mercredi 6 février 2013

Une course ? Ah bon ?!

Jeudi, c'était le grand départ. Le week-end s'annonçait plutôt pas mal. Déjà parce que j'avais retrouvé cette fichue forme, qui traînait tout simplement au fond de mon lit. C'est un gros problème chez moi : j'oublie où je range les choses. Avant, j'étais bordélique et dans tout mon bazar, j'arrivais à y voir clair. Là-dessus, j'ai décidé de changer, et voilà le résultat. Il suffit qu'une fois on essaie de bien faire les choses pour que ça nous retombe dessus. Comme quoi, être trop carré, ça porte préjudice.
Enfin bref, passons. J'avais retrouvé ma forme et c'était le plus important. Jeudi, j'ai donc chargé ma voiture pour me rendre en Allemagne et disputer une course, la König Ludwig Lauf. A vos souhaits !
Au passage, j'ai récupéré un petit gars bien sympa qui a bien voulu s'occuper de bichonner mes skis. Nous nous en sommes allés gaiement à travers les routes interminables de Suisse, puis d'Allemagne, bravant les plus hauts sommets alpins, franchissant les cols sinueux envahis par la neige, affrontant les dragons cracheurs de feu -ah non, je me plante encore d'histoire- enfin bon, après 8 heures de route et près de sept cents kilomètres, on a atterri dans une petite auberge locale.
Là, j'ai fait le boulot. Étirements, yoga, reconnaissance de la piste, visualisation de la course, méditation, préparation mentale. Tout. Mon collègue, lui, a passé la nuit à trouver la meilleure alchimie pour transformer mes skis en bêtes de course (il a mis de la MaPlus, je ne sais pas si vous connaissez, mais ce truc-là, ça vous transforme un âne en étalon).
Tout. On avait tout préparé, millimétré, rien n'avait été laissé au hasard. En gros, en deux poussées de bâtons, je ralliais le départ à l'arrivée. J'ai même dormi avec mon dossard et mes chaussures de ski, histoire de m'imprégner jusqu'au bout de la course.
Le matin, on est arrivés sur le site de départ. Il y avait un peu de vent, quelques flaques d'eau (il avait plu toute la nuit), mais rien de bien méchant. Mes jambes tremblaient d'impatience, j'avais les muscles plein d'adrénaline, le coeur qui battait la chamade, la tête tournée vers la banderole d'arrivée, le podium, la victoire, mes concurrents laissés loin derrière, mes bras levés au ciel et...
Un gars s'est approché de la voiture. Il a tapé au carreau.
-On ne vous a pas dit ? a-t-il fait dans un teuton guttural.
-Dit quoi ?
-Ben... ils ont décidé d'annuler la course !
-...
J'ai rien répondu. Mon pote non plus. Qu'est-ce qu'on pouvait dire, au juste ? Les organisateurs ont trouvé qu'il avait trop plu pendant la nuit, alors ils ont annulé. Tout simplement.
Et nous, ce qu'on a fait ? Pas grand-chose, on avait que nos yeux pour pleurer. Histoire... de rajouter encore un peu plus d'eau sur la piste.


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