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vendredi 1 mai 2020

Confinement: page 36

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C'est étrange, ce qui se passe dans un cerveau. Le cheminement des pensées, l'incapacité à changer lorsque l'on est ancré dans un fonctionnement, le manque de recul.
Le cerveau, organe le plus complexe du corps humain, un kilo trois cents grammes de mystères. J'essaie d'apprivoiser le mien, ce n'est pas toujours évident, mais je suis sur la bonne voie. J'arrive à m'aimer (un peu), c'est un bon début.
Si comprendre le nôtre est une lourde tâche, comprendre celui des autres est impossible. Hier, des devantures de magasins (parisiens) asiatiques ont été taguées : « dégage, coronavirus ».
J'ai lu ce même genre de messages, nous les avons tous lus, appris, récités lors de cours d'histoire, dans les livres, dans les récits. Les noirs se sont battus pour leur liberté, au prix de nombreuses vies. Une guerre a éclaté dans le Monde, elle est encore jeune, morte au milieu du siècle dernier. Les juifs étaient affublés d'une étoile, raillés d'abord, molestés ensuite, déportés finalement puis exterminés.
Le virus vient d'envahir nos frontières et plutôt que de lui faire la chasse, certains font la chasse à l'homme. Les chinois se font insulter dans les transports en commun. Certains disent que c'est de leur faute. Le commerce d'animaux sauvages en serait la cause. Beaucoup de conditionnel, mais le débat est-il le bon ? Ne devrait-on pas pointer du doigt les terres que l'on préempte, les barrages que l'on construit, la nature qu'on abîme pour mieux nous servir ?
Se soucie-t-on des forêts surexploitées, des mers vidées de leurs poissons, des loups ou des ours tués ?
Aujourd'hui, nos comportements changent, nous délaissons les grandes surfaces pour les commerces de proximité, nous achetons davantage de produits biologiques, mais ces changements sont-ils pour notre bien être personnel ou pour la planète ? J'aimerais savoir, lire ce qui se passe dans la tête des gens pour avoir une réponse à cette question.
Ce virus est un message, nous modifions la planète très rapidement et nous n'avons pas le temps de nous adapter.
Il faudrait probablement accepter de ne plus réguler les autres espèces, laisser la faune et la flore s'exprimer, ne plus les exploiter pour des richesses quelconques, pour des crèmes pour le visage, pour une qualité gustative, pour un caprice sur un vêtement.
Je lève les yeux, au-dessus de mon lit, j'ai noté une phrase qui m'a marquée : « nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».
Je la trouve belle, elle a du sens, pour moi. J'espère qu'elle en a aussi pour beaucoup d'entre nous. Parce que la mort, encore elle, est devant chacun de nous, personne ne sera épargné. Il ne faut pas nous précipiter. Il faut vivre, toujours, pleinement, sans nous soucier de demain, mais sans oublier que demain se construit aujourd'hui.
Le mur est devant, à portée de main.
Ralentissons avant de nous écraser dessus.
Ralentissons vite.

*

Jules s'était réveillé pendant la nuit avec un mal de tête. Il s'était mis à hurler, Sandra s'était levée en sursaut pour aller voir ce qui se passait.
Elle était allée prendre du paracétamol dans l'étagère à pharmacie. Elle était en colère contre Bertrand qui n'avait pas levé un sourcil, qui dormait encore paisiblement sans s'inquiéter de la santé de leur fils.
Elle lui reprit la température, il avait plus de 38 de fièvre. Elle lui donna le médicament et le berça en lui chantant un berceuse.




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