vendredi 23 novembre 2018

Vainqueur... du concours de nouvelles Brèves de sang d'Encre à Vienne


J'aurais préféré vous annoncer la sortie d'un prochain livre. Qu'un éditeur m'a contacté, qu'il a aimé l'un de mes manuscrits. Qu'enfin, je sors de cette galère éditoriale, que je vais pouvoir répondre aux attentes liées au financement participatif lancé avec Eléa editions il y a déjà deux ans. Le chemin est long, je ne l'imaginais pas si laborieux, et je me sens toujours redevable auprès des contributeurs, je ferai d'ailleurs une info sur ce sujet prochainement.


J'ai participé à un petit concours de nouvelles cet automne, et premier succès en littérature. Fallait un peu changer des dossards, y'a pas que dans le sport qu'on peut monter sur la boîte !
Je suis donc lauréat du concours Brèves de sang d'Encre à Vienne, organisé autour du Polar. Le texte devait commencer par cette phrase : Ghjacumu était saisi par la nouvelle lue sur le seuil du bar que tenaient ses parents (1ère phrase du livre les enfants de Monte-Cassino), faire 2 à 3 pages en format Word, et terminer par celle-ci : Puis l'image disparut (Dernière phrase du livre Le piège de l'architecte).
Merci au jury et voilà le texte:

Pas de Bol

Ghjacumu était saisi par la nouvelle lue sur le seuil du bar que tenaient ses parents. Il referma mollement le journal en secouant la tête. Il lisait rarement les périodiques, ne regardait pas la télé, fuyait les informations. Il fut un temps où tout cela l'intéressait. Mais ce temps était révolu, et les médias, désormais, l'effrayaient. Aujourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain, aurait soufflé Rosemonde Gérard d'un autre Monde.
Ghjacumu rejeta l'amas de papier et essuya une larme du revers de la main. Il regarda avec nostalgie l'ardoise fixée au-dessus du bar. Les arabesques majestueuses apposées à la craie rappelaient encore la présence de sa mère, morte en début de semaine. Il se dit qu'elle était mieux là-haut, aux côtés de son mari, enterré le mois précédent. Décidément, il commençait à y avoir du monde, là-haut. Ses parents, son frère Marcel. Sa sœur Hortense. Le cousin Issam. L'oncle Barnabé, la tante Solange... Ghjacumu ne comprenait pas pourquoi le sort s'acharnait sur les siens. Le cousin Issam était mort sur la route, au volant de sa voiture. Ghjacumu la lui avait prêtée. Une sortie de route, un saut dans la falaise, non loin de l'Île Rousse. Les freins avaient lâché. Tué sur le coup. Barnabé, lui, c'était l'échelle. La grande échelle que Ghjacumu entreposait avec soin dans le grenier. Un barreau cassé, six mètres de chute, la nuque brisée. Et dire que ç'aurait dû être lui, il devait monter sur le toit remplacer une tuile, mais Barnabé en avait eu besoin avant. Et Marcel... Son frère avait avalé une amanite phalloïde. Ils étaient allés aux champignons, et Dieu sait qu'ils s'y connaissaient, tous les deux, en champignons. Les amanites, ils les reconnaissaient les yeux fermés, rien qu'à l'odeur. Normalement, c'était Ghjacumu qui devait récupérer la récolte, une fois sur deux, chacun son tour, mais après l’apéro à la maison, Marcel avait insisté pour prendre le panier, il devait recevoir du monde à la maison... Et puis sa mère, avalant une guêpe enfermée dans une bouteille de soda qu’il aurait dû boire, lui, Ghjacumu. La liste était longue...
A chaque fois, le sort avait désigné un autre que Ghjacumu. Les flics auraient pu trouver ça louche, si Ghjacumu n'avait pas été l'homme riche de la famille, le millionnaire, le seul qui n'avait rien à gagner à ce que les autres meurent. Quel autre mobile pourrait-il avoir, franchement ? Il ne jalousait personne, il aimait la vie, les gens, la nature... Un peu simplet, disaient de lui les mauvaises langues. Oh ça, les persiflages, il les entendait. Il savait qu'il n'était pas quelqu'un de brillant, mais, dans cette vie, fallait-il être brillant pour être heureux ?
Il enfonça la tête dans ses mains. Dieu lui en voulait-Il de n'être pas plus intelligent ? D'être riche ? Mais alors, pourquoi lui avait-Il fait gagner tous ces millions au loto ?
Il se ressaisit. Il le fallait. Il restait encore Mélissa, il devait impérativement la préserver. Depuis quelques temps, il ne lui confiait plus ses peurs, ne lui parlait plus des morts qui jonchaient sa route. Qui sait si Dieu n'avait pas un plan pour elle ? En sortant du bar, il se dirigea à l'angle de la rue Marsan pour y prendre son vélo. Il s'arrêta net. Son biclou avait disparu. Ne restait que le cadenas, au pied du panneau de signalisation. Il prit l'objet dans ses mains. Le sort s'acharnait sur lui, encore, toujours. Il sortit son téléphone pour appeler Mélissa, se ravisa. Ne pas l'angoisser. Il se débrouillerait pour rentrer, il rachèterait un autre vélo. Il ne devait pas la tourmenter. Elle était si fragile, souvent alitée. Ah, Saleté de maladie !
Ghjacomino hésita à tendre le pouce pour faire du stop, défaut de celui qui s'est trop déplacé par ses propre moyens durant sa jeunesse. Repensa à tout cet argent sur son compte, se dit qu'un taxi lui ferait gagner du temps. Il fallait qu'il prenne ces automatismes de gens riches.
Deux kilomètres plus loin, le conducteur ralentit. Ghjacumu leva la tête. « Un accident, s'exaspéra le conducteur. Encore un as du volant qui a fait des siennes avec sa grosse cylindrée. Ah non... rectifia l'homme, c'est un cycliste ». Il ralentit au passage. Il y avait le SAMU, la police et tout un attroupement de curieux. Un corps au sol que l'on essayait de réanimer. Du sang sur la chaussée. Trois mètres plus loin, un vélo en aussi piteux état que le cycliste. Ghjacumu colla sa tête à la vitre, interdit. Il tambourina au carreau.
-Ralentissez ! Baissez la vitre !
C'était son vélo. Le vélo qu'on lui avait piqué. Il en était certain. Il l'avait fait repeindre selon ses envies. La voiture roulait quasiment à l'arrêt. Il saisit des bribes de conversation. Paraît que les freins ont lâché. Il avait tout juste vingt ans... Son vélo. Aucun doute, c'était son vélo...
Arrivé chez lui, Ghjacumu descendit du véhicule, hagard.
-Gardez la monnaie, fit-il en tendant un billet de cinquante euros.
-Monsieur, est-ce que tout va bien ?
Il hocha la tête sans se retourner. Sa vie ne tenait qu'à un fil qui n'allait pas tarder à casser. Dieu ne lui laisserait pas de répit, il devait payer pour tous ces millions gagnés.

Mélissa regarda sa montre. Une heure de retard. Elle se prit à espérer. Elle s'était même mise à prier. Pourtant, l'église, Dieu et toute le reste, ce n'était pas son truc. Mais à force de constater ces enchaînements improbables, elle s'était dit qu'il devait bien y avoir quelqu'un, là-haut, qui tirait des ficelles. Ghjacumu n'était pas un homme très intelligent, assez quelconque d'apparence, un homme aussi inoffensif qu'insignifiant. Il prenait soin d'elle avec un entêtement parfois touchant. Comme cette façon de la préserver depuis tout ce temps, lui cachant les morts qui accompagnaient désormais leur vie. Et lui, toujours sur pied, toujours vivant. Ironie du sort, voilà qu'il les enterrait les uns après les autres, tous prenaient sa place à tour de rôle, comme dans une pièce de mauvais goût. Ghjacumu était en retard, c'était inhabituel pour lui. Les routes de Corse étaient si dangereuses. Il aimait le vélo, n'entretenait jamais son biclou. Avec les vents maritimes porteur d'iode, la rouille rongeait si rapidement les pièces métalliques... Des freins qui lâchent, une sortie de route...
Même les flics qui s'étaient penchés sur leur cas avaient pris peur. Deux agents de la fonction publique étaient morts la nuit dans un incendie. La malchance. Le destin, dira-t-on.
Un crissement de voiture dans l'allée la sortit de ses pensées. Les gendarmes venant lui annoncer la triste nouvelle. Elle alla à la fenêtre. Ghjacumu. En pleine forme.
A vingt heures, une amie, Antonia, s'assit à leur table pour partager leur repas. Deux heures plus tard, Ghjacumu et leur invitée était complètement ivres. Mélissa se leva doucement, alla dans la cuisine chercher les bougies, c'était l'heure du gâteau. Tu aimes, les tartes à la fraise, hein, mon Ghjacumu ?.. Elle avança l'escabeau contre le placard et monta dessus. Un barreau craqua, elle perdit l'équilibre. Dans sa chute, elle entraîna le couteau de boucher en équilibre sur le plan de travail. La lame effilée s'enfonça comme dans du beurre. Elle ne sentit presque rien, elle n'en eut pas le temps. Tout s'était passé si vite. Elle hurla de rage. Elle avait oublié ce foutu barreau, desserré le mois dernier.

Tout avait était ficelé, elle avait prévu le meurtre parfait. Elle avait invité une amie à dîner. Ghjacumu avait des dizaines de milliers d'euros cachés sous un matelas. Mobile suffisant pour l'invitée, retrouvée morte près de Ghjacumu. Deux corps poignardés. Mélissa, seule survivante, aurait invoqué la légitime défense. Elle avait mis la table, ouvert une bouteille de champagne. Elle les avait saoulés, l’alcool aurait justifié le dérapage incontrôlé.
La rage avait envahi ses entrailles, au retour de Ghjacumu dans l'après-midi. Une colère profonde, incontrôlable. Elle s'était pourtant occupée des freins du vélo. Mais non, il était encore en vie. Alors elle avait attendu le soir. Le poignarder de ses propres mains. Elle n'en pouvait plus de ses stratagèmes vains. Le meurtre aurait été maquillé en cambriolage. Elle avait eu le reste de l'après-midi pour préméditer un meurtre à la Hitchcock.
Les flics, elle n'y était pour rien. Par contre, les autres... Le barreau d'échelle limé, les freins de voiture desserrés, la jeune amanite jetée dans le panier, le bouchon de gaz dévissé... Comme par miracle, un autre prenait la place de Ghjacumu. Elle était l'unique héritière. Ils n'avaient pas d'enfants, elle avait toujours pris la pilule sans le lui dire. Elle faisait déjà son devoir conjugal de temps à autre, le plus rarement possible. Sa maladie imaginaire servant de prétexte à y échapper la plupart du temps. Et chaque fois, elle se disait que ce n'était qu'une question de jour. Avant de mourir, elle vit Ghjacumu se lever, sa tête de simplet, cet imbécile qui s'en sortait toujours. Heureux les pauvres en esprit... maudit-elle en emportant dans sa mort le visage de cet homme qu'elle avait toujours détesté. Puis l’image disparut.

lundi 19 novembre 2018

Le frigo de Davos

A l'heure où j'écris ces quelques mots, le neige est en train de blanchir légèrement les montagnes. Depuis plusieurs années déjà, il devient difficile, voire impossible, de skier sur de la neige naturelle dans nos stations alpines sur le mois de novembre. Bien sûr, il y a des exceptions, comme l'année dernière, mais sur les six dernières années, les débuts d'hiver ont été assez compliqués.
Tout skieur qui se respecte commence bien entendu à inspecter les webcam, espérant trouver au sein des prévisions pessimistes un rayon de soleil qui prendra la forme d'une bonne giboulée de neige. De plus en plus de stations françaises "investissent" dans la neige de culture. C'est désormais un passage obligatoire pour ouvrir quelques kilomètres de pistes avant d'espérer une ouverture complète des domaines avant les vacances de Noël.
Pour la troisième fois en trois ans, je suis allé à Davos, en Suisse, accompagné de toute l'équipe Jobstation Rossignol. 


Pour la troisième fois en trois ans, j'ai (beaucoup) tourné en rond, je n'ai pas eu le loisir de mettre une goutte de crème soleil (ensoleillement dans une journée : 0 %), je me suis bien caillé, mais il faut voir le bon côté des choses: j'ai pu skier! (mais en même temps, j'ai loupé la remise des prix du Concours de nouvelles Brèves de sang d'Encre à Vienne, je vous en parlerai prochainement)
Reste maintenant à savoir si, de retour en France, il faudra de nouveau chauser les skis à roulettes ou alors si il sera possible de poursuivre le boulot avec les grandes spatules.

Petit tour d'horizon sur les possibilités de ski de fond dans le coin:
-1,8km aux Glières (Lauréat en catégorie kilométrage)
-1 km aux Saisies (Lauréat en catégorie largeur de piste)
-800m à Bessans (Lauréat en catégorie ouverture précoce (depuis le 20 octobre)), mais pas sûr qu'il en reste?

Ouverture prochaine: Les Confins à La Clusaz, et Les Tuffes à Prémanon.

En attendant, il paraît que nos amis Pyrénéens skient sur de la vraie neige, tombée du ciel de cette année. Info ou Intox?...

lundi 5 novembre 2018

Périple dans le Beaufortain, le récit décalé

Cette année encore, pour ne pas déroger à la règle, nous avions envisagé un petit périple à pied. Sac à dos, tente, sac de couchage, popote, tout le truc du parfait petit marcheur. Le bouquin de la France s'était arrêté à la page du Beaufortain. Débarassés de nos deux petits monstres, baskets aux pieds, nous étions prêts pour quatre jours de galère. Euh, non, de belle randonnée.
Jusqu'à présent, l'été avait été plutôt sec. Enfin, carrément sec. Un coup d'oeil sur la météo, des orages étaient annoncés en fin de journée, mais ce n'était pas quelques gouttes qui allaient nous empêcher de mettre un pied devant l'autre. D'autant plus que tout le monde sait qu'il ne faut pas se fier à la météo. C'est ce que je ne cessais pas de répéter à Isa pour la motiver. 
Bien sûr, pour me faire mentir, c'était le déluge à la mi-journée. Après deux cols gravis en moins de temps qu'il ne faut pour le dire (élevé au carré de l'hypthénuse de la plus grande des médiatrices), nous sommes au pied du Lac de Roseland. Normalement, nous devons emprunter un bout du Gr5, mais je vois un semblant de chemin sur la carte.
-Tu es sûr ? me fait Isa.
-Je suis né avec une boussole dans la tête, t'inquiète.
Une heure plus tard, nous tentons une escalade dans la copie de la forêt Amazonienne, dans une pente à 60%. Je prends un peu d'avance et je fais passer la pilule en annonçant, triomphant, qu'une jungle de framboisiers nous attend sur le replat juste au-dessus. 
J'ai toujours eu du mal avec les demi-tours, alors on a fini par retrouver notre chemin. Les baskets trempées, les chaussettes éventrées, les jambes en sang. Mais on y est arrivés.
Il a fallu ensuite chercher un lieu de bivouac. A dix-sept heures, il y en avait un absolument magique, juste en face du lac. Presque les pieds dans l'eau. Un joli coin de paradis avec de l'herbe bien grasse, un sol parfaitement plat, pas trop dur. Mais, vu qu'il y a toujours un "mais", il n'était que 17 heures. Nous n'étions qu'à la moitié du lac et dans notre plan de base, nous avions prévu d'arriver au bout de l'étendue d'eau. Alors nous avons continué, persuadés que l'avenir nous réserverait encore meilleur accueil. 
Dans nos rêves. Deux heures plus tard, nous nous contentions du "moins pire" pour installer notre camp de manouche. 


Les joies de l'aventure.
J'avais minutieusement étudié la carte. Je savais que le lendemain, nous allions passer à côté d'un site préservé. J'avais prévu un lever aux aurores, il nous fallait être les premiers au lac d'Amour. 
Profiter d'un moment en... tête-à-tête, si je puis dire.


Manque de bol, je ne devais pas être le premier à avoir ce genre d'idée. Un arrêté préfectoral avait sévi. ,Brecouilledouille, il a fallu continuer son chemin. 

Gravir des cols. D'autres cols. Et puis encore d'autres cols. Descendre, pour remonter encore. Remonter, pour redescendre encore. Des heures et des heures de marche, arriver éreintés à la fin de la journée, prendre des bains glacés dans les rivière. Manger du Lyophilisé. Allez, on ne va pas se plaindre, on avait la bouteille de gaz et le brûleur pour faire chauffer. Il y a quatre ans, j'avais oublié le brûleur. On avait alors pu constater que la polenta ne gonfle pas dans de l'eau froide.
Quatre jours. Quatre jours à arpenter les chemins du Beaufortain. Et vu qu'on est tous les deux bien maso, on a choisi d'agrandir notre tour, de faire des variantes, de pousser dans la Tarentaise. 
Après des jours de marche, les guiboles courbaturées, j'ai eu la bonne idée de proposer à Isa de rallonger encore un peu. Isa a accepté. Je pense qu'elle avait égaré son bon sens dans la dernière montée. 
Et nous voilà dans une interminable montée, au pied du Mirantin, à constater que le ciel se couvre légèrement. Lentement. Mais sûrement. A chaque fois que nous croyons toucher au but, un autre sommet se profile au bout du chemin.
Et enfin, nous arrivons au dernier col du jour. C'est là que ça devient marrant. Jusqu'à présent, notre rando avait été un peu monotone. Des cols, des traversées, des jolies vues, mais toutes les montagnes se ressemblent, hein ! Donc voilà, arrivés à notre fameux dernier col, les jambes perclues de courbatures, une goutte s'est écrasée sur ma main. Une autre sur le front d'Isa. Une troisième un peu plus loin. Je suis un peu bourrique, et Isa aussi. On hausse les épaules, on se dit que ce n'est pas trois gouttes qui vont nous faire peur, une averse passagère, comme le dirait le dicton, pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Une minute plus tard, c'est le déluge. Mais il est trop tard pour enfiler une veste. Allez, un peu de contraste avec la sécheresse de l'été.
C'est lorsque la grêle vient nous fouetter le visage et le cou que l'on se dit qu'on aurait peut-être dû réfléchir un peu avant.
Il pleut des seaux d'eau, à tel point que je ne serais pas étonné de voir Noé passer dans le coin avec une arche improvisée. Pour couronner le tout, le brouillard s'invite dans la partie.
Bon, en tout cas, la vue est absolument splendide. 


Bien qu'on ne croise pas Noé, on trouve M. Seguin lors de notre descente sur Beaufort, et même qu'Isa réussit à décongeler durant la nuit dans notre tente et apprécie le lever de soleil.

On arrive finalement à bon port le quatrième jour, notre boucle est bouclée. Il va falloir attendre un an avant nos prochaines aventures à pied. Je suis sûr que vous avez déjà hâte de les lire!