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mardi 16 juin 2020

Maxi entraînement autour du Lac

En 2006, j'effectuais mon premier tour du lac (d'Annecy) en passant par les crêtes. Avec tente, sac de couchage et popote, en marchant, en prenant mon temps. Il me fallait deux jours et demie pour boucler la boucle. C'était une autre époque, celle où, lorsque l'on me parlait de trail, d'ultra, de courir avec un dossard pendant plus de deux heures, je vous aurais ri au nez. Plus encore, j'aurais traité de dingue ceux qui s'inscrivaient sur des Iron man, ou encore ceux qui finissaient les premiers UTMB. Je n'ai pas changé mon discours, ce sont toujours des dingues, dont je fais désormais partie.
Pour préparer mes petites courses estivales et automnales de 2020, je suis allé faire une sortie en fin de semaine dernière. Le fameux (minuscule) tour du lac d'Annecy, un petit "quatre vingt" kilomètres au compteur, avec quelques variantes au tour "officiel". J'avais tablé sur 10 heures.
Bien entendu, pour officialiser ma sortie -moi qui ne suis pas adepte de tout engin électronique- j'ai pris une montre gps, chargée comme il se doit la veille au soir. J'ai également pris deux bidons d'eau, cinq barres de céréales (Cr'oc&Go ça va de soi), et une tarte gagnée sur l'une de mes dernières courses estivales. Autant la manger sur ce genre de sortie. Périmée depuis trois mois, mais qui, finalement, ne se périme jamais, tant elle est compacte.
-Tu ne vas pas prendre ça ?! s'est exclamée ma compagne. Crois-moi, c'est un étouffe-chrétien.
Je lui ai répondu posément que je ne risquais rien, j'étais athée et ne croyais en rien.

J'ai garé ma voiture. J'ai enclenché ma montre. J'étais dans les starting-block. Cinq minutes plus tard, j'étais encore sur place, à attendre que la machine veuille bien détecter le signal GPS. Son bip m'a enfin annoncé que je pouvais y aller. 

Annecy dans la brume


Je gravis le Veyrier à un bon rythme. A mi-chemin de ma première escapade, je ressens une vibration au poignet. Un coup d'oeil à ma montre qui m'indique...
Redémarrage du logiciel.
Je perds ainsi toutes mes données de début de séance.
Un quart d'heure plus loin, je fais une pause pipi, je mets la montre en pause, je repars, et je me rends compte en descendant de ma première ascension que j'ai oublié de réenclencher le chrono.

Le Lac avec Semnoz sur la droite

Annecy


Alors je commence à faire mes calculs, du nombre approximatif de kilomètres qu'il va me manquer.
Mille mètres de grimpette (verticale) plus tard, je perds le signal GPS. Je le retrouve. Le reperds. Secoue ma montre récalcitrante. Lui dis que si, elle et moi, voulons finir dans de bonnes dispositions, il faudrait qu'elle y mette du sien.

Dents de Lanffont

Vue depuis le col des Frêtes




A mi-chemin (environ 35-40km et 3000 mètres de dénivelée), la petite bête m'annonce qu'elle a trop de données emmagasinées (ah oui, j'avais oublié de la synchroniser sur l'ordinateur pour en vider mes séances précédentes) et qu'elle ne pourra pas comptabiliser l'ensemble de ma sortie. Je suis à deux doigts de la jeter dans le lac.

Tournette (mais je n'y suis pas monté)

Depuis le col de la Forclaz

Je cours depuis bientôt cinq heures, j'ai englouti mes cinq barres de céréales et je commence à avoir une petite faim. Patient, j'attends une nouvelle heure pour déballer ma tarte. Mes papilles frétillent, je défais l'emballage, je prends une bouchée... qu'il me faut dix minutes pour avaler. Un étouffe-athée. Dépité, je range la tarte dans le sac et repense aux paroles sages d'Isa en sentant mon estomac gargouiller.

Montée sur Entrevernes

Après une nouvelle ascension (col de la Cochette, je ne sais pas pourquoi, j'adore ce nom de col), 



j'entame la descente sur le col de Leschaux, je prends un sentier à gauche, un autre plus petit à droite, et je me paume. Je fais demi tour, essaie un autre chemin qui finit lui aussi en cul-de-sac. Et je commence à tourner en rond, encore et encore. Ma montre vibre, me dit qu'elle a encore perdu le signal GPS. 
J'ai des envies de meurtre.

Descente sur Leschaux

Après une bonne galère, je finis par retrouver mon chemin, bien loin de là où je pensais être. N'ayant plus le temps de faire ma dernière montée (le Semnoz et ses 800 mètres de D+), j'ai bifurqué en direction d'Annecy. Un long et lent calvaire sur la route, rêvant d'un bon steak et de frites très grasses (et de chips, et de saucisson aussi, et puis de glace, n'importe quoi pourvu que ça se mange et que ce soit bien gras) m'a amené jusqu'à Annecy. J'avais mal aux 
J'ai fini ma boucle, et à cet instant, j'ai pensé à ma prochaine épreuve, j'avais fait quatre-vingt kilomètres et environ 4000 mètres de dénivelée positif. Et je me suis dit qu'à ce moment, je n'en serais même pas à la moitié de l'épreuve.
J'ai eu envie de pleurer. 

(PS: à défaut de tracé gps, il y a les photos pour prouver que j'ai bien effectué le tour. Par contre, s'il n'y en a plus sur la fin, c'est parce que j'étais complètement cuit)


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