lundi 10 avril 2017

Un air de Russie

Russie

La terre est écorchée, 
la poussière se soulève du sol,
le vent fouette avec la force de celui que rien n'arrête.
Il arrache les pétales d'une rose déboussolée,
qui ne sait plus d'où vient le Nord, l'Est.
L'hiver, le froid est pénétrant, il traverse la peau
comme il le ferait avec un drap de soie,
s'arrête sur l'os, le ronge et le glace.
L'eau n'a plus de cours,
elle est suspendue dans les rivières et les fleuves, figée dans l'instant.
L'animal peut jouer les Dieux et y marcher à sa guise. 
La toundra desséchée attend des jours meilleurs pour revivre,
l'Homme, lui, survit. Attend.
A l'affût du soleil plus haut dans le ciel,
le visage fermé, il laisse parfois s'égarer un sourire
dans lequel l'or a remplacé les dents,
richesses que personne ne pourra lui enlever,
sinon la mort, et tout, dès lors, redeviendra misère,
Les cendres se mêleront à l'air,
dans un moment de poussière,
hors du temps.


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