mardi 4 décembre 2018

Prologue de Livigno, quel boulet !

Pour ne pas déroger à la règle des débuts de saison depuis trois hivers, ma première course n'aura pas été une réussite.
Un joli hors-sujet, comme celui qui m'avait valu 6 au bac de français dans des temps anciens, alors qu'un "1" précédait encore l'écriture du millénaire. Oui, je sais, j'étais jeune et je suis vieux, mes collègues du Team me le rappellent bien régulièrement, m'affublant du sobriquet "papy". Des claques se perdent, je vous dis (ah non, pas de claque, paraît qu'un amendement les a bannies depuis quelques années). 
Enfin bon, ce n'est pas parce qu'on est vieux qu'on avance moins vite, au vu de ma saison de course à pied. Mais la forme est toujours (et sera toujours) l'éternelle incertitude du sport, et à haut niveau, un passage à vide ne pardonne pas. Surtout sur les courses en poussée, où le rythme ne baisse jamais d'intensité tout au long de la course. L'impression d'être enchaîné à un boulet. Un creux de vague qui n'est pas passé inaperçu, et m'a fait passer inaperçu au sein du peloton. Je me console en me disant que j'ai terminé dans la première moitié du classement, même s'il s'en est fallu de peu.
Voilà, c'était la première, heureusement, comme son nom l'indique, ce n'était qu'un prologue, une mise en jambes (ou plutôt en bras, devrais-je dire), pour les longues, les vraies, il faudra attendre début 2019. Mais d'ici là, j'enfilerai encore le dossard pour peaufiner la préparation, en espérant que la neige soit au rendez-vous et permette le maintien épreuves locales.


vendredi 23 novembre 2018

Vainqueur... du concours de nouvelles Brèves de sang d'Encre à Vienne


J'aurais préféré vous annoncer la sortie d'un prochain livre. Qu'un éditeur m'a contacté, qu'il a aimé l'un de mes manuscrits. Qu'enfin, je sors de cette galère éditoriale, que je vais pouvoir répondre aux attentes liées au financement participatif lancé avec Eléa editions il y a déjà deux ans. Le chemin est long, je ne l'imaginais pas si laborieux, et je me sens toujours redevable auprès des contributeurs, je ferai d'ailleurs une info sur ce sujet prochainement.


J'ai participé à un petit concours de nouvelles cet automne, et premier succès en littérature. Fallait un peu changer des dossards, y'a pas que dans le sport qu'on peut monter sur la boîte !
Je suis donc lauréat du concours Brèves de sang d'Encre à Vienne, organisé autour du Polar. Le texte devait commencer par cette phrase : Ghjacumu était saisi par la nouvelle lue sur le seuil du bar que tenaient ses parents (1ère phrase du livre les enfants de Monte-Cassino), faire 2 à 3 pages en format Word, et terminer par celle-ci : Puis l'image disparut (Dernière phrase du livre Le piège de l'architecte).
Merci au jury et voilà le texte:

Pas de Bol

Ghjacumu était saisi par la nouvelle lue sur le seuil du bar que tenaient ses parents. Il referma mollement le journal en secouant la tête. Il lisait rarement les périodiques, ne regardait pas la télé, fuyait les informations. Il fut un temps où tout cela l'intéressait. Mais ce temps était révolu, et les médias, désormais, l'effrayaient. Aujourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain, aurait soufflé Rosemonde Gérard d'un autre Monde.
Ghjacumu rejeta l'amas de papier et essuya une larme du revers de la main. Il regarda avec nostalgie l'ardoise fixée au-dessus du bar. Les arabesques majestueuses apposées à la craie rappelaient encore la présence de sa mère, morte en début de semaine. Il se dit qu'elle était mieux là-haut, aux côtés de son mari, enterré le mois précédent. Décidément, il commençait à y avoir du monde, là-haut. Ses parents, son frère Marcel. Sa sœur Hortense. Le cousin Issam. L'oncle Barnabé, la tante Solange... Ghjacumu ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait sur les siens. Le cousin Issam était mort sur la route, au volant de sa voiture. Ghjacumu la lui avait prêtée. Une sortie de route, un saut dans la falaise, non loin de l'Île Rousse. Les freins avaient lâché. Tué sur le coup. Barnabé, lui, c'était l'échelle. La grande échelle que Ghjacumu entreposait avec soin dans le grenier. Un barreau cassé, six mètres de chute, la nuque brisée. Et dire que ç'aurait dû être lui, il devait monter sur le toit remplacer une tuile, mais Barnabé en avait eu besoin avant. Et Marcel... Son frère avait avalé une amanite phalloïde. Ils étaient allés aux champignons, et Dieu sait qu'ils s'y connaissaient, tous les deux, en champignons. Les amanites, ils les reconnaissaient les yeux fermés, rien qu'à l'odeur. Normalement, c'était Ghjacumu qui devait récupérer la récolte, une fois sur deux, chacun son tour, mais après l’apéro à la maison, Marcel avait insisté pour prendre le panier, il devait recevoir du monde à la maison... Et puis sa mère, avalant une guêpe enfermée dans une bouteille de soda qu’il aurait dû boire, lui, Ghjacumu. La liste était longue...
A chaque fois, le sort avait désigné un autre que Ghjacumu. Les flics auraient pu trouver ça louche, si Ghjacumu n'avait pas été l'homme riche de la famille, le millionnaire, le seul qui n'avait rien à gagner à ce que les autres meurent. Quel autre mobile pourrait-il avoir, franchement ? Il ne jalousait personne, il aimait la vie, les gens, la nature... Un peu simplet, disaient de lui les mauvaises langues. Oh ça, les persiflages, il les entendait. Il savait qu'il n'était pas quelqu'un de brillant, mais, dans cette vie, fallait-il être brillant pour être heureux ?
Il enfonça la tête dans ses mains. Dieu lui en voulait-Il de n'être pas plus intelligent ? D'être riche ? Mais alors, pourquoi lui avait-Il fait gagner tous ces millions au loto ?
Il se ressaisit. Il le fallait. Il restait encore Mélissa, il devait impérativement la préserver. Depuis quelques temps, il ne lui confiait plus ses peurs, ne lui parlait plus des morts qui jonchaient sa route. Qui sait si Dieu n'avait pas un plan pour elle ? En sortant du bar, il se dirigea à l'angle de la rue Marsan pour y prendre son vélo. Il s'arrêta net. Son biclou avait disparu. Ne restait que le cadenas, au pied du panneau de signalisation. Il prit l'objet dans ses mains. Le sort s'acharnait sur lui, encore, toujours. Il sortit son téléphone pour appeler Mélissa, se ravisa. Ne pas l'angoisser. Il se débrouillerait pour rentrer, il rachèterait un autre vélo. Il ne devait pas la tourmenter. Elle était si fragile, souvent alitée. Ah, Saleté de maladie !
Ghjacomino hésita à tendre le pouce pour faire du stop, défaut de celui qui s'est trop déplacé par ses propre moyens durant sa jeunesse. Repensa à tout cet argent sur son compte, se dit qu'un taxi lui ferait gagner du temps. Il fallait qu'il prenne ces automatismes de gens riches.
Deux kilomètres plus loin, le conducteur ralentit. Ghjacumu leva la tête. « Un accident, s'exaspéra le conducteur. Encore un as du volant qui a fait des siennes avec sa grosse cylindrée. Ah non... rectifia l'homme, c'est un cycliste ». Il ralentit au passage. Il y avait le SAMU, la police et tout un attroupement de curieux. Un corps au sol que l'on essayait de réanimer. Du sang sur la chaussée. Trois mètres plus loin, un vélo en aussi piteux état que le cycliste. Ghjacumu colla sa tête à la vitre, interdit. Il tambourina au carreau.
-Ralentissez ! Baissez la vitre !
C'était son vélo. Le vélo qu'on lui avait piqué. Il en était certain. Il l'avait fait repeindre selon ses envies. La voiture roulait quasiment à l'arrêt. Il saisit des bribes de conversation. Paraît que les freins ont lâché. Il avait tout juste vingt ans... Son vélo. Aucun doute, c'était son vélo...
Arrivé chez lui, Ghjacumu descendit du véhicule, hagard.
-Gardez la monnaie, fit-il en tendant un billet de cinquante euros.
-Monsieur, est-ce que tout va bien ?
Il hocha la tête sans se retourner. Sa vie ne tenait qu'à un fil qui n'allait pas tarder à casser. Dieu ne lui laisserait pas de répit, il devait payer pour tous ces millions gagnés.

Mélissa regarda sa montre. Une heure de retard. Elle se prit à espérer. Elle s'était même mise à prier. Pourtant, l'église, Dieu et toute le reste, ce n'était pas son truc. Mais à force de constater ces enchaînements improbables, elle s'était dit qu'il devait bien y avoir quelqu'un, là-haut, qui tirait des ficelles. Ghjacumu n'était pas un homme très intelligent, assez quelconque d'apparence, un homme aussi inoffensif qu'insignifiant. Il prenait soin d'elle avec un entêtement parfois touchant. Comme cette façon de la préserver depuis tout ce temps, lui cachant les morts qui accompagnaient désormais leur vie. Et lui, toujours sur pied, toujours vivant. Ironie du sort, voilà qu'il les enterrait les uns après les autres, tous prenaient sa place à tour de rôle, comme dans une pièce de mauvais goût. Ghjacumu était en retard, c'était inhabituel pour lui. Les routes de Corse étaient si dangereuses. Il aimait le vélo, n'entretenait jamais son biclou. Avec les vents maritimes porteur d'iode, la rouille rongeait si rapidement les pièces métalliques... Des freins qui lâchent, une sortie de route...
Même les flics qui s'étaient penchés sur leur cas avaient pris peur. Deux agents de la fonction publique étaient morts la nuit dans un incendie. La malchance. Le destin, dira-t-on.
Un crissement de voiture dans l'allée la sortit de ses pensées. Les gendarmes venant lui annoncer la triste nouvelle. Elle alla à la fenêtre. Ghjacumu. En pleine forme.
A vingt heures, une amie, Antonia, s'assit à leur table pour partager leur repas. Deux heures plus tard, Ghjacumu et leur invitée était complètement ivres. Mélissa se leva doucement, alla dans la cuisine chercher les bougies, c'était l'heure du gâteau. Tu aimes, les tartes à la fraise, hein, mon Ghjacumu ?.. Elle avança l'escabeau contre le placard et monta dessus. Un barreau craqua, elle perdit l'équilibre. Dans sa chute, elle entraîna le couteau de boucher en équilibre sur le plan de travail. La lame effilée s'enfonça comme dans du beurre. Elle ne sentit presque rien, elle n'en eut pas le temps. Tout s'était passé si vite. Elle hurla de rage. Elle avait oublié ce foutu barreau, desserré le mois dernier.

Tout avait était ficelé, elle avait prévu le meurtre parfait. Elle avait invité une amie à dîner. Ghjacumu avait des dizaines de milliers d'euros cachés sous un matelas. Mobile suffisant pour l'invitée, retrouvée morte près de Ghjacumu. Deux corps poignardés. Mélissa, seule survivante, aurait invoqué la légitime défense. Elle avait mis la table, ouvert une bouteille de champagne. Elle les avait saoulés, l’alcool aurait justifié le dérapage incontrôlé.
La rage avait envahi ses entrailles, au retour de Ghjacumu dans l'après-midi. Une colère profonde, incontrôlable. Elle s'était pourtant occupée des freins du vélo. Mais non, il était encore en vie. Alors elle avait attendu le soir. Le poignarder de ses propres mains. Elle n'en pouvait plus de ses stratagèmes vains. Le meurtre aurait été maquillé en cambriolage. Elle avait eu le reste de l'après-midi pour préméditer un meurtre à la Hitchcock.
Les flics, elle n'y était pour rien. Par contre, les autres... Le barreau d'échelle limé, les freins de voiture desserrés, la jeune amanite jetée dans le panier, le bouchon de gaz dévissé... Comme par miracle, un autre prenait la place de Ghjacumu. Elle était l'unique héritière. Ils n'avaient pas d'enfants, elle avait toujours pris la pilule sans le lui dire. Elle faisait déjà son devoir conjugal de temps à autre, le plus rarement possible. Sa maladie imaginaire servant de prétexte à y échapper la plupart du temps. Et chaque fois, elle se disait que ce n'était qu'une question de jour. Avant de mourir, elle vit Ghjacumu se lever, sa tête de simplet, cet imbécile qui s'en sortait toujours. Heureux les pauvres en esprit... maudit-elle en emportant dans sa mort le visage de cet homme qu'elle avait toujours détesté. Puis l’image disparut.

lundi 19 novembre 2018

Le frigo de Davos

A l'heure où j'écris ces quelques mots, le neige est en train de blanchir légèrement les montagnes. Depuis plusieurs années déjà, il devient difficile, voire impossible, de skier sur de la neige naturelle dans nos stations alpines sur le mois de novembre. Bien sûr, il y a des exceptions, comme l'année dernière, mais sur les six dernières années, les débuts d'hiver ont été assez compliqués.
Tout skieur qui se respecte commence bien entendu à inspecter les webcam, espérant trouver au sein des prévisions pessimistes un rayon de soleil qui prendra la forme d'une bonne giboulée de neige. De plus en plus de stations françaises "investissent" dans la neige de culture. C'est désormais un passage obligatoire pour ouvrir quelques kilomètres de pistes avant d'espérer une ouverture complète des domaines avant les vacances de Noël.
Pour la troisième fois en trois ans, je suis allé à Davos, en Suisse, accompagné de toute l'équipe Jobstation Rossignol. 


Pour la troisième fois en trois ans, j'ai (beaucoup) tourné en rond, je n'ai pas eu le loisir de mettre une goutte de crème soleil (ensoleillement dans une journée : 0 %), je me suis bien caillé, mais il faut voir le bon côté des choses: j'ai pu skier! (mais en même temps, j'ai loupé la remise des prix du Concours de nouvelles Brèves de sang d'Encre à Vienne, je vous en parlerai prochainement)
Reste maintenant à savoir si, de retour en France, il faudra de nouveau chauser les skis à roulettes ou alors si il sera possible de poursuivre le boulot avec les grandes spatules.

Petit tour d'horizon sur les possibilités de ski de fond dans le coin:
-1,8km aux Glières (Lauréat en catégorie kilométrage)
-1 km aux Saisies (Lauréat en catégorie largeur de piste)
-800m à Bessans (Lauréat en catégorie ouverture précoce (depuis le 20 octobre)), mais pas sûr qu'il en reste?

Ouverture prochaine: Les Confins à La Clusaz, et Les Tuffes à Prémanon.

En attendant, il paraît que nos amis Pyrénéens skient sur de la vraie neige, tombée du ciel de cette année. Info ou Intox?...

lundi 5 novembre 2018

Périple dans le Beaufortain, le récit décalé

Cette année encore, pour ne pas déroger à la règle, nous avions envisagé un petit périple à pied. Sac à dos, tente, sac de couchage, popote, tout le truc du parfait petit marcheur. Le bouquin de la France s'était arrêté à la page du Beaufortain. Débarassés de nos deux petits monstres, baskets aux pieds, nous étions prêts pour quatre jours de galère. Euh, non, de belle randonnée.
Jusqu'à présent, l'été avait été plutôt sec. Enfin, carrément sec. Un coup d'oeil sur la météo, des orages étaient annoncés en fin de journée, mais ce n'était pas quelques gouttes qui allaient nous empêcher de mettre un pied devant l'autre. D'autant plus que tout le monde sait qu'il ne faut pas se fier à la météo. C'est ce que je ne cessais pas de répéter à Isa pour la motiver. 
Bien sûr, pour me faire mentir, c'était le déluge à la mi-journée. Après deux cols gravis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (élevé au carré de l'hypthénuse de la plus grande des médiatrices), nous sommes au pied du Lac de Roseland. Normalement, nous devons emprunter un bout du Gr5, mais je vois un semblant de chemin sur la carte.
-Tu es sûr ? me fait Isa.
-Je suis né avec une boussole dans la tête, t'inquiète.
Une heure plus tard, nous tentons une escalade dans la copie de la forêt Amazonienne, dans une pente à 60%. Je prends un peu d'avance et je fais passer la pilule en annonçant, triomphant, qu'une jungle de framboisiers nous attend sur le replat juste au-dessus. 
J'ai toujours eu du mal avec les demi-tours, alors on a fini par retrouver notre chemin. Les baskets trempées, les chaussettes éventrées, les jambes en sang. Mais on y est arrivés.
Il a fallu ensuite chercher un lieu de bivouac. A dix-sept heures, il y en avait un absolument magique, juste en face du lac. Presque les pieds dans l'eau. Un joli coin de paradis avec de l'herbe bien grasse, un sol parfaitement plat, pas trop dur. Mais, vu qu'il y a toujours un "mais", il n'était que 17 heures. Nous n'étions qu'à la moitié du lac et dans notre plan de base, nous avions prévu d'arriver au bout de l'étendue d'eau. Alors nous avons continué, persuadés que l'avenir nous réserverait encore meilleur accueil. 
Dans nos rêves. Deux heures plus tard, nous nous contentions du "moins pire" pour installer notre camp de manouche. 


Les joies de l'aventure.
J'avais minutieusement étudié la carte. Je savais que le lendemain, nous allions passer à côté d'un site préservé. J'avais prévu un lever aux aurores, il nous fallait être les premiers au lac d'Amour. 
Profiter d'un moment en... tête-à-tête, si je puis dire.


Manque de bol, je ne devais pas être le premier à avoir ce genre d'idée. Un arrêté préfectoral avait sévi. ,Brecouilledouille, il a fallu continuer son chemin. 

Gravir des cols. D'autres cols. Et puis encore d'autres cols. Descendre, pour remonter encore. Remonter, pour redescendre encore. Des heures et des heures de marche, arriver éreintés à la fin de la journée, prendre des bains glacés dans les rivière. Manger du Lyophilisé. Allez, on ne va pas se plaindre, on avait la bouteille de gaz et le brûleur pour faire chauffer. Il y a quatre ans, j'avais oublié le brûleur. On avait alors pu constater que la polenta ne gonfle pas dans de l'eau froide.
Quatre jours. Quatre jours à arpenter les chemins du Beaufortain. Et vu qu'on est tous les deux bien maso, on a choisi d'agrandir notre tour, de faire des variantes, de pousser dans la Tarentaise. 
Après des jours de marche, les guiboles courbaturées, j'ai eu la bonne idée de proposer à Isa de rallonger encore un peu. Isa a accepté. Je pense qu'elle avait égaré son bon sens dans la dernière montée. 
Et nous voilà dans une interminable montée, au pied du Mirantin, à constater que le ciel se couvre légèrement. Lentement. Mais sûrement. A chaque fois que nous croyons toucher au but, un autre sommet se profile au bout du chemin.
Et enfin, nous arrivons au dernier col du jour. C'est là que ça devient marrant. Jusqu'à présent, notre rando avait été un peu monotone. Des cols, des traversées, des jolies vues, mais toutes les montagnes se ressemblent, hein ! Donc voilà, arrivés à notre fameux dernier col, les jambes perclues de courbatures, une goutte s'est écrasée sur ma main. Une autre sur le front d'Isa. Une troisième un peu plus loin. Je suis un peu bourrique, et Isa aussi. On hausse les épaules, on se dit que ce n'est pas trois gouttes qui vont nous faire peur, une averse passagère, comme le dirait le dicton, pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Une minute plus tard, c'est le déluge. Mais il est trop tard pour enfiler une veste. Allez, un peu de contraste avec la sécheresse de l'été.
C'est lorsque la grêle vient nous fouetter le visage et le cou que l'on se dit qu'on aurait peut-être dû réfléchir un peu avant.
Il pleut des seaux d'eau, à tel point que je ne serais pas étonné de voir Noé passer dans le coin avec une arche improvisée. Pour couronner le tout, le brouillard s'invite dans la partie.
Bon, en tout cas, la vue est absolument splendide. 


Bien qu'on ne croise pas Noé, on trouve M. Seguin lors de notre descente sur Beaufort, et même qu'Isa réussit à décongeler durant la nuit dans notre tente et apprécie le lever de soleil.

On arrive finalement à bon port le quatrième jour, notre boucle est bouclée. Il va falloir attendre un an avant nos prochaines aventures à pied. Je suis sûr que vous avez déjà hâte de les lire!








mardi 16 octobre 2018

2ème à la Persjussienne, le roman de Ben Livingston l'éléphant

Pour reprendre la première phrase de wikipédia sur le livre de Richard Bach, Le jeune Ben n'est pas un homme comme les autres, il ne se contente pas de courir ou marcher pour vivre, non, il aime courir pour courir, c'est sa passion...
L'histoire pourrait aussi commencer ainsi:  Partout où il passe dans sa jeunesse, les gens scandent haut et fort: -Attention, voilà Ben.  Attention, le monde va trembler.
Le monde va trembler. Oui, bon, à prendre au sens propre, malheureusement. Ou alors mettre une majuscule à Monde. En me voyant courir, les puristes avaient bien du mal à me trouver des similitudes avec les foulées aériennes de certains concurrents, moi, j'étais plutôt terrien, appui talon bien prononcé.
-Tiens, v'là le Pachydermeben.

Retour au présent. Avec le temps, ça n'a pas vraiment changé, mais heureusement, dans les bosses, j'arrive toujours à tirer mon épingle du jeu. Pourtant, chaque année, au 1er janvier, je prends de bonnes résolutions en me disant que je vais travailler tout ça. Courir sur le plat, allonger ma foulée. Grâcieux, aérien. Mais les bonnes résolutions vous les connaissez tous, le 2 janvier, on les a déjà oubliées.

Enfin bref, voilà qu'il y a deux semaines, suite à ma victoire au Pays Rochois, j'ai décidé de m'inscrire à la Persjussienne. Profil relativement plat. Connaissant mes lacunes, j'avais donc exactement 2 semaines pour révolutionner ma manière de courir.
En homme raisonné, j'ai décidé de faire des intervalles (alternances d'allures, pour ceux qui ne connaissent pas) à plat.
J'ai commencé le mercredi, 10 jours avant l'objectif. Il m'a fallu trois jours pour m'en remettre, tellement j'ai eu mal aux mollets et aux Ischio-jambiers.
7 jours avant l'objectif, j'ai remis ça. J'avais encore mal lors de ma 3ème séance, à J-5. J'ai calé ma dernière à J-3.
Et j'ai remis le dossard dimanche, pour la Persjussienne. Après 41 minutes d'effort (et quelques secondes), j'ai terminé 2ème. Les bosses, ça allait. Mais j'ai pris cher dans les plats et les deux minuscules descentes. J'ai pas gagné grand chose sur temps de base.

Il y a une petite morale dans tout ça, quelque chose d'essentiel à savoir lorsque vous êtes sportifs et que vous préparez un évènement. Toujours s'y prendre longtemps à l'avance. Comme qui dirait, Rome ne s'est pas faite en un jour.
N'importe quel sportif le sait.
Surtout moi ???





jeudi 4 octobre 2018

3 jours avant le Trail des Glières

Le Trail des Glières, c'est dans 3 jours. C'est l'évènement incontournable de Fillière, et même si toutes les inscriptions sont bouclées (c'est ça, la notoriété...) depuis plusieurs jours, ce serait dommage de ne pas venir faire un saut à Thorens pour vivre cette journée de folie.

Parce que le Trail, c'est surtout une ambiance folle




De l'animation, des stands, des victuailles, de quoi se remplir l'estomac et ne pas rester la gorge sèche

Enfin bon, on va rester au jus de Pommes, c'est bien aussi


L'occasion de rencontrer des figures locales
Euh, lui, on peut s'en passer...



 Un village champêtre et agricole

Ah, je crois qu'il y en a un qui s'est trompé d'hisoire ?!


En fait, le plus simple pour découvrir en images le trail des Glières, c'est d'aller visiter cette page :



Et surtout, de venir faire un saut le Dimanche 07 octobre à Thorens Glières, vous en prendrez plein les yeux!




lundi 1 octobre 2018

5ème victoire à la grimpée du Pays Rochois

J'avais un plan. Et puis Chambellant. Et tout fout le camp!
C'était l'intro, j'ai trouvé ça sympa, y'avait plein de rimes. Des fois, faut pas trop se creuser la tête, trouver des choses simples, éviter de trop réfléchir. 
Enfin voilà, hier, il y avait l'incontournable grimpée du Pays Rochois. L'un de mes classiques préférés en cette période automnale. Faire monter le cardio, et puis le chrono aussi. Histoire de voir où l'on se situe dans la préparation. La forme me semblait pas trop mal, j'avais en tête de me rapprocher de la barre des 47 minutes. Quand je dis 47mn, c'est que je me serais largement contenté de 47mn59sec. 
J'avais donc un plan. L'idée, c'était de partir prudemment, et puis accélérer. Comme d'habitude, quoi.
Sauf qu'il y a un petit jeune qu'est venu me titiller. Un jeune du Team de ski, Thomas Chambellant, le marmot de l'équipe.
A 37 ans, vous imaginez bien que j'ai de la bouteille, que lorsque j'ai un plan, je le suis à la lettre, que je ne me laisse pas perturber par les taquineries des jeunes. Je suis quelqu'un de sage, de réfléchi, de raisonné. L'objectif, c'était le chrono. Juste le chrono, rien que le chrono.
-Alors, le vieux, qu'il me dit, t'es prêt à mordre la poussière? Clin d'oeil du gamin.
J reste concentré. Partir à mon rythme. Et puis accélérer.
Thomas me regarde. 
Ne pas rentrer dans son jeu.
Décompte du départ. Grand sourire de Thomas.
Surtout, rester calme.
Pan. Coup de fusil, le départ est donné.
La suite s'est passée exactement comme je l'imaginais. Je suis parti à bloc. Chaud bouillant. Et le jeunot qui vient encore se mettre à ma hauteur, histoire de faire monter un peu plus la pression. Au bout d'un kilomètre, j'avais déjà 15 secondes d'avance sur mon temps de passage prévu. Au bout de deux, j'en avait 30.
Partir doucement, qu'il disait...
49 minutes plus tard, j'avais minute de retard sur l'objectif fixé. Bizarrement, les jambes n'ont pas suivi.
J'ai quand même gagné, mais pour ce qui est de la manière, on repassera.

Un proverbe dit : l'âge tempère le sang, il mûrit les hommes. Et un autre: Ne fais point débauche de sagesse, sois de ton âge.
Pas de doute, j'ai encore 20 ans...









mercredi 26 septembre 2018

Tour et variante du Beaufortain


Le mardi matin, le départ est donné à Notre Dame de la Gorge, après les Contamines Montjoie. Au programme du jour, un col hors catégorie et deux autres petits cols pour un total d’environ 2000m, avec Bivouac aux alentours du Barrage de Roseland.
Après avoir emprunté « l’autoroute » du Tour du Mont Blanc (que de monde sur le GR), nous bifurquons à droite au niveau de Balme pour aller au Col de la Cicle.

Cascade du Bon Nant au-dessus de Notre Dame de la Gorge

La descente qui suit est un peu laborieuse, le chemin difficile à trouver (il faut bien prendre à droite vers le pierrier, alors que nous prenons tout droit) et nous nous retrouvons à descendre dans un vallon escarpé, sous les premières gouttes de pluie d’une journée annoncée orageuse.

Descente depuis le col de Cicle

Après une pause ravitaillement dans les alpages, nous poursuivons la descente jusqu’au joli hameau de la Gittaz, puis laissons le barrage du sur notre droite pour remonter au col de sur Frêtes.

Lac de la Gittaz


Là, nous hésitons à aller au col de Roseland pour rejoindre le GR 5, mais préférons longer le lac, la carte indique un chemin qui reste sur la partie amont du lac.

Lac de Roseland


Petite galère, parce que nous ne trouvons pas le chemin, nous sommes sur les berges du lac qui deviennent rapidement infranchissables. Il faut improviser et gravir une pente à plus de 60% dans les broussailles pour remonter sur un coteau, traverser les framboisiers pour retomber sur le chemin. Il est à peine 17h, il y a un superbe coin pour bivouaquer au bord du lac, mais nous préférons avancer encore un peu, en se disant qu’on trouvera bien un autre coin un peu plus loin. Malheureusement, après avoir rejoint Molledraz, la quête d’un endroit plat est bien galère, mais nous finissons par trouver un bout de replat avant Treicol pour planter la tente.

Premier bivouac

Le lendemain, nous rejoignons rapidement le parking de Treicol, déjà saturé de voitures à 9 heures. Direction Presset, puis le lac d’Amour, le col du Coin, avant de redescendre sur le Cormet d’Arêche.

Lac d'Amour et Pierra Menta

Un regard sur le carte, et au vu de ce que nous avons déjà accompli, nous choisissons de rallonger notre Tour et de filer en direction de grand Naves. Nous rejoignons alors l’itinéraire du Tour de la Tarentaise, avec vue sur le Parc National de la Vanoise. Pause Gaufres et soda au joli village de Naves, il est 17 heures, et nous devons refaire 400 mètres de dénivelé pour basculer sur la vallée de Grande Maison.

Village Grand Nâves


Nous trouvons un joli coin au bord de la rivière, à quelques centaines de mètres de la cabane de Plan Bérard.

Le soleil se lève, c’est le fameux troisième jour, le plus dur moralement et physiquement. Les muscles sont ankylosés, et il faut du temps pour retrouver un rythme de croisière. La montée jusqu’au col de la Louze est assez longue, nous sommes surpris de voir qu’en cette période de disette d’eau sur le sol français, les alpages sont arrosés. Mais dans cette région du Beaufortain, l’eau n’est pas une denrée rare. Les lits de rivière sont remplis, les sources loin d’être taries, et nous n’avons aucun problème pour remplir nos gourdes au besoin. Après avoir passé le col de la Louze, plutôt que de redescendre sur le Lac Saint Guérin, nous prenons le chemin qui part en biais sur la gauche en direction du Grand Mont, puis retombons sur le GR du tour du Beaufortain. Le passage au lac Tournant est magnifique.

Cirque à côté du Lac Tournant


C’est un cirque duquel coulent de nombreuses rivières, un joli coin de paradis dans lequel il aurait fait bon de bivouaquer.

Descente depuis le Lac Tournant


Mais il n’est que midi, et nous continuons notre périple, en direction du Mirantin. Comme toujours sur les cartes au 1 :50000ème, il n’est jamais évident de définir le dénivelé à l’avance, et la fin de journée est laborieuse, avec au final à nouveau une trentaine de bornes et au moins 2000mètres de dénivelé lorsque nous arrivons au Pas de l’âne.

Lacs de Lavouet


C’est à ce moment que ça devient drôle, le ciel s’est couvert dangereusement, les premières gouttes de pluie tombent, et bientôt, c’est le déluge de grêle. On croise les doigts (enfin, on essaie, parce que les mains sont engourdies par le froid, Isa est congelée, nous n’avons pas pris le temps de nous habiller et il n’y a absolument aucun endroit pour s’abriter) pour que les éclairs n’y mettent pas du leur, et après 30mn de descente, nous pouvons nous abriter au chalet d’alpage de la ferme de Monsieur Segain (chalet du Lac). Les propriétaires sont très chaleureux, ils nous proposent de sécher nos affaires pour le lendemain. Nous prenons des crêpes et un thé pour nous réchauffer, avant de planter la tente sur place. Encore un coin magique loin de la foule et du monde, avec une vue incroyable sur le Beaufortain.

Bivouac au chalet du Lac


Notre dernière étape aura été la plus tranquille. Une longue descente (1400m de déniv) jusqu’à Beaufort. Pause viennoiseries sur la place du village, nous étudions la carte et pensons que nous n’avons pas le temps de passer par le lac de la Girotte, d’autant plus que le ciel se couvre dangereusement. Dans une improvisation de dernière minute, nous sautons dans une navette qui nous emmène à Hauteluce et commençons à marcher en direction du col du Joly. Par sécurité au vu du ciel menaçant, nous tendons le pouce, une voiture s’arrête et le conducteur nous emmène jusqu’au col du Joly, quelques kilomètres plus loin. Après 1000mètres de descente sur les petits chemins, nous prenons un énorme orage, avec foudre et compagnie, à 10mn de la voiture. Encore trempés de la tête au pied, mais heureusement, le soir, nous dormons au sec et dans un vrai lit !




Le Beaufortain est une région riche en eaux (rivières, sources, barrages) assez sauvage (deux grands villages : Beaufort et Arâches Beaufort, tous deux d’environ 1000hab), aux nombreux itinéraires de randonnées. Les grands barrages peuvent se rallier assez facilement, si vous restez sur les coteaux, il n’y a que très peu de dénivelé, les lacs sont tous à 1500mètres d’altitude.

jeudi 13 septembre 2018

Victoire aux Foulées Maglanchardes, stage dans le Val di Fiemme

Septembre marque la reprise des stages avec le groupe Jobstation Rossignol. Dimanche dernier, j'ai mis le dossard aux Foulées Maglanchardes. Parti sur les chapeaux de roue, seul à partir du 3ème kilomètre, essayant de m'inspirer des coureurs sur piste (pose sur l'avant du pied, sans appui talon), j'ai pu constater mes lacunes en matière de course à faible pourcentage. Une chose est sûre, mes mollets n'ont pas apprécié et me l'ont bien rappelé le lendemain (ah, la joie des courbatures...). 
Une bonne chose, vu que le lundi, c'était sept heures de voiture pour rejoindre le Val Di Fiemme en Italie avec les collègues du Team.
Le Val di Fiemme, d'habitude, j'y mets les pieds (enfin, les skis) lors de la Marcialonga. En janvier, c'est souvent grisaille, brouillard, manque de neige, j'appréhendais donc les retrouvailles avec la vallée. Que de changement avec l'été, ensoleillé, aux pentes verdoyantes, aux lits de rivière remplis (comment ça, il y a la sécheresse en Europe???). 






Déjà seize heures d'entraînement en trois jours, du dénivelé (à pattes ou à roulettes), pas de galères (à part le Tétris dans la voiture au départ pour tenir à 4 avec toutes les affaires dans une mini voiture) on croise les doigts pour que ça dure. 

En plus, ici, il y a plein de belles surprises pendant les entraînements !

lundi 3 septembre 2018

Victoire à la Sambuy, en mode recyclage?

J'ai regardé le chrono, pour être sûr qu'il n'y avait pas d'erreur. J'étais à la Sambuy pour un KV (enfin, mini KV, "seuelement 700m de dénivelé).
1mn30 de moins que l'année dernière, dans les temps du record de l'épreuve (la fin de parcours à un peu changé depuis deux ans, mais ça se serait joué à quelques secondes), jusque là détenu par le recordman de France sur les KV. 
Punaise, je me dis qu'il va peut-être falloir que je me recycle dans les courses de montagne et de ski alpinisme, je n'ai jamais été aussi rapide dans les bosses. Qui sait, l'année prochaine vous me verrez peut-être au départ des Ultra trails??? 
Une deuxième carrière en perspective ;o)
Comme quoi, les vieilles carcasses, un peu d'huile de coude et ça repart. J'vous l'dis, j'ai pas encore mis la clé sous la porte, les jeunots!


lundi 27 août 2018

Nouvelle victoire pour une première à Nantaux

Je devais être sur la montée sèche du vendredi à La Clusaz, pendant l'épreuve du Bélier. Manque de bol, le quota des inscriptions était rempli , et pas moyen d'avoir un passe-droit. Finalement, je me suis retrouvé le dimanche à Nantaux, sur un super KV que je découvrais pour la première fois.
Un KV magnifique, probablement l'un des plus durs de ce qui peut se faire en matière de "verticalité" sur la partie intermédiaire. 
Après 34mn d'effort, j'accroche une nouvelle victoire, avec une bataille pour le record de l'épreuve sur les deux premiers tiers du parcours, avant de flancher (encore) sur la fin. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive sur ce type d'épreuves, d'autant plus curieux qu'un coureur de longue distance devrait plutôt avoir du mal à démarrer pour finir en trombe. Je sais pas, il doit y avoir une fougue de jeunesse qui traîne quelque part dans ma vieille carcasse. Enfin, vieille, pas tant que ça, vu que sur les courses à pied, j'ai encore la chance d'être classé en Senior, alors que je suis déjà Master 2 sur les skis. C'est peut-être le fait d'être classé "jeune" qui me fait me sentir jeune !!! Je vais réfléchir à demander une dérogation l'hiver, tiens, pour me retrouver en catégorie espoir...

Et si ce KV est incontournable, c'est aussi grâce à son commentateur de choc qui est aussi, je crois, l'organisateur de l'épreuve, sincèrement, rien que pour l'entendre, ça vaut le détour. Génial!


Fais le malin, avec tes petites foulées, dans quelques minutes, tu riras mois, l'gamin!



lundi 20 août 2018

Victoire au KV de Manigod

Y'a pas à dire, ça faisait longtemps!
Toujours placé, 
Mais jamais devant ces dernières années, 
Voilà enfin la plus haute marche retrouvée. 
Eh oui, j'ai terminé premier!

Oui, bon, quatre rimes à deux balles mais je fais ce que je peux. 
Courir ou réfléchir, faut choisir.

Enfin voilà, après quelques vacances (je vous en parlerai), et juste après un périple dans le Beaufortain (je vous en parlerai aussi), le KV de Manigod me tendait les bras. Je pouvais pas manquer cette nouvelle édition, le KV de Manigod, ça devient mon deuxième chez moi l'été.


Et le loup sort du pré...
Sinon, quoi d'autre ? Août tire à sa fin (et ça fait du bien), avec un peu de chance, il fera plus frais désormais, et faut vraiment que j'arrête de me prendre pour Beaumarchais, courir, décidément, ça me réussit mieux qu'écrire.

lundi 13 août 2018

2ème au KV Méribel

En ces temps de grande chaleur, rien de tel qu'un petit KV pour ne pas perdre le fil des intensités. Pour voir qu'effectivement, l'effort est toujours aussi dur. Parfois même plus que d'habitude. Que la carcasse est bien lourde, et que les kilos superflus sont toujours de trop lorsqu'il faut les monter au sommet. Que ledit sommet est vraiment trop haut, surtout lorsque le corps, plein d'acide lactique, hurle dans tous les sens, et que le cerveau fait un peu pareil. 
Le sport, c'est dur, mais c'est toujours aussi bon, surtout quand il y a un bon gueuleton à l'arrivée (Dragibus, chips, saucisson, fromage... Moi, je demande pas mieux.)
Je termine 2ème, c'est sûr que dans l'absolu, autant en terme de chrono (37mn41 sur ce KV technique) que de place (Eh oui, 1er, on commence à le savoir, c'est toujours mieux que 2ème, mais d'un autre côté, 2ème, c'est quand même mieux que 3, non ?!), mais ce jour-là, précisément, je ne pouvais absolument pas mieux faire. 
Prochain rendez-vous samedi prochain lors du KV de Manigod. C'est l'étape nocturne, avec les loupiotes et les feux d'artifices, l'énorme gueuleton à l'arrivée. L'étape inratable, quoi !


mardi 10 juillet 2018

Victoire à la grimpée du Môle 2018

Pour une fois, j'ai été sage. A 37 balais, certains diront que ce n'est pas trop tôt, mais mieux vaut tard que jamais.
Après avoir fait 2ème à la verticale du Môle un peu plus tôt cette saison, j'ai retenté ma chance sur un autre versant de la montagne avec un départ de Marignier. Pour info, le Môle a cette particularité d'accueillir au mois 6 épreuves de course à pied (à ma connaissance, mais probablement plus) tout au long de l'année.
Fait assez rare, je n'ai pas essayé de suivre le rythme des premiers, préférant garder mes forces pour la deuxième partie plus montante. Stratégie payante, j'ai pris mon temps et je dépasse Yanis (Lecompte) à deux kilomètres de l'arrivée. Mais il s'en est fallu de peu, j'ai eu chaud (dans les deux sens du terme) jusqu'à la ligne d'arrivée.

C'est dingue, on pourrait presque croire que je m'assagis.
Presque.
Faut pas vendre la peau de l'ours, connaissant le lascar, il y en a beaucoup qui diront qu'une fois n'est pas coutume !




jeudi 5 juillet 2018

Quand ça veut pas...

Le sport, c'est principalement une histoire d'objectifs que l'on se fixe
Depuis quelques années, j'ai calé des séances (très) longues en ski roue. Je sors de mes classiques, et je m'embarque dans des galères aventures de plusieurs heures. 80 bornes, 90... A force de tourner autour du pot et des 100 bornes, je me suis dit qu'il allait peut-être falloir que je les fasse, ces 100 bornes.
J'avais prévu ça pour mercredi (hier), avec le tour du Vuache.
Sûr de moi, j'ai enclenché ma montre GPS et je suis parti. Un peu tardivement (8h30) pour ce genre de tour.
Au bout d'une heure, j'ai fait un plat ventre sur le goudron. Le coude en sang, je suis reparti.
Au bout de deux heures, ma montre m'a lâché. Les joies de l'électronique.
J'ai maudit la troisième heure. Un gravillonnage sur l'ensemble de la chaussée, 1cm d'épaisseur, le panard, quoi ! Vous savez, ce genre de gravillonnages complètement inutile (voir ma chronique ICI) , qui plus est sur une route qui était relativement propre. J'ai maudit, pesté, mais après quatre kilomètres à en devenir fou à aller moins vite qu'en marchant, j'ai retrouvé un goudron potable.
La quatrième heure, le goudron a commencé à cloquer. Je ne suis pas du genre à m'attarder sur la météo, car comme le dit les proverbes de comptoir, qui trop écoute la météo, passe sa vie au bistro, mais j'avais choisi malgré moi l'une des plus chaudes journées de la semaine.
La cinquième heure, j'ai eu un coup de moins bien. Le corps en surchauffe, les jambes lourdes et les bras tétanisés.
Au bout de six heures, il ne me restait plus que 6km à parcourir. Le soleil de plomb a eu raison de ma volonté, une âme charitable m'a proposé de me ramener à la maison. Persuadé d'avoir passé le cap des 100 bornes, je n'ai pas dit non.
En arrivant à la maison, tout fier, je suis allé tracer mon itinéraire sur internet.



Et là, pas de bol.
1700m de dénivelé positif...
97km.
J'ai refait minutieusement toutes les routes, les petites rallonges, mais non, il m'a bien manqué 3km.
Bouhouhou... Va encore falloir que je m'y colle une prochaine fois.


Je me console en me disant que le tour était pas sympa quand même.

Au pied du Crêt d'eau, entre Haute-Savoie et Ain

Monts Jura


mercredi 27 juin 2018

6 heures à pied, ça use, ça use...

Hier, je me suis dit : tiens, si j'allais courir demain ?! Si j'allais faire 6 heures de course à pied ?...
J'avais un petit tour sympa en tête. Sortir de l'allée, prendre à gauche, descendre au village, partir sur Thorens, monter ensuite Sous-Dîne, aller à Roche Parnal, puis Cou. Et rentrer enfin. Un joli tour.
Le matin, je sors donc de la maison, je descends l'allée, et je ne sais pas pourquoi, mais à la dernière seconde, je change tout le scénario, je prends à droite. 
Et j'improvise.
Six heures plus tard, je suis de retour.
En fait, quand on part faire 6 heures de course à pied, le plus dur, c'est la mise en jambe, les premiers mètres de montée.
C'est aussi quand on se paume, et qu'on essaie désespérément de trouver un chemin qui n'existe pas. 
C'est aussi quand on aperçoit le chemin quelques mètres au-dessous, mais qu'entre le chemin et nous, il y a une falaise de 20 mètres.
Et puis quand on avale les dernières gouttes d'eau de la gourde, qu'on est perdu au milieu de nulle part, qu'il n'y a pas une seule fontaine dans les parages et qu'il fait une chaleur à crever
En fait, le plus dur quand on part faire 6 heures de course à pied, ce sont les 6 premières heures.
Ensuite, ça va.


lundi 18 juin 2018

Et puis juin

En mai, fais ce qu'il te plait. Je l'ai souvent entendu, ce proverbe, mais pas souvent appliqué.
La reprise a été à peine plus poussive ce printemps (il faut dire qu'il y a deux ans, j'ai repris l'entraînement pour la saison suivante... le 20 avril!). 
En tout cas, j'ai bel et bien rattaqué. Les entraînements, et puis les courses aussi. Il fallait bien ça pour me motiver. 
Après une victoire à la Transversale Tour des Pitons, au Salève, je termine 2ème à la verticale du Môle, puis encore 2ème ce week-end à la verticale du Criou. Trois podiums en trois courses, ça va, réflexion faite, j'ai connu plus poussif en début de saison.
En ce moment, j'alterne les plaisirs, déjà 600km au compteur en vélo, soit trois fois plus que l'an passé! Ok, difficile de faire moins que 2017 avec une seule et unique sortie vélo (mais quand même 200 bornes), beaucoup de ski roue, et des sorties à pied, dont peut-être une vingtaine d'heures avec la poussette lestée (oh, les petits, faudrait attaquer un régime, là, parce que papa, il galère de plus en plus dans les montées).
Enfin voilà, quoi, comme tout fondeur qui se respecte, à peine en juin et je ne chôme pas !



lundi 7 mai 2018

Bilan de la saison 2017/2018

Les skis sont remisés depuis quelques semaines. Alors que de nombreux athlètes posent définitivement le dossard (Marcus Hellner, Ola Vigen Hattestad, Ole Einar Bjoerndalen, Marie Dorin Habert...), n'ayez crainte, je continue. J'ai toujours autant de plaisir sur les skis. Une année assez surprenante, toujours placé mais jamais victorieux, à chaque fois une hitoire de secondes (13sec de la gagne à la Transju, 7sec à la DolomitenLaud, 9sec à la Tartu, 11sec à la Birkie, 5sec à la Demino, 5sec à l'Engadine...), il m'a manqué de la lucidité sur les fins de course et cette petite étincelle pour réussir à me remobiliser dans les sprints finaux. 
L'année prochaine, j'arrête les trop longues séances d'entraînement pendant l'hiver, place au qualitatif. De la vitesse, des sprints, et ça paiera sur les fins de course.

Voici un bilan des principaux résulats sur l'année, été/hiver:

Ski de fond:

1er aux 24 heures des Mosses
2ème à la Ronde des Cîmes
3ème à la DolomitenLauf (Worldloppet)
3ème au Marathon des Glières (Marathon ski tour)
4ème à la Foulée Blanche (Marathon ski tour)
5ème à la Transjurassienne (Worldloppet)
6ème à la Tartu Marathon (Worldloppet)
6ème au Marathon de Bessans (Euroloppet)
9ème aux Championnats de France Saisies
11ème à l'American Birkebeiner (Worldloppet)
12 ème à la Demino Marathon (Worldloppet)


Course à pied:

13ème aux Championnats de France de Montagne
1er à la Montée du Crêt d'eau (challenge national course de montagne)
1er à l'Assaut des Mémises (Challenge départemental course de montagne)
1er aux Foulées Maglanchardes (Challenge départemental course de montagne)
1er à la Grimpée du Pays Rochois (Challenge départemental course de montagne)
1er à la Grimpée de la Sambuy (Challenge départemental course de montagne)
2ème à la Grimpée du Môle (Challenge départemental course de montagne)
3ème au Kilomètre vertical de Manig


mercredi 11 avril 2018

Des étoiles aux Saisies

Les étoiles, j'en ai vu pas mal, un peu partout au bord de la piste. 
Pourtant, au départ, j'en avais plein les yeux, à espérer une belle perf sur cette dernière course de l'année, qui plus est championnat de France de longue distance.
Et effictivement, j'en ai eu plein les yeux, mais ce n'étaient pas celles de la victoire, mais plutôt celles de la fatigue. Beaucoup d'enchaînement cette saison, entre les courses et les déplacements, les 24 heures des Mosses la semaine dernière, c'était trop pour moi. Rapidement en difficulté, je bascule en haut de la Palette à la 5ème place, et ensuite, un groupe revient sur moi, la neige est lente et je suis en mode ski nautique, j'essaie de ne pas lâcher, sinon, je coule.
Un regain d'énergie dans le deuxième tour, mais la dernière grande montée aux trois quarts de la course, alors que le groupe revient sur la 3ème place, me sera fatale. Je termine 9ème. 
Par contre, il faut noter quelque chose d'exceptionnel, pour la première fois depuis le début de saison, les conditions de ski la veille de course étaient identiques à celles du jour J. Oui, c'est assez exceptionnel, depuis novembre et nos première courses, nous avons toujours eu des changements de temps improbables, véritables casse-têtes pour Steph, Bubu et Sylvain, nos fidèles hommes de l'ombre.


mardi 3 avril 2018

Les 24 heures des Mosses, la victoire du Team et l'envers du décor

Ce week-end était plutôt atypique. J'ai couru samedi. Dimanche aussi. Ah, j'oubliais, pour l'échauffement, j'ai aussi couru vendredi. Si, si, je vous assure...
Retour sur trois jours riches en fatigue émotion.
Vendredi, c'était l'une des étapes des Championnats de France. Un 15km classique mass start au programme, troqué à la dernière minute contre un 10km mass start, autant dire qu'il fallait être rapide au démarrage pour espérer jouer devant. Réconcilié avec le classique malgré le peu de pratique cette année, je termine 11ème à une vingtaine de secondes du podium, pas de doute, 5km de plus ne m'auraient pas dérangé... 

Le lendemain, direction les Mosses en Suisse pour la grosse fête du ski par équipe. 24 heures de ski, mais surtout 24 heures de gavage (nourriture), même si le temps ne se prêtait pas à faire du gras. Didier, Roy de l'organisation, nous avait concocté un joli programme de course. Départ à midi sous un temps plutôt Clément (Mailler de me contredira pas), la météo nous a joué des tours, et même si les Moutons se sont mis à l'abri tant les bourrasques étaient nombreuses, il en fallait bien plus pour démotiver Stéphane, notre mentor. 
Après de nombreux tours en début de course, Nico, las de tourner en rond, nous a quitté pour remplir son devoir d'équipe sur le relais des Comité, à Prémanon. C'est Adrien qui a pris le relais, mais le bougre, avec la fatigue et le gel, était plutôt Mou. La nuit tombée, pendant que les Chipmunks faisaient la fiesta sur la piste de danse, Alwin tournait comme un beau diable, skiant de bonne grâce, plutôt Candide sur les skis, face aux Champs blanchis par les Belles étoiles au rythme des Ans. 
Mais bon, plutôt être Chauve que d'entendre ça (et sourd aussi), pas de place à la poésie dans le ski, fallait tourner, tourner et encore tourner. Et avec 518km au compteur, toute l'équipe a -enfin- vu le bout de la nuit.*

Allez, oublions les jeux de mots douteux, revenons sur ces 24 heures:
Pour courir, il faut avant tout savoir skier manger. Manger avant, manger entre chaque tour, manger avant d'essayer de dormir, manger au réveil, manger après un tour, manger, manger, manger. Que des bonnes choses: chips, saucisson, chocolat, cachuètes...
Il y en a qui vous diront qu'il faut boire aussi. Nous, c'était Coca. Light. Pour d'autres, demandez à celui d'une autre équipe qui, au bout de 6 heures, est tombé après avoir fait 2 mètres, s'est relevé, a fait 2 nouveaux mètres et est tombé de nouveau, et s'est vu finalement retirer son dossard. Pas sûr qu'il avait de la limonade dans sa gourde. Boire ou skier, il faut choisir...
Nous aussi, on s'est octroyé un petit plaisir, un bon vin chaud pour fêter notre victoire, il devait bien rester encore 0,0001° d'alcool dans le brevage chauffé.





(* Pour ceux qui ne connaissent pas l'équipe et qui ne comprennent rien à mes fantastiques jeux de mots, l'équipe était composée de :
Adrien Mougel
Thomas Chambellant
Stephane Mouton
Alwin Thetaz
Candide Pralong
Clément Mailler
Nicolas Berthet
Didier Roy
Benoît Chauvet)

vendredi 23 mars 2018

Vous voulez savoir si j'ai gagné aux Glières ?

Dans le coin, c'est la question que tout le monde se pose. Après 8 podiums et 6 deuxièmes places, ai-je enfin gagné le Marathon des Glières?
Eh bien...
Non!
J'avais la grande forme, j'ai mené, j'ai secoué, et puis au final... j'ai craqué. Plus de son plus d'image sur les 10 dernières minutes de course, là, je me demande si ça commence pas à être dans la tête ??!!!
Je me fais même chiper la 2ème place sur les derniers mètres.
Va falloir revenir l'année prochaine.
Eh si...

En attendant, v'là une nouvelle vidéo. Au moins, je m'éclate à en faire ;o)