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dimanche 10 mai 2020

Confinement: page 44

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Une cinquantaine de morts sur deux mille trois cents cas aujourd'hui. Difficile de ne pas connaître l'évolution du virus en France ou dans le Monde, les médias n'ont que ça à la bouche. Les chaînes télé passent l'actualité en boucle, les papiers le titrent en gros à chaque tirage. Des courbes sont faites pour comparer avec la Chine ou les pays voisins, Italie et Espagne, qui sont désormais les plus touchés.

Les filles courent dans la maison en levant les bras au ciel, c'est jour de fête. Une semaine de répit depuis la fin des dernières vacances. Il va falloir les occuper pendant deux nouvelles semaines. Ça va être long. Très long. D'autant plus que les activités extra scolaires sont elles aussi suspendues. Il en reste encore une ou deux à faire résistance, mais au rythme où vont les mesures restrictives, il ne serait pas étonnant de voir la totalité des rassemblements annulés, quel que soit le nombre de personnes rattachées.

Yoann les regarde courir dans le salon, excitées comme des puces, hurlant comme des sauvages.

Regarde un peu tes filles, fait-il à sa femme.

Quoi, « mes » filles ? Je te signale que ce sont aussi les tiennes.

J'adorais l'école quand j'étais petit, je te l'ai toujours dit.

Chouette, plus d'école, chouette, plus d'école ! rigolent-elles en chantant.

Tu vois, ce sont les filles de leur mère.

C'est bon, quand elles pètent ou qu'elles rotent, je m'abstiens de dire que ce sont les filles de leur père.

Yoann rougit. Pourtant, il fait toujours attention à se contenir quand sa femme est là. Pudeur éducative.

Tu sais, une bouche, c'est bien aussi quand elle est fermée, ça évite de sortir des âneries, lui fait-elle avec un sourire radieux.

On va faire quoi, pendant deux semaines ?

Prendre son mal en patience et espérer qu'il n'y en ait pas d'autres qui se profilent par la suite.

D'autres semaines ? Tu rigoles, j'espère. Et comment vont faire les parents pour s'organiser ?

C'est bon, ça ne va pas non plus être dramatique.

Ouaiiissss, pas d'école, pas d'école, pas d'école !

Jeanne trébuche en tournant autour de la table, elle fait un vol plané, un verre qui est sur le rebord se fracasse sur le carrelage une fraction de seconde plus tard (sans dégât pour leur fille). Jeanne hurle, plus de peur que de mal. Louise se met à hurler de peur d'avoir fait une bêtise, vu qu'elle courait derrière sa sœur.

Les parents les regardent alors et soupirent.

En fait, si, ça va être terriblement long, deux semaines.

Il va falloir se poser et réfléchir. Aurore s'est proposée de les aider, elle aura du temps, elle aussi. Ils ne savent pas. Ce n'est pas à elle de s'occuper de ses sœurs, ils ne peuvent pas le lui imposer.

Vous ne m'imposez rien, leur dit-elle, je vous le propose.

Aussi bien, le gouvernement nous annoncera un confinement total dans quelques jours, rigolent-ils. Avec interdiction de sortir.

Silence. Oui, si ça se trouve... Comme en Chine. Comme en Italie. Comme en Espagne.

C'est impossible ! s'exclame alors Aurore. Ce n'est pas démocratique. La démocratie, c'est la liberté de se côtoyer. Ce serait bafouer nos droits.

La constitution le permet. La loi fixe les règles, des mesures d'urgence peuvent être prises. Si l'Assemblée Nationale adopte le projet de loi, nous ne pouvons faire autrement que de nous y tenir.

Alors ce n'est plus une démocratie, s'insurge Aurore, c'est une dictature !

– L’état d'urgence peut le justifier.

– Personne ne peut l'accepter. En vertu de quoi ? Pour l'instant, il n'y a aucune certitude, seulement des hypothèses. En Chine, il n'y a pas eu plus de morts qu'une épidémie saisonnière. Les médecins s'entendent pour dire qu'avec des précautions d'hygiène, il n'y a aucune raison qu'il se propage davantage, ni ne fasse plus de mort que la grippe.



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