lundi 28 avril 2014

La der de l'année

C'était la Der. Non pas la der des der, parce que, pensez bien, vu mon jeune âge, il me reste encore de belles années dans la compétition. Mais en ce samedi 26 avril, treize heures trente, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise chose de remiser les skis pour prendre enfin quelques jours de repos. Pas que les derniers jours aient été riches en longues séances d'entraînement, mais pour ce qui est de la Skarverennet et mon résultat final, je préfère oublier. Un choix de glisse pas formidable, un bonhomme qui n'avait rien d'extraordinaire, on additionne l'un et l'autre, on multiplie par le carré du cinquième de la racine du multiple tantième du numéro de dossard, on mélange le tout, et hop, ça donne mon résultat. Donc si vous voulez le connaître, je vous conseille de ressortir vos bouquins de maths.
Dans le petit groupe de tête au sommet de la première longue montée (300 mètres de dénivelée), je n'ai ensuite cessé de perdre des places. J'en ai donc profité pour admirer le paysage, pour pester contre mes connaissances druidistiques au niveau de la préparation du matériel (à mon niveau, c'est poker, quitte ou double). Comme souvent dans ce genre de périples, l'avion m'a réservé quelques bonnes surprises et de quoi alimenter mes prochains écrits. Somme toute, ce voyage n'a pas inutile, d'autant plus que j'ai pu goûter son fameux saumon.
Façon pavé cuisiné à la poêle, en apéritif, tartiné sur blinis. Fumé et mariné, à l'échalote, à l'oseille, à la vapeur. En rillettes, en lamelles avec pâtes et crème fraîche, ou tout simplement façon barbecue sur son lit de gros sel. En habit noir et sa sauce verte, marié à de l'avocat, à la vapeur, cru sur une couche de riz vinaigré, façon gravlax et sa sauce moutarde norvégienne, cuisiné avec lentilles corail et lait de coco...
En gros, si vous avez besoin de conseils sur la préparation du saumon, faites moi signe. Et si vous voulez des infos sur le déroulement de la course, on en reparlera l'année prochaine!




samedi 12 avril 2014

Welcome to Russia!

Ça a commencé avec mon Visa. En soi, rien de bien compliqué. Un tampon ou un bout de papier à coller sur le passeport. Rien de bien méchant. Sauf qu'il ne me restait qu'une dizaine de jours pour l'avoir, et que je n'allais pas n'importe où. Non, j'allais en Russie. Au départ, je n'avais pas bien réfléchi. Dans ma tête, Russie, c'était synonyme de plus grand pays au monde, de Caviar, Top modèles, ballet de Saint-Saint-Pétersbourg, Vodka, conquête de l'espace. Que des belles choses d'un beau peuple que j'avais hâte de découvrir. Sur le moment, j'avais des étoiles plein les yeux, la tête remplie de rêves, en somme, j'étais impatient de ce voyage.
Il a tout d'abord fallu s'occuper de ce fameux Visa. En feuilletant les pages du Web, la première chose qui aurait dû me tirer la sonnette d'alarme, c'est la durée de la procédure.
Surtout, si vous prévoyez de vous rendre en Russie, il faut vous y prendre à l'avance. Un mois, deux semaines dans le pire des cas. Avec mes dix jours, j'étais donc en-deçà du pire, et franchement, ça commençait bien. A ce moment de l'histoire, n'importe quel gars sensé aurait donc refermé les pages internet et se serait dit "Tant pis, ce sera pour la prochaine". Sauf que n'importe quel gars sensé aurait fait les démarches du Visa AVANT de prendre son billet d'avion. Je crois que dans mon cerveau, il y a un sérieux problème de chronologie. En regardant mon billet d'avion fraîchement validé par la compagnie aérienne et le trou dans mon compte bancaire, je savais qu'il était trop tard pour faire marche arrière.
J'ai alors passé une bonne partie de la journée à comprendre comment procéder. Avoir une invitation russe, une assurance spéciale russe, un formulaire russe, de l'argent russe, une photo sans sourire (russe). Et une autorisation parentale, tant qu'à faire ?
Et puis bien sûr, le passeport. Lui, pas de souci, je l'avais. Le fameux passeport, avec la photo décollée du Ben bronzé barbu auquel il ne manquait que la kippa pour faire un soirée déguisée. Genre Laden, quoi...

(désolé pour la qualité du dessin, j'ai du mal à utiliser les crayons électroniques...)

Voilà pour l'avant première mondiale des premières lignes de mon Cap'tain Russia. Écrites en temps réel, c'est pas peu dire.
Du coup, je ne vais pas pouvoir vous raconter TOUT ce qui s'est passé durant ce périple russe, car ça gâcherait un peu le suspens du livre. Même si vous vous doutez bien qu'une bonne partie est imaginaire. 

Concernant la course, comme je l'ai dit, je termine 7ème de ce 50 entièrement plat. Quand je dis entièrement plat, on va me traiter de menteur, car il y avait 10 mètres de dénivelée. Dernier kilomètre difficile, je termine à 19 secondes.
Une organisation "à la russe". Comprenez de dernière minute, où l'on ne sait rien sur rien, où tout le monde dit oui à tout. Comme le disent les autochtones eux-même "Welcome to Russia"! Heureusement, j'ai pu compter sur la gentillesse de deux sportifs russes, Evgeny et Alexey qui m'ont bien aidé sur place (transport et surtout les contacts sur place, vu que personne ne parle anglais).
J'avais préparé mes skis avant de partir, me fiant à la météo qui semblait stable, sauf qu'au lieu des -15 annoncés, il faisait 0 degrés. La Russie, quoi. J'ai réussi à emprunter une paire de ski sur place à Toni Livers, un skieur suisse qui skie sous les couleurs Rossignol, qui, même si elle n'était pas exceptionnelle, m'a permis de limiter les dégâts. Longtemps à la lutte pour la gagne, je craque un peu sur la fin. La bonne nouvelle, c'est que forme est bonne. La moins bonne, c'est que ça me fait une belle jambe, vu que la saison est quasi terminée. Mais il reste encore la fameuse Skarverennet.