lundi 24 mars 2014

Un week-end pas comme les autres

Il y a tout d'abord eu le samedi. Un 30km classique, une course à laquelle peu de monde me voyait prendre le départ, moi y compris. On a beau me répéter (moi y compris) depuis ma plus tendre jeunesse que "Le classique, c'est fantastique", depuis quelques années, j'ai du mal à m'en convaincre. Cette saison, après une course début décembre, j'ai remisé les spatules longues dans le placard et n'ai plus enfilé le dossard que pour les épreuves en skate.
Mais v'là t'y pas que je décide de venir dans le Jura pour l'une des dernières épreuves de la saison. Le matin encore, assis dans ma voiture, en voyant le temps catastrophique au-dehors, je me demandais ce que je fichais là. A une minute du départ, ne sachant pas encore quels skis prendre, j'étais persuadé de m'être embarqué dans une sacrée galère.
Une heure quarante plus tard, je me vois en train de jouer le sprint pour la victoire. Et tout le monde est surpris. Moi y compris. Pensez bien, j'étais alors le plus ravi des hommes, je m'étais réconcilié avec les championnats de France et des années de disette (dernier podium en 2007).
Mais suite à plusieurs secondes places ces derniers temps, les gens ont commencé à m'appeler le Poulidor du ski de fond. Poulidor, Poupou pour les intimes. Même si pour moi, confronté à toute la nouvelle génération sur la liste de départ, ça commençait à être Pépé.
Le lendemain, j'ai filé à l'Etoile des Saisies, pour la dernière longue française de l'année. Une course difficile sous une neige tombante. Voyant qu'on était quatre dans le deuxième tour, j'ai commencé à entrevoir une arrivée au sprint. J'ai pense à Poupou tout au long des derniers kilomètres, et c'est peut-être pour ça que j'ai mis mes ultimes forces sur les derniers mètres pour m'offrir la der de la saison.

(Copyright Nils Louna)


Donc, pour résumer:
-2ème en classique sur les France
-Vainqueur au sprint de l'Etoile
Si j'étais un peu fétichiste, je pourrais presque croire que j'ai vaincu la malédiction!!!

PS: Mes dernières lignes, elles vont à Jean Jean (Gaillard). On avait abordé le sujet au cours de la saison,  ces valeurs que défendaient les sportifs. Combien de skieurs abandonnent les courses sous prétexte de mauvais choix de matériel, de mauvaise préparation, de mauvaise forme. Mais la plupart du temps, tout simplement parce qu'ils n'acceptent pas l'échec et ne sont pas sur les premières places, les sportifs mettent le clignotant. (dans le jargon sportif, mette le clignotant signifie abandonner)
Mais ce solide Gaillard (excusez le jeu de mot), qui aurait eu tous les prétextes du monde à ne pas passer la ligne d'arrivée, a choisi de finir la course, bien loin du résultat escompté. Combien de champions auraient choisi la solution de facilité? La plupart, je vous assure. Alors bravo à lui, vraiment.

4 commentaires:

  1. Je réclame officiellement l'exclusivité du titre de Poulidor dont m'a affublé mon instit en CM2 ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Que nenni, mais d'un autre côté, si je peux me débarrasser de ce titre un peu encombrant, je dis pas non!

      Supprimer
  2. Bravo pour cette belle saison avec des bas (sans jeu de mots) et des hauts (aussi) simplement comme la vie...avec passion !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Claude pour ta gentillesse et ce partage au sens large, et aussi pour les bas (avec jeu de mot!)

      Supprimer