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dimanche 7 février 2021

Le sport et la liberté

Aujourd'hui, je souhaitais prendre part à une épreuve de ski de fond en Suisse. Une épreuve internationale à laquelle l'organisation suisse conviait les athlètes nantis d'un code FIS (licence internationale) et justifiant un nombre de points inférieurs à 200 (les points FIS sont des points attribués aux skieurs à l'issue de la saison précédente, il faut avoir effectué au moins une course internationale pour en avoir). Je remplissais les deux conditions et ai donc contacté l'organisation de l'épreuve pour m'inscrire. Je reçois un retour positif, et hier soir, au moment de préparer mes skis, ne voyant pas mon nom sur la liste de départ, j'apprends par les organisateurs que certains dirigeants de la Fédération Française de Ski leur ont demandé de refuser les inscriptions des athlètes français (hors membres des équipes de France). 
Bien entendu, je n'en ai pas été informé directement et si je n'avais pas regardé la liste de départ, je serais arrivé la bouche en cœur au départ de la course.

L'important, c'est de participer. Depuis des décennies, ces mots pleins de sagesse résonnent dans les pensées collectives. Ils sont véhiculés au sein des valeurs sportives de chaque athlète, professionnel ou amateur.
Je tiens à pousser mon coup de gueule. En ce contexte difficile, l'ensemble des courses françaises sont réservées aux seuls membres des équipes de France, mais voilà que nos dirigeants font pression auprès des pays voisins.
La pratique du sport se doit d'être équitable pour chaque athlète. J'ai toujours pensé que les fédérations faisaient certains choix qui leur étaient propres quant à la constitution des équipes fédérales.
Notre sport, ce sport que j'ai tant aimé, m'a octroyé de grandes joies, mais il m'a apporté et m'apporte encore de nombreuses amertumes. Un manque d'empathie, d'écoute. Depuis des années, nombre de nos dirigeants nordiques ont décidé (sans raison valable) de limiter l'accès à certaines courses aux athlètes. L'âge est souvent un motif discriminatoire, il faut avoir moins de 25 ans pour pouvoir prendre le départ à une épreuve. Différents arguments sont avancés par la fédération, aucun n'est admissible. Ces athlètes n'ont rien à se reprocher, si ce n'est de vouloir exister.
Bientôt, d'autres motifs viendront s'ajouter, il ne faudra pas être noir, ni juif, ni roux, ne pas avoir les yeux marrons, ne pas être trop petit, ni trop grand. Ne pas l'ouvrir et rester dans le "moule" instauré, se taire et oublier.
L'anecdote n'est, certes, pas vraiment drôle. Car dans cette histoire comme dans beaucoup d'autres, la fédération qui devrait défendre une idéologie basée sur le respect, le dépassement de soi, le résultat sportif pur et simple, s'octroie finalement un droit qu'elle ne peut ni ne devrait s'approprier : le pouvoir de décider quels sont les droits de l'Homme. Alors qu'il y a quelques siècles, la révolution française aboutissait aux « Liberté, égalité, fraternité », ces trois termes semblent aujourd'hui bafoués.
Nous ne vivons plus dans un monde libre, nous sommes assujettis aux caprices des gens de pouvoir. Nous oublions que le sport est avant tout une promesse, celle de nous battre à chances égales, de croire. D'avoir, comme tout un chacun, la possibilité de nous exprimer avec notre corps, notre tête. L'espoir de nous dépasser, de grandir, d'avancer. Nous oublions que pour motiver nos licenciés, nous devons leur laisser cette chance de s'exprimer. 
Alors comment pouvons-nous pousser nos jeunes athlètes à persévérer si, d'emblée, les portes leur sont fermées?
Le milieu du sport est injuste, j'aimerais que les personnes qui le régissent soient davantage humaines, qu'elles n'oublient pas qu'un jour, elles ont été coureurs, et qu'à cette époque, elles se révoltaient également contre les injustices. Pourquoi aujourd'hui ont-elles changé leur point de vue ? Je crains que leur poste soit plus important que les idéaux, que les salaires leur fassent oublier qui elles sont, qui nous sommes, et que le pouvoir -encore lui- biaise nos jugements et nous enlève notre libre arbitre.

Une charte olympique a été établie voilà quelques années: « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play ».
Je ne peux que constater que notre fédération fait triste sort de ce fair-play qui donnerait alors la possibilité à chacun de défendre ses chances avec équité. Depuis vingt ans, je constate un système désuet, presque totalitaire.

Je ne suis pas en train de partir en guerre, ni mener une révolution. Simplement défendre des droits, avec quelque part dans un coin de la tête, les paroles sages de Coubertin : L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu.
Ma carrière, même si je souhaite la poursuivre encore quelques années, touche bientôt à sa fin. Je n'ai plus rien à prouver ni à défendre, je pense surtout aux générations futures, à ces jeunes emplis de rêves, et j'aimerais que l'on cesse de les leur ôter. 

A bon(s) entendeur(s).




4 commentaires:

  1. 👍👏👏👏 Bravo. Il fallait le dire

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  2. Daniel Cambefort8 février 2021 à 15:25

    Bien parlé, Benoît, je te soutiens totalement. Ce n'est certainement pas aux fédérations sportives de jouer les flics et la moindre des corrections à l'égard d'un double vainqueur de la Transju (entre autres) aurait été de prendre contact avec toi. Bien le bonjour à toute la famille.

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  3. D'accord avec Benoît Chauvet

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