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mardi 28 avril 2020

Confinement: page 34

[...]

Avec la petite, Henriette faisait sa cure de jouvence. Elle ne se sentait plus vieille, ni ridée. Elle n’avait plus mal aux articulations, juste aux zygomatiques.
Cinq jours trop courts, parce que le soleil apparaissait trop tard et disparaissait trop tôt, parce qu'il n'y avait toujours que vingt-quatre heures dans une journée. Parce qu'il y avait tellement de choses à faire, aller faire du toboggan comme des gosses, Henriette adorait ça, surtout lorsqu'il y avait des gamins autour qui la regardaient avec un sourire éclatant, parce qu'une mamie comme ça, c'était génial, et qu'ils auraient bien aimé que la leur fasse pareil. Le toboggan, l'othéo ne le lui avait pas interdit. Elle ne l'avait pas non plus évoqué. Ce n'était pas descendre la pente sur les fesses qui risquait de lui faire mal, juste porter des choses lourdes. Dans le parc, elle avait fait de la balançoire, et puis du « tape cul », aussi.
Oui, elles en avaient fait, des choses.
Des parties de pétanque, siroter une grenadine, ou s'asseoir sur la nacelle, le parasol grand ouvert pour se protéger de la pluie, habillée comme des bonshommes Michelin parce qu'il faisait tout de même un peu froid. Et puis des instants à ne rien se dire, mais tout ressentir,
Ça ne durerait pas, ce serait peut-être sa dernière descente de toboggan, l'avant dernière, elle s'en fichait pas mal, elle était dans l'instant, elle en profitait, elle rigolait comme une folle qu'elle était un peu, encouragée par la petite qui riait aussi aux éclats, c'était bon de vivre.

Le jour arriva où il fallut reprendre le bus. Cinq jours, ce n’était pas assez. Il y en aurait dix que le constat aurait été le même.
– Tu feras attention, Mamie ? lui fit la petite sur le quai
– A quoi ?
– Tu le sais bien, arrête de faire la naïve.
– Tu sais, avec ma vie d’ermite, je ne risque pas grand-chose.
– Tu vas acheter ton pain. Tu vois du monde. Ce n’est pas sans risque.
Elles en avaient déjà parlé. Le virus touche surtout les personnes âgées. Il faut prendre des précautions. Regarde, tu ne te laves jamais les mains.
– Il faut être en contact avec les microbes pour travailler son immunité. Les milieux aseptisés, ce n’est pas bon pour l’organisme. Tu sais très bien qu’il y a plus de maladies ORL, d’asthme, d’allergies et de toutes ces autres saletés depuis qu’on passe tout à la javel.
– Mamie, ne fais pas ta bourrique. Il y a un entre deux. Toi, tu fais tout à l’extrême.
– C’est bon, c’est bon, je ferai attention. Mais tu reviens me voir aux prochaines vacances !
– Oui, mais il faudra que je révise un peu.
– Je serai là pour superviser.
Elle prit la vieille dame dans ses bras.
– Merci, mamie.
– Merci à toi, ma petite fille. Prends soin de toi.
Une larme roula sur sa joue lorsque le train ne fut plus à vue. Ça allait être long, d’ici les prochaines vacances.

*

Ma chambre est mon univers. C'est un lieu rassurant pour tous les enfants, c'est là que nous formons notre imaginaire, que nos premiers rêves naissent, que nous les développons. J'y passe beaucoup de temps, au détriment de la vie à l'extérieur.



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