la voûte plantaire, et puis même aux ongles tiens! Des chaussettes fantastiques qu'on colorait d'un joli rouge, parce que les ampoules éclataient comme des ballons trop gonflés.
Un conseil: si comme moi, vous avez connu ce genre de chaussettes, mettez les aux ordures et prenez plutôt les chaussettes esprit-nordique. Esprit-nordique, c'est un peu le caviar de la chaussettes. Et très sincèrement, c'est pas parce que vos pieds sont cachés toute la journée dans des chaussures qu'il faut les négliger. Finalement, ce sont bien eux qu'on sollicite le plus, non ?! Et puis en y repensant, on est bien capable de mettre plusieurs billets dans une jolie culotte (fine) en dentelles pour faire plaisir à sa femme, alors pourquoi ne pas en mettre dans des super chaussettes ?
Et sincèrement, les essayer, c'est les adopter. Surtout celles en laine mérinos, qui sont à la chaussette ce que la Porsche est à la voiture. En, ça tombe bien, Noël approche!
C'est pas de la pub, c'est juste pour votre confort.
Enfin bon, moi, j'dis ça, j'dis rien. 


mercredi 18 décembre 2013

Sgambeda mi-fluo


Bah voilà, j'avais promis du fluo dans ma dernière nouvelle, c'est pas du total fluo, mais il y a du fluo quand même (Non, non, je ne fais pas de la pub au passage. Le rossignol, c'est juste un oiseau).
Du fluo car la victoire à la Sgambeda a été possible jusqu'au bout,  mais pas du "tout fluo" puisque je termine à 3 secondes du vainqueur en... douzième position. Eh oui, les places sont chères. J'ai bien essayé de durcir la course mais derrière, personne n'a relayé. Tant pis, c'est le jeu.
Je sais donc ce qu'il faut faire pour les prochaines courses, emmagasiner de la confiance, ne pas me soucier des autres, skier, skier et encore skier, histoire que les autres ne voient (et le plus loin sera le mieux) que la partie la plus fluo de ma combine:


Du calme, du calme, les filles!


jeudi 12 décembre 2013

Feuille blanche


Ce que vous voyez juste au-dessus, c'est censé être une feuille blanche. Mais si je l'avais réellement mise blanche, vous n'auriez pas vu la différence avec le fond d'écran. Ça n'aurait donc pas été une feuille blanche, simplement un fond blanc. Et un fond blanc, forcément, ça n'a pas la même signification qu'une feuille blanche. Enfin bon, tout ça pour dire que c'est une feuille blanche.
Si elle est blanche, c'est parce que je n'avais pas envie de la remplir, bien qu'en général, me direz-vous, une feuille est blanche pour être noircie. Pourtant, cette feuille, je trouve que le blanc lui sied à ravir, je n'avais pas envie de la salir avec ma noirceur, on m'aurait alors accusé de broyer du noir.
Oui, côté sport, j'aurais pu vous parler des résultats du week-end, bien maussades, un peu comme cette feuille grise qui doit être blanche et devrait être noircie. J'aurais pu écrire que je m'en suis allé à Bessans, faire quelques bouclettes, et j'ai filé bien moins vite que le vent. J'aurais pu écrire que Bessans ne m'a jamais réussi, si ce n'est pour le Marathon, mais à quoi bon ? Que je n'avais pas cette petite étincelle dans le corps, celle qui m'anime à chaque départ des longues distances. Mais ce serait trouver des prétextes à un mauvais week-end.
Je préfère laisser cette feuille grise, enfin, blanche. Oui, le blanc, c'est clair, sobre, simple, limpide.
Mais pas que. C'est lumineux, doux, éclatant, bon pour le moral,  bref, c'est blanc.
Et puis, très sincèrement, j'aime bien broyer du blanc.
Alors direction la Sgambeda ce week-end, ça va dépoter, ça va fumer, ça va filer. Et ma prochaine page, elle sera détonante, rayonnante, tonitruante. Elle se flashante, elle en mettra plein les yeux. En un mot, elle sera fluo!


mardi 3 décembre 2013

samedi 23 novembre 2013

Tunnel Scandinave

Bon...
Re-bon...
Et puis re-re-bon...
Ne vous y trompez pas, bon, ce n'est pas ici l'adjectif qui pourrait qualifier mon résultat, mais une interjection simple, signifiant que je ne sais pas par où commencer. Alors voilà, je me suis rendu dans le Nord pour les premières courses FIS de la saison (et j'y suis encore). J'aurais bien voulu trouver un soupçon d'aide auprès du coach du Team HSN, mais c'était un peu compliqué, alors je me suis débrouillé.
Le classique ne m'a pas réussi, et malgré l'aide sur place de Swix Suède, je n'ai pas réussi à trouver la bonne alchimie pour transformer mes skis en bêtes de course, j'ai donc eu l'impression d'être une bête de foire, et que le temps a été long. Long comme un tunnel auquel je n'ai pas vu le bout (cf  photo de Nils Louna, attention, elle n'est pas truquée, on passait réellement dans un tunnel)

Copyright Nils Louna
Il y a forcément une raison, je pense que j'ai dû me perdre quelque part dans le noir, parce qu'au final, bien que j'ai réussi à trouver la sortie de ce fameux tunnel, le résultat sur la feuille de papier à l'arrivée avait quelques minutes de trop.
Pour le skate, c'était un peu mieux sans être formidable, j'ai pu bénéficier d'un coup de main de dernière minute de Simon Caprini (Rossignol), de passage dans le coin avant de poursuivre sa route pour Oestersund et je termine à une bien maigre 24ème place, bien en-deçà des objectifs fixés. En tout cas, une chose est sûre, je ne peux que progresser. Un peu de repos, de l'entraînement, et j'espère avoir retrouvé mes jambes de feu pour les prochaines épreuves.
Demain dimanche, c'est retour à la maison, et si éventuellement (on se sait jamais...) vous avez de la famille qui habite dans la région de Funäsdallen, ou alors que (on ne sait jamais...) vous êtes venus vous balader dans le coin et que vous croisez (on ne sait jamais...) un auto-stoppeur chargé de sa housse et de ses bagages, s'il vous plaît, arrêtez-vous, ce gars-là n'est pas bien méchant et ne voudrait pas louper son train qui part de Roros.

Bilan
Ce voyage m'aura appris plusieurs choses: 
-Le stop, c'est pas le top ici.
-Se trimbaler seul sur une course, c'est pas le top non plus
-J'aurai fait mon quota de hitch-hiking de l'année. (et j'aurai bien poireauté)

-Les Scandinaves parlent bien mieux l'anglais que nous.(ça, c'était juste l'info en plus)

Allez, voilà un peu pour les nouvelles sportives, et à bientôt pour de nouvelles galères aventures.

mercredi 20 novembre 2013

Le Nord

Depuis quelques jours, je suis dans le Grand Nord. Enfin, pas tout à fait le Grand, mais le Nord quand même. Avion direction Oslo, puis train direction Roros, puis stop direction Funäsdalen (puis pour le ski, encore stop chaque jour direction Bruksvallarna). Bon, concernant le stop, autant vous dire que c'est pas la tasse de thé des Suédois. Je vous laisse en plus imaginer quand la housse est chargée et qu'il faut réussir à la caser dans la voiture. Mais tout se fait, vu que je suis bien arrivé à destination. Par contre, il y a un petit handicap, c'est la nuit. Et vu qu'elle arrive tôt (15h30), il faut s'y prendre vraiment très tôt dans toute son organisation.
Je suis avec Nils Louna (créateur du super magazine gratuit NordicLand, mon photographe officiel ici, l'image est de lui!), et je vais faire les deux courses vendredi en classique et samedi en skate. J'espère trouver un peu d'aide auprès du Team HSN pour le fartage, parce que c'est un peu délicat quand on est seul. Pour le reste, il n'y a plus qu'à faire fumer la neige, même si en ce moment, je ne la fais pas vraiment fumer mais elle qui me glace les os. Eh oui, la Scandinavie, c'est aussi les grands froids, près de -20 au thermomètre ce matin. Si vous regardez bien la photo, j'ai de la glace sur la barbe et je fais comme les pigeons, je rentre la tête dans les épaules pour garder la chaleur. Mais ça ne marche pas, j'ai mis deux heures à me réchauffer en rentrant. Heureusement qu'un suédois sympa fait la route tous les jours pour rallier les 10km entre le logement et la piste et m'évite de poireauter au bord de la route pendant des heures.
Pour info, le stop en anglais, c'est Hitch-Hiking. Voilà, c'était juste pour mettre un mot de plus dans le vocabulaire


Copyright Nils Louna

mercredi 6 novembre 2013

Rigolons (ou pas) un coup

J'ai pris un coup de blues. Il est arrivé comme un coup de froid, en réponse à ma demande de sélection en vue des Jeux Olympiques. Cette annonce n'est malheureusement pas un coup de Trafalgar, même si, au fond de moi, je continuais à vouloir y croire. Un coup de fil lointain, m'annonçant clairement les choses. Au premier échange, j'aurais tant voulu que cette annonce soit un coup pendable.
« Eh non, Monsieur Chauvet, vous n'avez pas le droit de participer aux présélections qui vous permettraient de participer ensuite aux sélections pour d'éventuelles sélections pour les JO ».
Pas de coup de théâtre. Le message m'a été transmis en coup de vent.
Alors oui, j'accuse le coup. A mes yeux, tout cela prend des airs de coup de Jarnac. Tant de si, d'un conditionnel qui réduit mes ambitions en cette année Olympique. Un constat délicat, qu'il est parfois simple de compliquer des choses simples. Pourtant, je n'avais pas besoin de coup de pouce, j'aurais voulu que mes résultats passés parlent d'eux même.
Aujourd'hui, j'aimerais pouvoir pousser mon coup de gueule. Dire que je trouve cela dommage, que j'aimerais que le sport  véhicule ses belles valeurs sportives, avec uniquement le chrono et le gars qui court à sa poursuite.
Si j'étais politicien, j'aurais monté mon armée pour faire mon coup d'état. Je l'aurais fait sans coup férir. Mais je n'ai que mon armée d'idéaux, et les idéaux ne changent pas le monde en quelques instants. Si j'avais eu un penchant pour l'alcool, j'aurais noyé mon désespoir en buvant un bon coup. Mais avec un coup dans le nez, j'aurais peut-être dérapé et fait comme ce bon Zizou, mettant un bon coup de boule dans l'affaire, faisant trembler la table d'un coup de poing.
Pourtant, je ne cesse d'y croire. Que faire d'autre ? Ce coup de frein, je le laisse de côté. Il y a toujours l'espoir qui subsiste, celui de réaliser un coup de maître sur les skis, sans coups bas. Alors du coup, je tiens le coup, je laisse de côté ce coup de pompe, passager, et je reprends les seules armes que je connaisse, mon courage et mon corps, je m'en vais traverser ce coup de tabac avec l'ambition de revenir toujours plus fort. Sans coup d’œil en arrière.


Petit lexique pour ceux qui ont la flemme de prendre le dico:

Coup de Jarnac : coup violent, habile et imprévu
Sans coup férir : sans rencontrer de difficulté
Coup de Trafalgar : événement inattendu bien fâcheux
Coup de tabac : événement brutal aux conséquences lourdes
Coup pendable : mauvaise plaisenterie


lundi 21 octobre 2013

Pensée du Jour (Numéro 4)

"La vie est de ces aventures qui ne trouvent leur sens que lorsqu'on les vit"
                                                                                                                       
                                                                                                                      Benoît Chauvet



jeudi 3 octobre 2013

Comme quoi, des fois, on se bonifie avec l'âge (Grimpée du Pays Rochois)

J'aime bien les soirées entre amis. On se serre la pince, on papote, on mange de la bonne chère, et puis on boit un ou deux bons verres mais pas plus, parce que plus c'est trop et que trop est synonyme de lendemain difficile.
Dans ce moments, on rigole, on refait le monde, et on parle du bon vieux temps. Oui, ce bon vieux temps auquel vous pensez tous, celui-là même où la vie était plus simple, plus belle. Ce bon vieux temps où on partait avec les potes jusqu'au petit matin, ce temps où on vidait les fûts de bière par dizaines sans que cela n'affecte notre bonne conscience (du moins c'est ce qu'on croyait), bref, ce temps où on était jeunes (et c..), ce temps où nous nous prenions pour les rois du Monde et comptions les nuits blanches par trentaines chaque fin de mois.
Aujourd'hui, quand on discute de cette lointaine jeunesse, on se rend évidemment compte que ce temps est bel et bien révolu. Que le physique ne suit plus et qu'il faut être raisonnable avec son corps. Qu'un carreau de chocolat vient se caler dans les bourrelets, qu'un verre de bière fait mal aux jambes et que se coucher après dix heures le soir rend le lever très laborieux. Mais tout cela, il faut malheureusement bien l'accepter.
Pas plus tard que ce week-end, je suis allé faire une course. La Grimpée du Pays Rochois. Un classique depuis plusieurs saisons. J'y ai connu mon heure de gloire, il y a bien des années en arrière. Je parle de ce passé révolu que nous abordions en ce début d'article. C'était il y a huit ans, j'avais vingt-quatre ans, et vous vous dites que c'était une autre époque, celle où les éléphants avaient du poil, où l'on marchait emmitouflés dans les peaux des bêtes que nous venions de tuer et où l'on apprenait tout juste à énoncer des mots intelligibles. Bref, passons.
J'ai donc participé à cette nouvelle édition, j'ai accroché mon dossard au tee-shirt, tout le monde est parti au coup de fusil et on a gravi les quelques dix kilomètres et mille mètres de dénivelés qui nous séparaient de l'arrivée. En somme, rien d'exceptionnel. Sauf que...
...une fois la ligne d'arrivée franchie, une personne a abordé le sujet du temps. J'ai levé les yeux, et constaté qu'il faisait beau. (Note de l'auteur: à l'arrivée d'une course, il faut éviter de poser des questions trop complexes à l'athlète, étant donné qu'en général, il part sans son cerveau afin de gagner du poids). 
-Je sais bien qu'il fait beau, a répliqué la personne. Je vous parle de votre temps. 
J'ai alors regardé ma montre. Et constaté que j'avais amélioré mon temps de ma période pré-historique.
Je suis resté sans voix. J'étais sonné. Et... et je me suis dit que finalement, parfois, il fait bon vieillir. Et qui sait, que je suis peut-être comme le bon vin*, je me bonifie avec l'âge!!!



*A consommer avec modération**
**On est bien d'accord que je parle du vin...

mercredi 25 septembre 2013

Il vaut mieux être cultivé au départ d'une course

L'histoire date de quelques jours, mais comme toutes les histoires, il faut un peu de temps et de recul pour les raconter et qu'elles soient belles. Bien que celle-ci soit complètement quelconque.
Pour la troisième année de suite, je suis allé courir les foulées maglanchardes. Une belle course à pied qui prend son envol de Magland pour terminer sur les hauteurs, après une ascension de 10km et 650m de dénivelé. 
Tout ça vous fait une belle jambe, me direz vous, et moi qui ai loupé ma vocation de comique, je vous répondrais que non, cela fait plutôt mal aux jambes. Vous ririez ensuite pour me faire plaisir, je sourirais par respect, et nous n'en parlerions plus.
Mais l'histoire est parfois faite de petits détails qui méritent une parenthèse. Cette année, la course s'est déroulée sous des trombes d'eau. En prenant le départ, j'avais deux options. La première : les bottes en caoutchouc, le ciré, l'imperméable, la capuche transparente à pois spéciale grand-maman et le parapluie ou alors la deuxième: le short, le débardeur et les baskets.
J'ai bien entendu choisi l'option numéro un...
Bref, après multiples double noeuds sur mes chaussures, l'un de mes lacets s'est défait dès le premier kilomètre. Je m'en suis aperçu très rapidement, et le reste de la course, je n'ai cessé de me demander à quel moment j'allais m'arrêter pour refaire ce fichu lacet. Sauf que voilà, une musique du chanteur Dionysos est venue me harceler en boucle jusqu'à la fin de la course:

"Tes lacets sont des fées, tu marches dessus
Tu les laisses traîner, tu marches dessus
Mes lacets sont des fées, je marche dessus
Je les laisse traîner, je marche dessus

C´est dommage d´écraser de si jolies fées
Je n´arrive jamais à les attraper
Avant de tomber..."

Alors pour faire honneur à sa chanson, j'ai préféré garder mes lacets des... fées jusqu'à l'arrivée. Résultat: Comme par magie, je n'ai pas perdu ma basket qui est restée solidement accrochée à mon pied.



(Et pour la petite info sportive, je termine 2ème en améliorant mon temps de l'an passé de près d'une minute et vingt secondes.)



mercredi 18 septembre 2013

Un dessin pour rire

Aujourd'hui, c'est un petit dessin. Il n'est pas de moi (et ça se voit, j'ai malheureusement la plume plus facile que le crayon, mais je progresse, je progresse. C'est comme tout, il faut pratiquer pour progresser), par contre, il illustre bien mon bouquin, avec un personnage un peu casse-cou, gaffeur mais attachant quand même.
En tout cas, il décrit bien les sorties de ski à roulettes, bien que j'aie la chance de n'avoir pas encore eu de gamelles. Ah si, deux en quasi "sur place", la première en essayant de descendre un trottoir, la deuxième en plantant le bâton dans les grilles d'une bouche d'égout.
Merci à Sylvain pour l'envoi, et surtout à son frère Benjamin (connu sous le pseudo Wingz) pour ses talents d'artiste !


mercredi 11 septembre 2013

Les quatres saisons du Kilomètre vertical Scott de Manigod

Cette année, le kilomètre vertical de Manigod a tenu ses promesse. Du beau monde, des bonnes rigolades, de bonnes galères, et surtout, une météo... généreuse ?!...
On a eu droit à tout: Les orages et la grêle pour la première, la canicule pour la deuxième, des trombes d'eau pour la troisième et enfin, la nuit pour la dernière.
Résumé rapide en images.


jeudi 5 septembre 2013

Dopage : Indignons-nous, indignez-vous.

Lorsqu'on me clame que la bataille contre le dopage est perdue d'avance, je réponds que bien au contraire, de plus en plus de personnes sont intéressées par cette lutte. Parlons tout d'abord de cyclisme, du fameux Tour de France, l'un des événements les plus populaires au Monde. Le troisième, après la Coupe du Monde de foot et les Jeux Olympiques, pour être plus précis.

Jusqu'à l'affaire Festina, les grands dopés du cyclisme franchissaient la ligne d'arrivée sans que mal leur arrive (à part peut-être un infarctus douteux au cours d'une montée), Riis, Merckx, Indurain, Fignon, Thévenet...
Mais depuis, des noms sont tombés, d'autres ont avoué. Les scandales éclaboussent les plus grands, Armstrong n'est (heureusement) pas passé à travers les mailles du filet, et si tant d'autres derrière suivent ou vont suivre le même chemin, c'est grâce à la conviction des insurgés qui font de ces hypocrites des rois déchus.
Si chacun d'entre nous peut montrer du doigt, ne serait-ce que par un court message moralisateur, le "public" en est forcément interpellé. Certains préféreront baisser les yeux, mais je reste convaincu qu'un jour, la peur remettra de l'ordre et de la justice dans ce tas d'inconscients. Ne pas accepter. Condamner, même dix ans après les faits. Retirer à ces tricheurs tous leurs bénéfices, en faire des parias. 
D'aucuns exigeront d'emprisonner les voleurs, comme on emprisonne le malfrat capable de piller les honnêtes gens. 
Et si nous devions en passer par là ?...

A ceux qui me disent que certains sports, comme par exemple le ski de fond, échappent à ce fléau, je ne peux que sourire. Le dopage touche absolument tous les sports. Dans le ski, les scandales sont venus principalement des Pays de l'Est, de la Scandinavie, mais le mal est présent partout. Si aucune discipline n'est épargnée, c'est parce que l'Homme, appâté par la réussite, est parfois prêt aux pires folies pour gagner quelques précieuses secondes, au risque d'y laisser la vie. J'ai vu des amateurs, jeunes et vieux, avaler des pilules miracles pour tenter de rivaliser avec les meilleurs. La véritable problématique est éthique, morale. Je voudrais croire que notre conscience nous impose certaines règles et que les décisions que nous prenons sont celles qui nous semblent justes. S'il y a une chose dont je sois sûr, c'est que tricher ne fait pas partie de cette vision que nous avons tous de la justice. 
Et très honnêtement, ces quelques secondes valent-elles toutes ces folies ?... 

La médiatisation incite contre son gré la venue de ce genre de scandales, l'argent gangrène la beauté de ce monde, la planche à billets change nos comportements, désoriente nos acte. La cupidité est une maladie qui nous est propre, à nous, Humains. Elle nous fait perdre la raison lorsque ce n'est pas la santé.
Pour en revenir à nos brebis galeuses, cesser la médiatisation n'est pas une solution en soi. Dans une vie qui se calque au rythme de l'horloge, nous avons besoin d'évasions, d'émotions, d'un soupçon de rêve, et nous avons besoin de ces sportifs allant au bout d'eux même pour nous rappeler que nous ne sommes pas les seuls à endurer les épreuves de la vie. Quelque part, ils nous aident à nous transcender et à affronter la peine de certains jours.
La propreté dans le sport serait tellement bénéfique. Nous aurions droit alors à de fabuleux retournements de situations, une course comme le Tour de France aurait alors cent héros au lien de n'en avoir qu'un. Je ne crois pas en l'homme parfait, nous avons tous des défaillances. Fatigue morale ou physique, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Dans ces moments difficiles, s'il fallait n'avoir qu'une seule certitude, elle serait de croire que demain sera un jour meilleur.

Il y a au fond de moi beaucoup de frustrations et d'amertume lorsque les lauriers se posent sur la tête des tricheurs. Nous les connaissons tous, et lorsqu'ils tombent, personne n'est surpris. Mais ce qui me rassure, c'est que certains (pas tous, bien sûr, mais j'ose croire qu'un jour...) font le geste de trop, la piqûre de trop, ou sont impliqués dans de grandes affaires, et ils tombent. Pour ceux qui ont la foi, c'est un soulagement et une belle satisfaction. 
Je ne cesse de croire, encore et toujours. Chaque fois que je prends le départ d'une course, sur la même ligne que les tricheurs, cette conviction m'aide à me dépasser.
Ils tomberont. Un jour, aujourd'hui, demain, dans dix ans, cent ans... mais ils tomberont!
Aujourd'hui, la lutte anti dopage a une longueur de retard, mais laissons le temps au temps. Un jour, à force d'entraînement, d'espoir et de conviction, les derniers rattraperont les premiers, et ce jour-là sera la plus belle gloire du Sport.
Mais surtout, ne perdons pas espoir.

dimanche 1 septembre 2013

Bataille contre le dopage: Lettre à Guillaume Prébois.

Il y a quelques jours, je lisais ICI un article écrit par Guillaume Prébois qui ne m'a pas laissé indifférent. J'ai eu à coeur de lui laisser un petit message.


Monsieur Prébois,

Je suis tombé par hasard sur votre article, de ces hasards trop peu nombreux qu’offre aujourd’hui un Internet peu vertueux. En laissant traîner un œil curieux sur votre article, je me sens tiraillé entre deux sentiments. La  révolte, d’une part. Celle de voir que les tricheurs, les faussaires, ces escrocs de bas étage ont encore fait un pas de plus vers leur grande arnaque et s’acheminent doucement vers une nouvelle grande victoire : banaliser le développement de l’homme machine au gré de concoctions magiques dont même les druides de l’époque gallo-romaine auraient envié le secret.
Ah, les dopés… Eux qui n’ont aucune conscience, ces voleurs de rêves, ces briseurs d’enfance, ces hommes que nous devrions tous pointer du doigt gravissent lentement les marches de l’Olympe et, par la force des médias ébahis, tendent leurs bras vers le ciel à chaque victoire sous l’adulation d’un peuple qui refuse d’admettre la vérité, qui refuse de voir l’évidence, pourtant aussi flagrante qu’un nez au milieu d’un visage.
Comme si nous préférions devenir aveugles plutôt que de voir tomber ces idoles façonnées dans le mensonge, façonnées par un public trop conquis pour reconnaître ses torts. Car oui, la faute nous est en grande partie imputable. Plutôt que de nous désintéresser des tricheurs, nous préférons oublier l’impardonnable, ou tout simplement ne pas y penser. Nous vouons le culte de l’hypocrisie, et peut-être notre jeunesse est-elle trop encombrée de films de super-héros pour standardiser cette surenchère de performances pourtant toujours plus douteuses.
Ce que nous oublions, c’est que ces super-héros de notre enfance défendaient une cause commune qui avait pour trait la Justice. Notre conscience devrait nous inciter à défendre cette noble cause, et chacun de nos actes devrait nous rallier, nous unir. Combattre le crime, enfermer les vilains et tout mettre en œuvre pour les empêcher d’agir.
Oui, je suis révolté, et comme vous, j’espère qu’un jour ces vauriens seront sous les verrous.
Mais je suis triste. Triste de voir qu’un fervent défenseur de cette noble cause qu’est la justice baisse pavillon, triste de voir que le héros finit par baisser les bras et admet que la bataille contre le mal est perdue d’avance.
Aucune cause n’est jamais perdue. Rentrer dans cette guerre est un acte de bravoure, de courage, mais il est surtout un acte de foi. La foi déplace les montagnes, nous clame-t-on. Le véritable héros ne demande rien en retour, il agit par conviction. Il ne sera probablement pas auréolé, mais il se sera battu pour défendre une idée, pour la transmettre. Les idées allient les hommes, et les idées ne meurent jamais. Encore faut-il y croire. Renoncer, c’est accepter que cette idée puisse mourir un jour, c’est accepter l’injustice.
L’homme, aujourd’hui, préfère accepter la tromperie. Nous sommes orgueilleux, il faut du courage pour admettre ses torts, et il nous faut sûrement un peu de temps avant d’ouvrir les yeux sur cette grande supercherie, à accepter de nous être fait berner. Je rêve de croire qu’un jour, nous ferons chacun de notre mieux pour construire un monde meilleur. Je dois avouer que je reste sceptique mais, au fond de moi, je veux croire en l’Homme. Je veux croire en l’avenir.

Monsieur Prébois, je suis tombé par hasard sur votre article, de ces hasards trop peu nombreux qu’offre aujourd’hui un Internet peu vertueux.

En le lisant, je veux croire qu’il n’est qu’un coup de gueule, un coup de blues passager. Mais que, sans plus hésiter, vous reprendrez les armes et poursuivrez cette bataille. Et nous vous suivrons, sans hésiter. Nous nous battrons à vos côtés. Chaque jour, l’un d’entre nous viendra vous rejoindre et grossir vos troupes pour qu’alors, nous puissions enfin rêver pour de bon.

dimanche 18 août 2013

Moi aussi, j'ai droit à des vacances!

Je sais, je n'ai pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps. Mais je suis comme vous, moi aussi j'ai droit à des... vacances !
Je les mérite, quand même, je bosse tous les jours, qu'il pleuve, qu'il vente qu'il neige. Même le dimanche. Ski roue, course à pied, l'été passe et j'enchaîne les heures. Donc oui, moi aussi j'ai droit à des vacances.
Ahhhhh, les vacances... frôler la mort en voiture sur les routes de France, se prendre de merveilleux bouchons d'une heure ou deux sur l'autoroute, prendre un bain de dioxyde de carbone, d'ozone, de nitrates, de sulfates et tant d'autres polluants au milieu de toutes ces voitures, arriver exténué après dix heures passées sur la route par 35 degrés à l'ombre avec une voiture sans climatisation, avoir du mal à trouver une place pour poser sa serviette sur la plage envahie par la foule parce qu'il ne reste plus un centimètre carré de libre, se faire engueuler parce qu'on a marché sans le faire exprès sur la serviette du voisin, jouer au barbecue* (*faire comme les merguez, griller au soleil, faire dorer une face, et quand elle est à point, se retourner pour faire de même avec l'autre face.), prendre de phénoménaux coups de soleils qui vous empêchent de dormir pendant quatre jours, se faire piquer par cinquante moustiques à la nuit tombante, bref, je n'apprends rien à personne, ce sont les vacances! Sans oublier le summum, le Graal des vacances: le farniente, le REPOS!
Oui, tout ça, pourquoi n'y aurais-je pas droit à mon tour. N'avoir dans son sac que son maillot de bain, et rien d'autre.
Donc, je suis parti en vacances pour reposer la machine. Mais j'ai quand même pris une paire de baskets, au cas-où. Et mon vélo, pour faire quelques bornes de temps en temps. Mes ski roues aussi, pour ne pas perdre le rythme. Les rollers, pour se déplacer et en faire à la tombée de la nuit. Quelques haltères, parce qu'on perd assez rapidement la musculature du haut du corps, et la muscu, paraît que c'est important pour la préparation physique. La raquette de tennis aussi, pour faire travailler le cardio et les déplacements courts. Le tapis de sol, pour le renforcement musculaire. Le kayak et les pagaies, quand il faut varier les plaisirs. La perche, le ballon de basket, les gants de boxe, l'arc, le parapente, le ballon de volley, le...
Bref, je suis parti en vacances.



mardi 30 juillet 2013

Kilomètre vertical Scott Manigod, deuxième étape

Il y a tout d'abord le décompte, lent et régulier, qui précède le coup de sifflet. Le moment d’effervescence, où la foule se désorganise. Mettre en place les gestes, doucement. Un pied devant l'autre, en s'obligeant à le faire avec lenteur.
Les montres se sont enclenchées, le compte à rebours est lancé, c'est la course contre l'autre, contre soi-même. La pente augmente rapidement, tout le monde essaie d'accorder sa respiration au rythme des pas. Je m’attelle à la tâche avec succès. Du moins, pendant les cinq premières minutes. Ensuite, je sens la première goutte de transpiration perler sur ma joue. Rapidement accompagnée par une deuxième. La pente augmente encore et contredit ma foulée qui aimerait faire de même.
J'essaie de regarder le paysage, mais lorsque je n'arrive plus à quitter les yeux de mes pieds, je sais que je vais traverser une mauvaise passe. La suite, je la connais par cœur. Le pouls aussi rapide qu'une formule1 alors que j'avance comme une tortue. Je me traîne, je suffoque, j'ai les jambes dures, j'en bave. J'essaie de penser à autre chose, au temps qu'il fait, mais il fait trop chaud et ça ne m'aide pas. Je pense aux dernières musiques que j'ai écoutées, mais quand « la danse des canards » commence à tourner en boucle dans ma tête, je comprends que ce n'est pas la bonne technique.
Je sens que je vieillis au fil des kilomètres. En à peine quinze minutes, je suis passé du stade de solide gaillard à celui de sordide vieillard. J'ai le buste plié en deux, mal partout, la respiration courte, et j'avance à deux à l'heure.
Vient ensuite le moment où ma tête me lâche, où je me demande ce que je fais dans cette galère, et quand c'est qu'on arrive, c'est encore loin, là ? Où je disjoncte, où je radote, je me dis plus jamais, plus jamais, plus jamais...
Et puis j'arrive, enfin. Halte salvatrice, instant libérateur, je suis sauvé. Mon cœur bat encore, mon corps vit encore, je reprends mes esprits, je me calme, tout va bien. Je pense encore à mon « plus jamais ».
C'était dur, hein, quand même ?!
Au bout de cinq minutes, je relativise et me dis que finalement, pas tant que ça.
Dix minutes plus tard, je rigole avec les autres concurrents. Oui, à vrai dire, c'était bien marrant ce petit moment (et j'ai la rime facile).
Et le soir, de retour à la maison, je regarde mon chrono et j'ai la certitude que je peux mieux faire. J'ai déjà hâte et je me dis : vivement le prochain !







lundi 15 juillet 2013

Kilomètre vertical de Manigod, édition 2013

Mercredi dernier avait lieu la première édition du kilomètre Vertical de Manigod, version 2013. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce qu'est un kilomètre vertical, un peu de documentation dans les archive 1 et archive 2 du site. Le genre de course où lorsqu'on est au départ, il faut éviter de regarder l'arrivée sous peine de se prendre un formidable torticolis. Le genre de course où l'on profite pleinement du paysage (mais aussi de ses pieds). La course, en un mot, c'est un mur.
Pour moi, c'était l'occasion de tester sa forme, de voir comment avance le bonhomme. Se situer par rapport à sa préparation estivale.
Voir si on est toujours capable de mettre un pied devant l'autre (ou en tout cas le croire).
C'était ma première de l'année, j'ai fini deuxième.

Mais il y en a encore plein d'autres à venir...



samedi 29 juin 2013

Toutes les belles histoires ont une fin...

Je l'aimais...
Un complice qui avait survécu au passage des années, aux sévices du temps. C'était mon pote, mon copain, mon héros, mon fidèle destrier qui m'accompagnait dans toutes mes tournées, dans mes randonnées les plus folles, dans mes périples d'aventurier. Il ne se plaignait jamais, se contentait de grimacer quand, de mon côté, je serrais les dents pour ne pas flancher. Il était vieux de la vieille, les vitesses à l'ancienne, accrochées au cadre. L'âge l'avait rendu un peu cagneux, grinçant. Certes, il faisait grise mine face aux jeunes, en me voyant à ses côtés, j'avais droit à quelques médisances de la part de mes concitoyens. L'habit ne fait pas le moine, me disais-je alors lors de mes infinies balades dans les contrées lointaines. J'imaginais que nous vieillirions ensemble, nous remémorant au coin du feux nos fabuleuses épopées, riant de nos anecdotes désopilantes.
Ah, nous en avons vécu, de belles aventures... Nous en avons vécu de belles, tous les deux. Hein, mon grand ami ! Il y avait cette fois où nous sommes partis à l'autre bout de la France. On rigolait, cheveux au vent, avançant sans nous soucier de rien. Avec toi, je n'ai que des bons souvenirs. Comme cet orage survenu au milieu de nulle part, où nous avons dû nous abriter sous le auvent d'une vieille ferme, dans le Périgord. Et puis cette fois, où nous sommes arrivés au beau milieu de la nuit, après une interminable montée dans l'un de ces immenses cols. J'avais les jambes tremblantes de fatigue et...
Ah tiens, c'est curieux, j'avais oublié ce passage. Un peu moins drôle. C'était un peu de ta faute, tu m'y avais embarqué de force. Mais passons. Te rappelles-tu cette rencontre dans cette vieille ferme, avalant un verre de gnôle d'un cul sec, parce que...
…j'avais le coude en sang, le regard vitreux. Tu m'avais mis à terre et... et...
Je... Je disais quoi déjà ?... Je parlais d'amitié. De bons souvenirs. Des quatre cents coups que nous avions faits tous les deux. De cette fois où nous avons rigolé, avec l'infirmière. Elle nous racontait quelques blagues pour canaliser mon attention, pendant qu'elle enlevait les morceaux de gravier et de goudron incrustés dans ma plaie. C'était pourquoi déjà ? Ah oui, ça me revient. Tu m'avais mis à terre dans un virage, alors que nous étions à quatre-vingts à l'heure.
Et je... Euh...
Tiens, et cette fois où tu m'as mis des ampoules plein les mains, hein ?! Tu t'en souviens de ça ?! Et puis mes fesses en compote, par ta faute, parce que tu m'as emmené faire des tours et des détours, que tu nous as perdus dans l'une de ces routes forestières. Et puis la fois où tu m'as joué le coup de la panne. Je peux te dire que ça ne m'a pas fait rire. Mais alors pas du tout. Super, hein, les bons moments. Le vent de face dans les plaines de Bourgogne. Et la fois où tu as crevé alors qu'on venait de partir, alors là, c'était le summum. Lamentable. Pitoyable.

Quel dommage. Hier, tu as rendu l'âme. Et c'est...


Et je reste poli !


lundi 24 juin 2013

Un printemps prolifique en écriture!

Enfin! Voilà deux ans que je planchais dessus, et je l'ai terminé. Je viens de mettre un point final à mon "Temps des sourires", un roman d'aventure débuté peu après notre retour du Tour d'Europe en Tandem avec Lucie. Bon, je mentirais en disant que j'y ai passé des jours et des nuits, parce que je l'ai laissé en plan de nombreux mois, mais j'avais à coeur de le finir. Reste le plus dur: les corrections. Par contre, je viens de voir que le titre "Le temps des sourires" était celui d'un album musical, donc j'ai bien peur de devoir changer de titre, enfin, on verra tout ça en temps voulu.
Bon, la mauvaise nouvelle, c'est qu'il ne devrait pas paraître tout de suite, simplement parce que le bouquin qui devrait être rapidement dans les bacs, c'est "La p'tite Boucle", un récit romancé sur le Tour de France en ski roue que j'ai terminé d'écrire et de corriger il y a quelques jours à peine. Il sera un peu de la même trempe que le recueil de nouvelles "Et sinon, vous faites quoi dans la vie ?". En gros, des sourires, de la lecture pour se détendre, juste ce qu'il vous faut pour passer un bon moment de lecture.
Un extrait de quelques pages très prochainement, promis!


lundi 10 juin 2013

Blague Carambar


Selon les dires, le mauvais temps de ces derniers mois a eu pas mal d'influence sur le moral des français... 







vendredi 31 mai 2013

Dérèglements climatiques

Depuis de nombreuses années, on ne cesse de nous sensibiliser sur le réchauffement climatique...





Mais aujourd'hui, il semblerait que les choses aient changé...


Je sais, il ne fait pas beau, mais il vaut mieux en rire !

mardi 28 mai 2013

Une question de temps!





Bref, si jamais vous voyez un rayon de soleil, un bon conseil: Courez vite le prendre!!!

dimanche 19 mai 2013

Reprise

Les skieurs ont repris l'entraînement. Tout le monde le clame, c'est comme qui dirait dans l'air du temps. Machin a repris le vélo, bidule est allé faire un stage dans les îles, sans oublier truc, qui a pu chausser les skis au fin fond de la Norvège.
Alors c'est à mon tour de le clamer haut et fort: Hier (quand je dis hier, c'était un moment passé, terminé, daté qui n'a pas de lien avec le présent, mais qui n'est pas forcément la veille d'aujourd'hui), j'ai repris l'entraînement!
Il y avait encore de la neige dans les montagnes, j'ai longuement hésité entre le vélo, le ski. Le ski, le vélo.
Et vu que je n'ai pas su prendre une décision, je suis monté en vélo faire du ski.
Il n'y a rien de drôle là-dedans. J'avais juste envie de vous le dire.

Bref, je suis allé faire du Skiclisme.

lundi 6 mai 2013

22, v'là l'bilan

Pour bien comprendre ce bilan, il faut repasser en revue les quelques histoires de la saison (en lien pour ceux qui n'auraient pas suivi)
Il y a tout d'abord eu cette fameuse histoire du chiffre 4, qui m'a collé à la peau pendant plusieurs week-end. J'ai eu un mal fou à m'en défaire, mais j'y suis quand même arrivé, virant par la même occasion ma canne de p'tit vieux
Piqué dans ma fierté de me voir affublé du titre de "vétéran", que l'on utilise pour bien vous faire comprendre que vous êtes désormais vieux et bientôt bon à remiser avec les outils et carcasses de voitures hors d'usage, j'ai voulu monter que je pouvais encore donner du fil à retordre aux jeunes.
Mais, dixit le proverbe, "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Le mois de janvier, comme qui dirait, c'était la caca, la cata, la catastrophe. J'ai soupçonné -à tort- quelqu'un de m'avoir volé ma forme, ce qui aurait expliqué mes performances en berne. Fausse alerte, cette bonne et vieille forme avait fugué et, en mal de moi, elle a  fini par revenir. Juste à temps pour satisfaire ma curieuse addiction aux cloches. Une magnifique victoire à la Transjurassienne a offert de la compagnie aux deux existantes (la première, celle de la Transju 2011, et l'autre, celle du goujat qui se veut drôle...)
Cette victoire, je la dois aussi à mon sérieux. J'ai simplement réappris à compter, me convainquant sans cesse qu'après le "un", il y avait le "un" et puis encore le "un". Tout bonnement. Et ça a marché. Tout bêtement. D'autant plus que le un, il est facile à prononcer, il ne râpe pas la gorge, et est doux à l'oreille. 
J'aurais bien voulu l'entendre de plus nombreuses fois, mais la forme est capricieuse et n'en fait parfois qu'à sa tête, et bien que je l'aie attachée pour qu'elle ne me refasse pas une nouvelle fugue, j'imagine lui avoir laissé trop de jeu, ce qui expliquerait ces quelques secondes qui m'ont manqué lors des sprints finaux de certaines grandes courses.
Aujourd'hui, après une courte pause, il va falloir reprendre le chemin de l'entraînement. Avant cela, je suis allé naviguer sur internet pour faire une commande importante. Vous vous en doutez, je me suis acheté des cerceaux. 
Comment ça, pour quoi faire ? Bah, pour les Jeux Olympiques! Si je veux essayer d'y aller, il faut bien que je commence à m'entraîner rapidement.




dimanche 21 avril 2013

Une course en Norvège


J’ai longuement hésité. J’y vais, j’y vais pas. J’y vais pas, j’y vais…
Fin de saison, fatigue, manque de motivation, printemps… A vrai dire, je ne savais même plus trop quelles raisons pouvaient orienter ma décision en faveur du départ. La raison aurait voulu que face à cette balance dont tous les arguments penchaient à la faveur du non, je m’abstienne.
Il n’aurait pas été étonnant que je reste. Mais j’étais sensé être homme de paradoxe, et pour ne pas ternir une réputation dont j’avais eu un mal fou à me forger, je suis donc parti. Où ça ? Pour une course en Norvège, trois semaines après les dernières épreuves françaises. Le plus difficile était moralement. Ça impliquait de ne pas remiser tout de suite ses skis dans le placard, poursuivre quelques séances d’entraînement sur neige, par plus de vingt degrés, et se dire que j’allais encore en baver une nouvelle fois cette saison.
J’ai mis mes affaires dans la voiture et j’ai pris la direction de l’aéroport. Il y avait des bouchons dans Genève. Des travaux par-ci par-là, et j’ai failli louper l’avion. Le jeudi soir, j’atterrissais en Norvège, pas loin d’Oslo. Le lendemain, je loupais le train pour quelques minutes. J’avais trois heures de trajet pour rejoindre le site de course. J’ai donc opté pour le bus. Le bus a pris du retard, et j’ai loupé la correspondance pour les derniers cinquante kilomètres. Je me suis retrouvé à faire du stop, perdu au milieu de nulle part, la housse sur une épaule, le sac sur l’autre et l’estomac criant famine. Mais j’ai fini par arriver à bon port.
Le lendemain, nous devions, tous les concurrents, prendre un train qui devait nous amener au départ. Il y a eu une panne d’une heure, et nous avons donc loupé le train que nous devions prendre. Même si le départ a été décalé, il s’en est fallu de peu pour qu’on le loupe. Mais je l’ai eu. On l’a eu. Finalement, j’ai commencé à me demander si, dans l’enchaînement malheureux des événements, je n’avais pas une certaine part de chance, vu que j’arrivais toujours à avoir ce pour quoi j’étais là.
On a fait la course, j’ai pris un mauvais départ, et j’ai loupé le wagon de tête. J’ai néanmoins réussi à le rattraper, et au fil des kilomètres, on s’est retrouvé à trois pour jouer le podium. Trois bonhomme pour trois places, ça tombait bien. Je me suis battu jusqu’au bout, mais j’ai terminé deuxième. Deuxième, c’était pas mal, j’étais fatigué, content de moi, je venais de clore une belle saison.
–T’aurais pu gagner, non ? m’a-t-on fait au retour.
Je n’ai pas compris la remarque. Deuxième, ça restait une jolie place. J’avais terminé à quelques secondes du vainqueur.
En fait, j’avais loupé la Subaru.
Oui, il y avait une Subaru pour le vainqueur. En rentrant, ma vieille 106 m’attendait sur le parking. Je suis quelqu’un de fidèle. Et puis, je l’avais depuis tant d’années, ma vieille titine. Qu’est-ce que j’aurais fait d’une Subaru rutilante, brillante, toute neuve ?
J’ai mis le contact, le moteur a toussé et s’est étouffé. Un gros nuage de fumée est sorti du pot d’échappement. Ensuite, plus rien. Je suis resté en plan sur le parking.
Oui, j’ai loupé la Subaru…

jeudi 18 avril 2013

Pensée du Jour (numéro 3)

Grandir, ce n'est pas oublier ses rêves avec sa jeunesse, mais s'épanouir en leur faisant prendre vie


© Benoît Chauvet

samedi 13 avril 2013

Les soucis existentiels

Je porte des lunettes. Oh, ça date... Depuis la sixième, peut-être la cinquième. Donc oui, ça fait un petit bout de temps. J'en ai d'abord eu de jolies bleues. A cette époque, je n'en avais besoin que pour lire au tableau lorsque j'étais en bout de salle. Les rouges, c'est quand il a fallu en avoir pour regarder aussi la télé. Les rondes, c'est quand il a fallu les mettre quasiment tout le temps. L'épaisseur des verres se rapprochait de celle des verres à boire. Des culs de bouteille, auraient clamé les petits malins. C'est à ce moment qu'il a fallu opter pour les lentilles de contact. Un choix judicieux, permettant de cacher au monde environnant cette fameuse tare que je traînais depuis déjà quelques années. Les lentilles, je les gardais du matin au soir, de six heures à vingt trois heures. Essayer, c'est adopter ! Et voilà qu'un jour, mes yeux ont dit stop. La cornée complètement irritée, l'oeil larmoyant. Bref, il a fallu se remettre aux verres. Mais en ski, le confort des lunettes laissait à désirer. Buée constante, sans parler des jours de grands froids où la peau de mon nez restait collée au métal de la lunette. Au bout d'un moment, j'en ai eu marre, et j'ai décidé de m'en passer pour aller faire mes sorties de ski. De toute façon, je ne risquais pas grand-chose, la neige amortirait toute éventuelle chute.
J'ai passé tout l'hiver ainsi, et je m'y suis habitué. De plus, avec la pratique, je connais les moindres virages et les parties délicates du parcours. Désormais, quand je m'entraîne, avec ou sans lunettes, à mes yeux tout est normal.
Le seul souci, c'est quand quelqu'un me fait signe, de loin. Sachant qu'à deux mètres, je ne distingue plus les traits, qu'à dix, les formes sont des ombres chinoises et qu'à vingt, je ne sais pas si c'est un sapin, un panneau ou un type qui est en face de moi, c'est très, mais alors très compliqué pour moi. J'arrive à m'en sortir au son de la voix, en mettant un visage sur ce que j'entends.
Mais parfois, c'est mission impossible.

-Euh... Lolo ? C'est toi ?...

mercredi 3 avril 2013

La vie de l'autre

On me demande parfois quelle est la part du réel et de l'imaginaire dans mes écrits. J'ai envie de reprendre un passage de mon livre (Et sinon,...) bien que j'imagine que tout le monde l'ait déjà lu.


« Un ami m’a demandé si j’avais réellement escaladé cette falaise de cent mètres rien qu’avec les bras, fait le tour de France à cloche-pied, traversé le lac d’Annecy en apnée…Quand je lui ai répondu que non, il a paru déçu. Par contre, il ne m’a pas demandé si j’avais réellement passé mon bac à treize ans. Faut croire que c’était un peu plus dur à faire avaler.
Le soir j’ai remis en question mes talents d’écrivain. Ce que je griffonnais était trop crédible pour pouvoir ne pas être crédible.
Pourtant, moi, ça me semblait évident. Entre Benoît Chauvet et Benoit Chauvet, la différence était énorme. Il aurait vraiment fallu être de mauvaise foi pour ne pas apercevoir que sur Benoît, il y avait le chapeau. En plus, vous imaginez, si je devais raconter ma vie, on serait à des lieues de ce que j’écris.
Non la mienne, en gros, c’est tout ce que je peux écrire, mais en bien pire ! »

Simplement pour dire que si je raconte que j'ai sauté de la branche d'un arbre, dites vous simplement qu'en fait, j'ai effectué un triple saut périlleux à haute altitude depuis la cabine d'un avion.

Et bien sûr, sans parachute !

mardi 26 mars 2013

Pensée du jour

"Heureux les imbéciles, qui dans leur indolence, donnent au sérieux du Monde légèreté et insouciance."


extrait du "temps des sourires", Benoît Chauvet

lundi 11 mars 2013

Tabernak !


Je regarde le gars qui me regarde le regarder. J’ai les yeux ronds, la bouche ouverte, le regard hagard.
-Eh, tsête dze piâf, me fait le gars, vous zêt tsur que que tsou va bien ?
-Euh, je suis désolé, fais-je en reprenant mes esprits. Je ne parle que le français.
Cette fois-ci, c’est à son tour d’écarquiller les yeux, d’ouvrir les yeux. Sauf que dans son regard, je lis qu’il me considère comme le dernier des abrutis.
Il y a peu, j’étais encore en France. Tout semblait parfait. Pour une fois, je n’avais rien laissé au hasard. Après ma galère d’avion d’il y a deux ans (Capt’ain América, dans ce fameux livre que vous devriez tous avoir lu), après avoir été à deux doigts de le louper l’année dernière faute d’avoir pris ce fameux ESTA (histoire à suivre), je pensais être rôdé.
J’avais même pris quelques cours d’anglais, histoire ne pas être ridicule en arrivant chez les Ricains. Pendant le décollage, j’ai repensé au moi d’il y a deux ans, cet inculte moi qui ne connaissait que ces deux répliques connues : Where is Brian ? Brian is in the kitchen.
A l’époque, je n’étais vraiment pas bon. Mais j’ai progressé. Un travail assidu. J’ai ressorti mes bouquins de sixième, et chaque soir, à la lueur de ma lampe de chevet, je me suis répété en boucle les nouveaux mots de vocabulaire. Et aujourd’hui, je n’étais pas peu fier de lancer avec fierté :
Brian is in the kitchen AND he is eating a sandwich.
Mais là, tout de suite, maintenant, je comprends que tout ce travail de longue haleine ne m’a pas servi à grand-chose. Pourquoi ? Simplement parce que si j’avais poussé mes recherches, j’aurais vu que… Nous sommes en 2013 après Jésus Christ. Toute l’Amérique est occupée par la langue Ricaine. Toute ? Non ! Car une région peuplée d’irréductible Québécois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de ricains…
Enfin bref, j’ai donc débarqué près de Montréal, j’ai loupé le bus que je devais prendre, et il a fallu que je me débrouille autrement. Nous arrivons donc au moment présent de l’histoire. Un gars croisé dans la rue, je lui demande si par le plus grand des hasards il parle français, il acquiesce, je suis sauvé. Non pas que je remette en doute mes compétences linguistiques anglo-saxonnes, mais mon cas présent me semblait un peu compliqué.
Je lui ai donc demandé quel bus fallait-il prendre pour aller à Ottawa.
-Viens t’en, tire-toi une bûche pour jaser*, m’a-t-il fait en me désignant une chaise. (* : voir definition en fin de texte)
Faciès du poisson hors de l’eau. Yeux ronds, bouche ouverte. Je vois bien qu’il me prend pour un con lorsque je lui dit que je ne parle que français. Mais je ne me débine pas. Je regarde la carte des bus, et lui demande si je peux prendre le 8 à la place du 13.
-Tantôt t’ô pô eu le 13 ? me fait-il.
-Pardon ?
-Le 8 ? Oh, tsu peux changer quatre trente-sous pour une piasse.
Plus il me parle, moins je comprends. Je lui demande alors s’il connaît les prix pour Ottawa.
-Fouille-moé.
-…
-Le 8, il est rendu, il vô bientôt pârtir. Arrêt dse niaiser avec lâ puck et dsécide toé !
C’est à ce moment que j’ai compris que j’étais vraiment dans une belle galère. Bien entendu, j’ai loupé le bus. Je me suis ensuite débrouillé comme j’ai pu. J’ai pris le mauvais bus, j’ai mis cinq heures pour faire un trajet qui se fait habituellement en à peine plus d’une heure, je suis arrivé exténué et j’y ai laissé tout le change que je venais de faire en arrivant.
Bref, je suis arrivé au Canada, Tabernak !

Epilogue
Pour me remettre de mes émotions, je suis allé prendre une collation dans un bar. J’avais besoin de manger un truc tout en buvant un bon verre.
-Qu’est-ce que vous avez à manger ? ai-je demandé une fois attablé.
-Dsu Humbergueur avèc dsu sirop d’sérâble, avec dses frites cuitses au sirop d’sérâbles. Il y a ôssi dsu steak au beurre d’sérâble, ou encore not’ plât dsu jour, mârinade dse crevet’z au sirôp d’sérâbles.
-Mais, vous avez pas des plats normaux sans sirop d’érable ?
-Nson, dsésôlé.
-Bon, je vais plutôt prendre une bière. Une normale.
La serveuse revient un peu plus tard avec ma bière. Aromatisée, il va de soi, au sirop d’érable.
Pas de doute, j’étais bien au Canada.


* Viens t’en, tire-toi une bûche pour jaser : viens, prends une chaise pour parler
  Tantôt : tout à l’heure (passé ou futur)
  Oh, tsu peux changer quatre trente-sous pour une piasse : C’est du pareil au même.
   Fouille-moé : je ne sais pas du tout.
   Il est rendu : il est arrivé
  Arrêt dse niaiser avec lâ puck et dsécide toé ! : Arrête d’hésiter et décide toi.
  Tabarnak : juron qui exprime la colère, le choc, l’indignation. Mot passe partout.


jeudi 21 février 2013

Le clavier anglo-saxon


Il y a un bouquin qui prend la poussière dans certaines librairies. Oh, pas un grand bouquin. L’auteur, si on peut qualifier le petit gars d’auteur, est un type un peu marginal, qui, au travers de différentes histoires, essaie de faire rire ses lecteurs. Moi, je suis mal placé pour faire des critiques, le livre s’appelle « Et sinon, vous faites quoi dans la vie ? », un nom bizarre soit dit en passant, mais passons.
Le type dans l’une de ses histoires se rapproche de l’ours, et sur ce point, lui et moi ne sommes pas bien différents. La technologie, les ordinateurs et tout le reste, ça parle un peu chinois. Dans ma grotte, je me chauffe encore au feu de bois et pour l’éclairage, j’ai le choix entre la torche ou la bougie. Soit dit en passant, la torche n’est pas mal, elle chauffe en même temps qu’elle éclaire.
Mais tout ça pour dire que la semaine dernière, je suis parti direction le Canada. Et pour donner des nouvelles, je n’ai eu d’autres choix que de me mettre en face d’un ordinateur et son clavier. L’ordinateur, c’est ce truc carré avec, en dessous, des touches sur un clavier. C’est exceptionnel, ce truc. On tape sur une touche et, ô, miracle, la lettre apparaît à l’écran. C’est tout simple au premier abord. Mais ça se complique quand on arrive… chez nos amis anglo-saxons. Je sais pas ce qui leur est passé par la tête en voulant supprimer tous les accents de leurs mots.
Il m’a fallu une demi-journée pour trouver comment mettre les accents sur un –e– qu’il soit grave ou aiguë. La cédille, j’ai mis la journée complète. Mais entre temps, il y avait tout le truc des lettres inversées. Le a devient le q, le q le a, le m se transforme en virgule… de quoi devenir fou. Je me suis mis à cauchemarder la nuit. Les lettres rentraient par mes oreilles et mes narines pour filer mettre la zizanie dans mon cerveau. Bon, là-dessus, je ne crains pas grand-chose, elles n’auraient trouvé que du vide. Mais quand même.
A force de maîtrise (il paraît qu’un clavier s’imbrique très facilement dans un écran, je peux vous le dire, je me suis contrôlé pour ne pas vérifier les dires) et de patience, au bout de quelques jours, j’avais un joli texte en face de moi, sauf qu’il me manquait une dernière lettre pour le terminer. Dont le a. Pas le a normal, celui avec accent.
Je fais plusieurs essais. J’obtiens des â, des ä ou encore des /a,‘a, èa…
Je sens une boule au ventre _a. Elle monte gentiment ẵ, ặ, Ằ
Elle me prend la gorge ậ, ầ, ả, Ậ
Je perds alors tout contrôle.
-Pu(censure)# !&*µ !!+ !
Je vérifie en passant qu’effectivement, écran et clavier ne font qu’un.
La chute dans tout ça ?
Oh, je voulais juste dire que j’avais terminé premier a (avec accent) la Gatineau Loppet.

lundi 11 février 2013

La Transjurassienne, une histoire de cloche

Tout a commencé il y a bien longtemps. J'étais môme, et de cette lointaine jeunesse, je ne garde que peu de souvenirs, si ce n'est cette curieuse addiction pour les cloches. Il y eut tout d'abord celles de l'église du village. Subjugué par leur premier carillon, je suis resté planté dix minutes au pied des murs de la paroisse, la bouche ouverte, abasourdi, voire même étourdi par ce que je venais d'entendre. J'en avais presque le vertige. Comprenez bien, j'avais encaissé une horde de décibels en très peu de temps, et je sentais encore les "DONG" résonner dans ma caboche. A cet instant, je me suis dit "moi aussi, j'en veux une".
Alors j'ai fait ce qu'aurait fait n'importe quel gamin de mon âge: j'ai essayer d'en chaparder. N'étant pas très croyant, j'ai décidé de me convertir. Si je voulais pouvoir ne serait-ce qu'effleurer l'une de ces cloches, il me fallait un moyen d'approche. L'idée était bonne, mais pas la finalité. Tout d'abord parce que la cloche était quasiment aussi grande que moi, pesait une tonne, ensuite parce que lorsque le curé m'a surpris en train de vouloir la détacher, je me suis pris une correction dont mes fesses se souviennent encore. Pourtant, malgré ma confession qui s'en suivit, mon idée de cloche ne m'a pas lâché. J'ai abandonné l'église et j'ai essayé ce qui, à priori, me semblait être la solution de facilité: il y avait plein de vaches dans le champ voisin, et qui dit vaches dit forcément cloches. Mon plan d'attaque était on ne peut plus simple. Il me suffisait de m'approcher de la vache en l'amadouant de quelques caresses, et le tour était joué. On ne peut plus simple.
Je suis reparti aussi vite que je suis venu, un bon coup de sabot incrusté dans mon derrière. Mais il fallait voir le bon côté des choses, j'avais évité de peu les coups de tromblon du fermier.
Ensuite, j'ai essayé de m'attaquer à plus petit: la clochette d'une chèvre. Inutile de vous dire que si l'une de mes fesses avait des raison d'être jalouse, le coup de cornes a remis les pendules à l'heure.
Non, décidément, si je voulais encore avoir des chances de pouvoir m'asseoir dans mes futures années, il me fallait trouver autre chose. C'est alors que j'ai entendu parler d'une course de ski, la "Transjurassienne", et de la cloche offerte au vainqueur. Ça a fait tilt. 
J'ai chaussé les skis, j'ai passé des heures à m'entraîner et puis un beau jour, en 2011, j'ai enfin touché le Graal, j'ai gagné ma cloche. A ce moment-là, je me suis dit que c'était bon, je pouvais arrêter tous mes efforts et remiser mes skis.
Sauf que... sauf qu'une cloche, ça faisait un peu tâche. En plus, cette pauvre cloche se sentait seule, en retrait, sans personne à qui parler. Il fallait lui trouver une compagne. Si j'avais été comique (et mufle sur les bords), j'aurais pu rigoler en vous disant que la deuxième cloche, elle partageait déjà mon quotidien depuis quelques temps... 
Passons et revenons à nos moutons, je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin. Je devais continuer. Il le fallait. Et après des mois et des mois d'entraînement, d'abnégation, de combat acharné, de dépassement de soi, de... (j'en fais un peu trop, là ?!)
Bon, bref, j'ai eu ma deuxième cloche.
Je devrais être un homme heureux. En plus, ces deux-là, inutile de vous préciser que quand elles commencent à parler entre elles, c'est un vrai festival. Oui, je devrais être un homme comblé. Pourtant, je sens comme un petit goût d'inachevé. 
Car étant donné que je suis homme de proverbes, il y en a un qui passe en boucle dans ma tête, sans relâche: "Jamais deux sans trois". 
Il va donc falloir que je retourne au charbon. Comprenez bien, je ne voudrais pas faire mentir le proverbe.
Et si je donne raison au proverbe, j'en trouverai bien un autre quelque part qui dira "jamais trois sans quatre".
Et puis, tant qu'à faire, "jamais quatre sans cinq"
En gros, je suis pas près d'arrêter...

Crédit: Nils Louna