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dimanche 12 avril 2020

Confinement: page 21

[...]

– La décision doit être pour quand ?
– La semaine prochaine. C'est notre plus gros dossier, si nous l'obtenons, si le client signe avec nous, il y aura une grosse prime en fin d'année. Pour moi, une augmentation garantie.
– Je te fais confiance.
Elle disposa soigneusement les assiettes sur la table.
– Tu sais que j'ai été alpaguée par l'une des employées, à la crèche ?
– Au sujet de quoi ?
– Jules aurait tapé l'un de ses camarades.
Elle insista bien sur le conditionnel. Elle connaissait son enfant, de même que les enfants, de manière générale. Elle savait qu’il n’y avait pas d’acte gratuit. Qu’il avait certainement été contraint de le faire. Bertrand ne trouva rien à répliquer.
– Tu m’entends ? lui fit-elle.
– Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Nous n’étions pas là. Tu sais, les petits, avec la fatigue, ils font des gestes déplacés. Mordre, taper, crier.
– Pas notre fils, répliqua-t-elle avec assurance. Crier, peut-être, taper, non. Il n’a jamais tapé, ce serait surprenant qu’il s’y mette comme ça, du jour au lendemain.
– Il est fils unique, il ne vit qu’avec nous. En dehors…
– C’est bon, laisse tomber, fit-elle en levant la main. Je vais régler ça avec lui ce soir.
Ils mangèrent la pizza devant un dessin animé. La Reine des neiges. En ce moment, il tournait en boucle, Jules était fan.
Ensuite, brossage de dents, et câlin. C’était elle qui s’occupait de le mettre au lit, Bertrand s’était proposé au début, les premiers mois dans sa chambre, mais elle avait insisté pour que ce soit elle, Jules avait besoin de sa maman, c’était indéniable.
Lorsqu’elle le borda, elle évoqua le conflit de la garderie.
– Tu sais mon chéri, la dame de la garderie m’a dit que tu avais tapé un copain. C’est vrai ?
Il ne répondit pas.
– Tu peux tout mon dire, mon petit prince. Tu sais que maman ne se met jamais en colère. Maman t’aime très fort. Elle veut juste te dire que ce n’est pas bien de taper.
– Câlin, fit-il pour toute réponse. Câlin, maman.
Elle le serra fort dans ses bras. Se passa en boucle les conseils lus dans les magazines qu’elle lisait sans cesse. Prendre du recul pour être capable de clarifier les sources de conflits, ressentir les émotions désagréables pour mieux les bannir. Savoir percevoir ses propres inquiétudes, comprendre s’il s’agit de ressentiment, d’angoisse.
Elle savait qu’elle avait une grande responsabilité en tant que mère, elle avait tellement peur de ne pas faire les choses comme il le fallait, d’être un mauvais parent. Plus encore, que son Jules ne l’aime pas. Lorsqu’elle le déposait à l’école, Jules pleurait la plupart du temps. Alors son estomac se nouait, c’est comme si elle l’abandonnait définitivement, elle culpabilisait de lui faire vivre ce moment si difficile, bien que l’école soit nécessaire et obligatoire. Mais il était si petit. Avec nounou Delphine, c’était plus simple, tous deux se connaissaient parfaitement.
Elle commençait aussi à avoir un peu peur, avec cette mauvaise histoire venue de Chine. Il faudrait qu'elle fasse davantage attention avec son ange. Jamais elle n'oubliait de lui laver les mains lorsqu'il arrivait à l'appartement. Les sols étaient parfaitement nettoyés, récurés, javellisés, aseptisés, pas une bactérie ne devait traîner à l'intérieur.
Mais le danger venait toujours de l'extérieur.

*

Je suis passée devant le quincaillier, au bout de la rue. Je ne lui adresse plus la parole. Cet homme, en plus d’être mal poli, est un idiot. J’allais lui acheter des broutilles, auparavant. Pour me dépanner. Ses tarifs étaient bien trop élevés pour que j’y aille régulièrement. Mon mari l’aimait bien. Il aurait appris à le connaître au moment de la retraite.




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